Apocalypse et violence. Dans l’histoire, les deux sont liées. Avec ce paradoxe initial : l’apocalypse est aspiration à du tout autre, et un des traits essentiels de ce monde autre, entièrement nouveau, c’est, justement, une sortie définitive de la violence.
Mais toute apocalypse fait l’épreuve de la violence. Son approche entraîne des bouleversements, au point que le déchaînement d’une violence généralisée est même, aux yeux des apocalypticiens, un des signes les plus sûrs qu’elle est proche. Et, au cours des siècles, aux violences des uns (celle des mouvements millénaristes) répondront les violences des autres (celle principalement de l’Église et des princes se devant de réprimer les « hérétiques »). Quant au jour de l’apocalypse, il est décrit, depuis les premières apocalypses, comme ce Jour de colère et du Jugement, qui vient trancher par le glaive et pour toujours entre les justes et les méchants.
Présente et active depuis plus de vingt siècles, la figure de l’apocalypse, qui a connu des phases de mobilisation intense suivies de phases de recul, n’a pourtant jamais disparu de l’horizon. C’est moins l’histoire de ses usages (largement faite) que François Hartog veut retracer que la structure de cette forme singulière de penser et d’être au monde qu'il souhaite interroger, en repartant des premières apocalypses juives.
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