Écriture des femmes et canon

28 mai | Séminaire de Laura Colombo
Jeudi
28
mai
2026
18:00
19:30
Jeudis Suger-L. Colombo
© y2h / Adobe Stock
Écriture des femmes et canon, entre recherche, herméneutique et réception

Présentation d'une recherche en cours dans le cadre des "Jeudis de la Maison Suger", séminaire de recherche des résidents.

Cette séance consacrée à Laura Colombo explore la place de l’écriture des femmes dans le canon littéraire. Elle met en lumière leur redécouverte, leur interprétation et l’évolution de leur réception jusqu’aux relectures chorégraphiques contemporaines.

Le thème du projet de recherche

« Le mot "féminisme" apparaît en France vers 1837, mais ce ne sera que dans les dernières décennies du XXe siècle que sera ajouté le "e" du féminin au mot "écrivain". Avant, on ne parlait que de femme auteur, femme de lettres surtout, la correspondance étant presque le seul domaine où l’écriture des femmes était acceptée. Ce serait toutefois sans compter avec la "révolution souterraine" accomplie au XIXe siècle par les femmes écrivant des romans ou des essais d’envergure, comme Mme de Staël, des articles dans les journaux que parfois elles fondent, des autobiographies ou des œuvres historiques et politiques. Certes, leur production à l’époque n’a pas la résonance des œuvres masculines, et leurs noms sont rappelés surtout par leurs relations artistiques, Marie d’Agoult avec Franz Liszt et leur fille Cosima Wagner, George Sand avec Musset ou Chopin, Marceline Desbordes-Valmore enfin appréciée par Baudelaire. Ce qui est surtout important alors est de réintégrer ces nombreuses écrivaines dans le canon littéraire, et pour ce faire, la recherche est fondamentale, dans les collections de la Bibliothèque nationale de France qui, grâce au dépôt légal, conserve souvent seule ces œuvres, et un riche patrimoine de manuscrits encore inédits. Après, c’est le travail d’interprétation qui compte, de cette écriture et de son substrat culturel et socio-politique, visant la reconnaissance intellectuelle des femmes et leur citoyenneté à part entière, et qui flanque souvent les luttes contemporaines d’émancipation des peuples, des esclaves, et d’autres classes opprimées. L’évolution de la réception de ces écrits contribue donc à changer l’image de la femme, où le ballet romantique et la danse ont aussi un rôle. La dernière partie de la conférence concernera alors des relectures chorégraphiques de quelques archétypes de la féminité, là aussi grâce à la collaboration avec la Bibliothèque de l’Opéra. »

L'intervenante

Laura Colombo, déjà Professeure associée, est Chargée de Recherche en Littérature française à l’Université de Vérone, où elle est également directrice du Centre de Recherche Interdépartemental sur l’Europe Romantique (C.R.I.E.R) et de sa revue Romanticismi. En 2005, elle a obtenu un doctorat d’État (Texte, Imaginaire, Société) à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, sous la direction de Béatrice Didier. Ses recherches et publications portent sur : l’écriture des femmes, notamment au XIXe siècle (Marie d’Agoult, George Sand, Marceline Desbordes-Valmore et autres), mais aussi dans le domaine francophone ; les relations entre littérature, musique et danse ainsi que sur la traduction littéraire (avec des traductions de Georges Simenon, Mme Riccoboni, Werewere Liking entre autres).

Publié le 20 mars 2026