Des étoiles et des peuples
Victor Gysembergh est directeur de recherches au CNRS, spécialiste d’histoire des sciences et de la philosophie antiques. Ses travaux portent notamment sur la transmission et l’interprétation des savoirs astronomiques dans les sources antiques, incluant une édition des fragments d’Eudoxe de Cnide dans la Collection des Universités de France (Budé). Il est actuellement responsable du projet ERC PALAI, consacré à l’étude des palimpsestes grecs et latins par imagerie multispectrale, ouvrant de nouvelles fenêtres sur des textes scientifiques longtemps inaccessibles.
Sylvie Nony est professeure agrégée de Physique et a réalisé une thèse sur les controverses concernant la physique du mouvement, au Moyen-Âge. Editée sous le titre Les variations du mouvement, Abû al-Barakât, un physicien à Bagdad (Vie/XIIe siècle) (éds IFAO, Le Caire, 2016) son travail explore les évolutions de la science du mouvement dans le monde médiéval arabe et les diverses interprétations de l’héritage de l’Antiquité grecque. L’histoire des sciences, trop souvent centrée sur la recherche de continuité entre ces deux périodes, a parfois négligé les inventions audacieuses sur ce sujet et les sujets connexes que sont le temps, l’espace, le vide, l’infini... Les sciences arabes n’ont pas seulement transmis l’héritage grec mais elles ont profondément renouvelé ses approches dans de nombreux domaines.
Pauline Zarrouk, cosmologiste au CNRS, travaille au Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Energies (LPNHE) de Sorbonne Université. Elle coordonne le projet DESI, Dark Energy Spectroscopic Instrument, pour le CNRS, qui vise à cartographier le ciel en mesurant la position de plusieurs dizaines de millions de galaxies pour mieux comprendre la composition et la dynamique de notre Univers, et en particulier sa phase actuelle d'expansion accélérée. Pauline Zarrouk est également très impliquée dans la diffusion scientifique et a à cœur de partager notre histoire cosmique avec un public toujours plus large et varié. Les travaux de Pauline Zarrouk viennent d’être récompensés par la médaille de bronze du CNRS.
Boris Wilmart est auteur, réalisateur et monteur de documentaires. Ses films explorent les liens entre humains et nature, en cherchant à transmettre une profondeur visuelle et émotionnelle dans chacun d’eux. Depuis plusieurs années, il s’intéresse plus particulièrement à l’astronomie, en questionnant notre rapport au cosmos et la manière dont celui-ci influence nos vies et notre perception du monde. Il a notamment développé cette réflexion à travers plusieurs courts-métrages, puis plus récemment avec la série documentaire Marche à l’étoile (2021–2024), réalisée pour ARTE et Ushuaïa TV.
Batteur, bassiste et compositeur, intermittent du spectacle, Anaël Noury est membre de plusieurs formations orientées principalement vers le jazz moderne. La musique assistée par ordinateur, l'accompagnement de récit et l'écriture de musique pour le spectacle vivant constituent un autre aspect de son travail de compositeur.
François Bellec est contre-amiral, membre et ancien président de l'Académie de marine, ancien directeur du Musée national de la Marine. Historien des découvertes, des voyages scientifiques et de l'art de naviguer, il a publié une trentaine d'ouvrages dont une Histoire universelle de la navigation (Tome 1 Les découvreurs d'étoiles; Tome 2 Des étoiles aux astres nouveaux.)
Karine Mazel est conteuse depuis 1995. Pour elle, raconter est une façon de donner en partage les grandes questions humaines.
Dominique Leglu est présidente de l’association française pour l’avancement des sciences (AFAS), après avoir été directrice éditoriale du mensuel scientifique Sciences et Avenir et du trimestriel La Recherche et éditorialiste au magazine Challenges. Physicienne de formation, autrice de plusieurs livres dont « Supernova », consacré à la fameuse SN1987A, première explosion de supernova visible à l’œil nu au XXe siècle, elle a fait traduire de nombreux ouvrages chez Robert Laffont, dont ceux de Brian Greene (La magie du cosmos) ou Leonard Susskind (Trous noirs. La guerre des savants). Elle a été lauréate du prix Jean Perrin 1990 de la Société française de physique.
Après des études de dessin et de design, Stephen Rater multiplie les traversées au long cours en Espagne, en Islande ou en Nouvelle-Zélande, avant de réaliser en 2014 un voyage fondateur en solitaire au Népal. C'est là qu'en improvisant un cours d'astronomie dans une école de montagne, il décide de concilier définitivement aventure et partage scientifique. Depuis 2018, il
a fait de l'astronomie son activité principale, organisant des astrobivouacs en forêt et s'engageant auprès de personnes touchées par le cancer avec le groupe Siel Bleu. Par la suite, ses expéditions menées au Népal, au Kirghizistan et en Amérique du Sud pour partager l'observation du ciel avec les populations locales ont fait l'objet de documentaires réalisés avec Boris Wilmart et diffusés sur Ushuaïa TV et Arte. Afin de porter ces projets de solidarité, l'association Marche à l'étoile a été créée. Elle pilote aujourd'hui son projet le plus ambitieux : la construction d'un observatoire astronomique permanent dans la région du Mustang, au Népal, pour offrir un accès durable à l'astronomie aux communautés de l'Himalaya.