Images amérindiennes et imaginaires multitudinaires
La Maison Suger a le plaisir d'accueillir le séminaire « Images amérindiennes et imaginaires multitudinaires », organisé par Giuseppe Cocco, chercheur en résidence.
Consacré aux formes visuelles et aux dynamiques imaginaires issues des mondes autochtones des Amériques, ce séminaire propose d’examiner la manière dont les images – produites, performées ou mobilisées dans des contextes rituels, artistiques ou politiques – participent à la construction d’ontologies et d’alliances contemporaines.
À travers des approches croisées relevant de l’anthropologie, de l’esthétique, du cinéma et du design, la séance interroge le rôle des images dans la fabrique de mondes communs, au-delà des cadres institutionnels classiques.
Introduction et intervention de Giuseppe Cocco.
Médiation du séminaire par Adriana Escosteguy-Medronho.
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Cartographie des images amérindiennes
Christian Fischgold
Cette communication propose une cartographie sensible de la production audiovisuelle autochtone contemporaine au Brésil, fondée sur un travail de terrain et sur la réalisation du film Motyrõ : Les barbares technisés.
À partir d’une typologie des « modes d’agence » des images, l’intervention explore la manière dont les « Barbares technisés » (Oswald de Andrade) s’approprient et transforment l’appareil occidental (caméra, drone, montage) pour produire des ontologies visuelles distinctes. Seront notamment abordées différentes formes d’agentivité visuelle : Image-Mémoire, Image-Geste, Image-Vivant, Image-Corps, Image-Flèche, Image-Territoire.
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Une forêt d’images
Barbara Szaniecki
Cette intervention revient sur l’exposition L’esprit de la forêt (2003), issue de la rencontre entre des chamans – dont Davi Kopenawa et la communauté Yanomami de Watoriku – et des artistes internationaux.
Elle propose une réflexion sur les résonances entre les images produites par les artistes et les utupë évoqués par les chamans, prolongée par une analyse du défilé carnavalesque Hutukara (Salgueiro, 2023-2024). Ces manifestations sont envisagées comme des formes d’alliances imaginaires et politiques, dessinant des lignes de résistance et de futurs possibles face aux limites des cadres institutionnels et des sommets internationaux.
Giuseppe Cocco est titulaire d'un doctorat en histoire sociale de l'université Paris I (Panthéon-Sorbonne, 1993). Il est actuellement professeur titulaire à l'université fédérale de Rio de Janeiro, membre du programme de troisième cycle de l'École de communication et du programme en sciences de l'information (Ibict), chercheur 1 du CNPq, et CNE de la Faperj. Il est Rédacteur des revues Lugar comum (Rio de Janeiro) et Multitudes (Paris). Il a publié avec Antonio Negri les ouvrages GlobAL : Biopouvoir et luttes dans une Amérique latine mondialisé (Record : 2005), et avec Bruno Cava New Neoliberalism and the Other. Biopower, Anthropophagy and Living Money, Lexington, 2018.
Christian Fischgold est chercheur et réalisateur. Ses travaux explorent les relations entre littérature, anthropologie et cinéma au Brésil et en Afrique, avec un accent sur le dialogue entre esthétique et politique. Docteur en Littérature Comparée (UERJ, 2018), il est actuellement chercheur Marie Skłodowska-Curie (MSCA) à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) à Paris. Il y développe un projet sur les cinéastes autochtones du Brésil, incluant la publication d'une Histoire Critique et la réalisation du documentaire Motyrõ.
Barbara Szaniecki est professeure à l'École supérieure de design industriel de l'université d'État de Rio de Janeiro, elle est titulaire d'une licence en communication visuelle de l'ENSAD (1994), d'un master (2005) et d'un doctorat (2010) en design de l'université pontificale catholique. Forte d'une vaste expérience pratique en design graphique, ses recherches portent sur les liens entre le design et des concepts du champ politique tels que multitude, pouvoir, représentation et manifestation.
Adriana Escosteguy-Medronho est doctorante à l’EHESS. Ses recherches portent sur les formes visuelles et les dynamiques imaginaires issues des mondes autochtones des Amériques, et interrogent la manière dont les images – produites, performées ou mobilisées dans des contextes rituels, artistiques ou politiques – participent à la construction d’ontologies et d’alliances contemporaines.
Mercredi 11 février 2026
18h-20h
*Séminaire en français*
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Maison Suger
16-18 Rue Suger
Paris 6
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Entrée libre

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