Alessandra Ferraro

Chercheuse invitée 2026 du programme DEA
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Alessandra Ferraro est professeure de littérature française et de littératures francophones à l’université d’Udine. Ses recherches portent sur les écrits religieux féminins à l’époque moderne, en particulier les autobiographies spirituelles, la mystique féminine et les corpus littéraires féminins longtemps négligés. Elle a dirigé plusieurs projets de recherche, dont un PRIN (projet national de recherche italien, 2022) consacré à une redéfinition du canon littéraire dans une perspective de genre. Parmi les résultats de ce projet figure le Répertoire de l’écriture des religieuses à l’époque de la Contre-Réforme, base de données multilingue en ligne.

Le projet

Titre : Le Verbe confisqué : écriture, autorité et mystique féminine chez Jeanne Chézard de Matel (1596–1670), fondatrice de l’Ordre du Verbe Incarné

« Ce projet est issu directement des recherches menées au sein du Prin 2022 (Bringing Out an Invisible Female Literary Corpus: Religious Writing in The French-Speaking World at the Time of the Counter-Reformation. Census and Repertoire of a New Corpus. Towards a Reorganization of the Canon in a Gendered Perspective) dont Alessandra Ferraro a été le Principal Investigator et qui a débouché sur le répertoire en ligne Répertoire de l'écriture des religieuses à l'époque de la Contre-réforme . Il se focalise sur la figure et l’œuvre de Jeanne Chézard de Matel (Roanne, 1596- Paris,1670), fondatrice de l’Ordre du Verbe Incarné, l’une des figures les moins connues, mais qui s’est avérée être parmi les plus marquantes au point de vue théologique et de l’écriture mystique dans la France de la Contre-Réforme. Son œuvre et son rôle vont être étudiés à travers le prisme de la censure ecclésiastique et de la marginalisation des femmes mystiques dans la culture française du XVIIᵉ siècle. L’épisode de la confiscation de ses écrits par le cardinal Alphonse-Louis de Richelieu (1641) – alors que son Ordre, déjà approuvé par Rome (1633), peinait à s’établir à Lyon – incarne le soupçon structurel de l’Église face à une femme dotée d’une autorité spirituelle et intellectuelle propre. La recherche se fonde sur un travail archivistique inédit et va permettre une analyse textuelle, théologique et littéraire de ses écrits, dont il n’existe aucune édition scientifique : Autobiographie, Journal spirituel, Traité des mariages, Explication du Cantique des cantiques. Ces textes révèlent une pensée d’une grande rigueur doctrinale et d’une étonnante richesse littéraire, située au croisement de la théologie mystique, de la méditation poétique et de la réflexion sur l’Incarnation. Dans un contexte où la mystique féminine italienne et espagnole (Catherine de Sienne, Thérèse d’Avila, Veronica Giuliani, Angèle de Foligno, Marie d’Agreda) est pleinement intégrée au canon, la France du Grand Siècle a longtemps relégué ses femmes mystiques dans l’ombre. Restituer la voix de Jeanne de Matel, c’est donc rendre à la littérature française une tradition spirituelle féminine oubliée et ouvrir un champ comparatiste européen entre les écritures mystiques du Sud catholique. »

Institutions d'accueil :  FIRL – « Formes et Idées de la Renaissance aux Lumières » (EA 174), Sorbonne Nouvelle

Bibliographie sélective

Publié le 27 avril 2026