Jardins en commun(s)
Si les jardins partagés peuvent être perçus comme un phénomène de mode pour un public urbain en manque de verdure, ils sont issus d’une longue histoire de réappropriation des terres, en réaction à leur privatisation ou à leur abandon. Au-delà du simple territoire à cultiver, ils soulèvent de nombreuses interrogations sur l’organisation sociale telle que nous la connaissons.
Gérés en communauté, ces espaces interrogent d’une part la démocratie comme mode d’organisation. Victoria Sachsé, grâce à une ethnographie à Strasbourg et à Rome, montre comment le jardin peut être un lieu de participation citoyenne et devenir un vecteur d’émancipation et de politisation.
D’autre part, l’autrice fait ressortir les enjeux de l’implication au jardin, qui modifie le rapport à la terre et à l’alimentation, bouleversant la perception des rôles de consommateur et de producteur, et ce, jusqu’à la remise en cause du modèle agricole conventionnel.
Enfin, l’ouvrage montre comment les associations de jardiniers deviennent légitimes pour penser la coproduction de l’espace public aux côtés des institutions, redéfinissent la propriété et introduisent la notion de « communs » en réponse à la crise sociale et environnementale.
Victoria Sachsé est docteure en géographie, elle travaille à la frontière entre géographie sociale et sociologie politique. Sa thèse porte sur les jardins partagés à Rome et à Strasbourg comme lieux d'appropriation de l'espace public, de participation citoyenne, et d'expérimentation de nouveaux communs. L'interaction entre la ville et la "nature" est également interrogée dans ses travaux. Dans ses expériences ultérieures, ses réflexions s'élargissent aux systèmes alimentaires de manière plus globale afin d'observer les transformations à l'œuvre à différentes échelles ainsi que la contribution des différents acteur(rice)s (agriculteur(rice)s, citoyen(ne)s, entreprises, collectivités…) à ces changements.
Parution 17 octobre 2024
Collection "54"