Des étoiles et des peuples

Samedi 6 juin | La Nuit blanche parisienne à la FMSH
Samedi
06
juin
2026
19:00
23:30
Nuit-Blanche-2026
© Pexels / Thirdman
Comment les étoiles ont-elles participé à l’avancement de nos sociétés ? Repères pour les peuples et guides pour les explorateurs, les astres sont à l’origine de nombreux mythes fondateurs. Leur place centrale dans la vie des Hommes en fait des témoins silencieux de l’évolution de l’humanité.

La Fondation Maison des Sciences de l'Homme propose d’aller à la rencontre des étoiles lors de la prochaine Nuit blanche 2026 grâce à un dialogue entre sciences humaines, sciences sociales et astronomie. Les savoirs de la philosophie, l'histoire des sciences et de l’astrophysique couplés à la poésie mettront en lumière la place centrale qu’occupent les étoiles dans la vie des peuples. Chercheuses, chercheurs et passeurs d’histoire feront ainsi voyager le public, des représentations culturelles au télescope Hubble en passant par les explorations des navigateurs de l’époque moderne.

Novice ou savant des constellations, tout le monde pourra ressortir de cette soirée avec une meilleure compréhension de ces objets stellaires qui illuminent l’humanité depuis le début des temps.

Le programme

19h – « La marche à l’étoile », discussion avec projection d’extraits de la série documentaire

Munis d’un télescope et d’une caméra, Stephen Rater, astronome voyageur, et Boris Wilmart, réalisateur, ont parcouru le monde à pied. Ensemble, ils vont à la rencontre des populations locales pour échanger sur leur vision du cosmos et partager des observations célestes, du Kirghizistan à l'Amérique du Sud, des Monts d’Ardèche au Pic du midi de la France.

20h – À l’école du ciel : symboles et pouvoirs des étoiles chez les anciens

Victor Grysembergh, historien de la philosophie et des sciences de l’antiquité (Mésopotamie, Grèce et Rome Antique), a participé à la redécouverte de fragments du catalogue d’étoiles de l'astronome Hipparque. Il interviendra sur les questionnements religieux et philosophiques chez les Grecs et les Romains.

Sylvie Nony est chercheuse en histoire et philosophie des sciences de l’Antiquité au XVIème siècle. À partir d’un traité arabe de philosophie naturelle intitulé "Pourquoi les étoiles sont visibles la nuit et invisibles le jour", cette intervention explorera les théories de la diffusion de la lumière. Elle permettra aussi de replacer ces savoirs dans l’histoire de leur circulation, notamment à travers l’héritage d’Alhazen dans le monde latin.

21h – Spectacle « Imaginaires du ciel » - Première partie

Par Karine Mazel, conteuse, et Anaël Noury, musicien. Cette première partie du spectacle sera centrée sur des contes d’Afrique de l'ouest, de Corée, et des contes issus des peuples premiers d'Amérique du Nord.

21h30-21h45 – Entracte 

21h45  – Quand les astres outillent le monde

François Bellec, contre-amiral et ancien directeur du musée de la Marine, historien de la mer, reviendra sur l'importance de l’astronomie dans les innovations techniques, les avancées de la navigation et les grandes découvertes.

Pauline Zarrouk, cosmologiste au CNRS, expliquera pourquoi et comment cartographier les galaxies aujourd’hui et en quoi les cartes du ciel sont à la fois une aventure scientifique et un enjeu de connaissances.

22h30 – Spectacle « Imaginaires du ciel » - Seconde partie

À partir de cartes figurant les planètes et les astres, Karine Mazel improvise avec le public un conte qui relate l'origine d'une constellation imaginaire.

À propos des intervenant.e.s
Victor Gysembergh

Victor Gysembergh est directeur de recherches au CNRS, spécialiste d’histoire des sciences et de la philosophie antiques. Ses travaux portent notamment sur la transmission et l’interprétation des savoirs astronomiques dans les sources antiques, incluant une édition des fragments d’Eudoxe de Cnide dans la Collection des Universités de France (Budé). Il est actuellement responsable du projet ERC PALAI, consacré à l’étude des palimpsestes grecs et latins par imagerie multispectrale, ouvrant de nouvelles fenêtres sur des textes scientifiques longtemps inaccessibles.

Sylvie Nony

Sylvie Nony est professeure agrégée de Physique et a réalisé une thèse sur les controverses concernant la physique du mouvement, au Moyen-Âge. Editée sous le titre Les variations du mouvement, Abû al-Barakât, un physicien à Bagdad (Vie/XIIe siècle) (éds IFAO, Le Caire, 2016) son travail explore les évolutions de la science du mouvement dans le monde médiéval arabe et les diverses interprétations de l’héritage de l’Antiquité grecque. L’histoire des sciences, trop souvent centrée sur la recherche de continuité entre ces deux périodes, a parfois négligé les inventions audacieuses sur ce sujet et les sujets connexes que sont le temps, l’espace, le vide, l’infini... Les sciences arabes n’ont pas seulement transmis l’héritage grec mais elles ont profondément renouvelé ses approches dans de nombreux domaines.

 

Pauline Zarrouk

Pauline Zarrouk, cosmologiste au CNRS, travaille au Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Energies (LPNHE) de Sorbonne Université. Elle coordonne le projet DESI, Dark Energy Spectroscopic Instrument, pour le CNRS, qui vise à cartographier le ciel en mesurant la position de plusieurs dizaines de millions de galaxies pour mieux comprendre la composition et la dynamique de notre Univers, et en particulier sa phase actuelle d'expansion accélérée. Pauline Zarrouk est également très impliquée dans la diffusion scientifique et a à cœur de partager notre histoire cosmique avec un public toujours plus large et varié. Les travaux de Pauline Zarrouk viennent d’être récompensés par la médaille de bronze du CNRS.

François Bellec

François Bellec est contre-amiral, membre et ancien président de l'Académie de marine, ancien directeur du Musée national de la Marine. Historien des découvertes, des  voyages scientifiques et de l'art de naviguer, il a publié une trentaine d'ouvrages dont une Histoire universelle de la navigation (Tome 1 Les découvreurs d'étoiles; Tome 2 Des étoiles aux astres nouveaux.) 

Karine Mazel

Karine Mazel est conteuse depuis 1995. Pour elle, raconter est une façon de donner en partage les grandes questions humaines.  

Publié le 16 février 2026