Ayabavi Linda Ophélie Comlan Sessi
Ayabavi Linda Ophélie Comlan Sessi est chercheuse indépendante, titulaire d’un doctorat en gouvernance et intégration régionale en 2024. Ses travaux s’inscrivent dans les champs de la gouvernance, de la paix et de la sécurité, du genre, des conflits et des violences, ainsi que des droits humains, avec un intérêt particulier pour les dynamiques d’extrémisme violent et de terrorisme en Afrique de l’Ouest. Lauréate en 2025 du Programme de mentorat en rédaction scientifique destiné aux jeunes chercheurs en sciences politiques en Afrique de l’Ouest, organisé par l’Université de Nottingham et financé par la British Academy, elle a contribué à plusieurs projets de recherche sur la prévention de l’extrémisme violent.
Titre : Socialisation des jeunes à la violence extrémiste dans le Nord du Bénin : une perspective sociologique.
« Depuis l’enlèvement de deux touristes français en mai 2019 dans le Parc national de la Pendjari, ainsi que les attaques perpétrées en novembre 2021 à Mékrou Gnin-Gnin, dans le département de l’Alibori, le nord du Bénin est confronté à une intensification progressive de la violence extrémiste. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte régional marqué par une instabilité sécuritaire persistante au Burkina Faso, au Niger et au Nigéria. Cette évolution se traduit par une recrudescence des activités extrémistes violentes, révélatrice d’une tendance préoccupante, étroitement liée à des fragilités structurelles multiples, notamment sur les plans socio-économique, sécuritaire et institutionnel. Dans ce contexte, les jeunes apparaissent comme un groupe particulièrement vulnérable, exposé à un ensemble de facteurs structurels susceptibles de favoriser leur adhésion à des logiques de violence ou leur instrumentalisation par des acteurs extrémistes. Ainsi, la socialisation à la violence s’opère à la fois au sein des groupes armés et dans les sphères de la vie quotidienne, à travers des dynamiques sociales, culturelles et politiques qui contribuent à la normalisation de certains répertoires d’action violente. Dès lors, la violence peut être appréhendée comme un processus socialement construit, appris et intériorisé, résultant de l’articulation entre déterminants individuels et contraintes structurelles. Dans cette perspective, le présent projet se propose d’analyser les processus de socialisation à la violence chez les jeunes, d’identifier les facteurs explicatifs sous-jacents et d’examiner les conditions structurelles qui favorisent l’appropriation ou le rejet de la violence par les jeunes. »
Institution d'accueil : Unité de Recherches Migrations et Société (Urmis), laboratoire de l’Université Côte d’Azur, de l’Université Paris Cité, de l’IRD et du CNRS
Bibliographie sélective
- Comlan Sessi Ayabavi Linda Ophélie, ‘‘Volunteers for the Defence of the Homeland and Violent Extremism in Burkina Faso’’, African Solutions (AfSOL) Journal, 6 | 1, p. 20, 2025
- Comlan Sessi Ayabavi Linda Ophélie, « La figure de la femme dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le Liptako-Gourma », in Guerre et terrorisme au sahel et au Moyen-Orient : Radioscopie d’une catastrophe permanente, Monange, p. 137-159, 2024
- Comlan Sessi Ayabavi Linda Ophélie & Messia Ngong Lionel, « Femmes : Victimes de l’extrémisme violent au Mali et au Nigéria », Revue Africaine sur le Terrorisme, 11 | 3, p. 175-190, 2021


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