#Restitutions : Les objets d'art en question

17 novembre | Cycle « #Restitutions. Une autre définition du monde »
Mardi
17
novembre
2026
19:00
21:00
Bannière cycle #Restitutions
Objets d’art, objets rituels, objets de mémoire : comment repenser leur histoire au-delà des catégories qui ont façonné notre regard sur l’art et le patrimoine ?

Que restitue-t-on lorsque l’on rend un objet à sa communauté d’origine ? Au-delà des enjeux juridiques et politiques, la question de la restitution invite à interroger le statut même des objets conservés dans les musées, les récits qui les entourent et les regards qui leur sont portés.

La quatrième discussion du cycle #Restitutions. Une autre définition du monde propose une réflexion pluridisciplinaire sur la notion d’« œuvre » et d’« objet d’art », en tenant compte des significations culturelles, rituelles, politiques et sociales que les communautés attribuent à ces objets. De nombreux biens aujourd’hui présentés comme des œuvres d’art dans les musées des anciens pays colonisateurs avaient à l’origine des fonctions rituelles, politiques ou sociales. Leur exposition a contribué à transformer leur statut.

Emmanuel Kasarhérou, Président du Musée du quai Branly – Jacques Chirac, et Didier Houénoudé, professeur des universités en histoire de l’art à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin, discuteront de la manière dont l’histoire a façonné ce que nous considérons comme « art » et « patrimoine » et chercheront à déconstruire ces héritages pour mieux dialoguer avec les communautés d’origine.

Les échanges seront animés par la journaliste Valérie Nivelon (RFI).

Les intervenant.e.s

Didier Houénoudé est professeur des universités en histoire de l’art à l’Université d’Abomey-Calavi au Bénin. Il s’intéresse entre autres à l’art contemporain africain, aux questions patrimoniales et à leur réappropriation par les communautés sources (restitution des biens culturels africains), à l’urbanisme et au développement des villes africaines. Professeur invité à la Technische Universität Dresden en Allemagne (2023-2024), il a été directeur adjoint par intérim des collections ethnographiques nationales de Saxe (2025) et est membre du comitéconsultatif de la Stiftung Preußischer Kulturbesitz (Fondation pour le patrimoine culturel prussien). Il est également Vice-président du comité international pour la muséologie (ICOFOM) et titulaire de la Chaire UNESCO : Retours et restitutions des biens culturels africains : matrimoines, communautés et droits culturels. Didier Houénoudé est l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur l’art et le patrimoine culturel béninois.

Didier Houénoudé
© DR

Emmanuel Kasarhérou est président du musée du Quai Branly – Jacques Chirac depuis 2020. Il avait rejoint l’établissement en 2011, où il avait notamment conçu l’exposition « Kanak. L’art est une parole », avant d’être nommé, en 2014, adjoint au directeur du patrimoine et des collections.

Il a auparavant dirigé, de 2006 à 2011, le centre culturel Tjibaou à Nouméa, après avoir participé, au sein de l’Agence de développement de la culture kanak, à sa préfiguration et à l’élaboration de son projet artistique. Cette expérience s’inscrivait dans un parcours engagé dès 1985, lorsqu’il avait été nommé conservateur du Musée de la Nouvelle-Calédonie, consacré aux cultures kanak et du Pacifique.

Journaliste et documentariste sonore, Valérie Nivelon mène des enquêtes historiques et participe à des programmes de recherche scientifiques mémoriels. Au son des archives sonores et des témoignages, elle produit des récits radiophoniques du point de vue des acteurs et des témoins, afin de raconter l'Histoire autrement. Elle se déplace régulièrement sur les terrains africains depuis plus de 20 ans et participe à l'émergence des figures féminines de l'histoire.
Valérie Nivelon a reçu le prix scam de la meilleure émission de radio en 2011.

Valérie-Nivelon
© Anthony Ravera
Au sujet du cycle

#Restitutions. Une autre définition du monde 

Un cycle de rencontres co-conçu et animé par Valérie Nivelon (à l’initiative du Podcast Africaines Queens et de l’émission La Marche du monde sur RFI).

Le 7 juin 1978, Amadou Mahtar Mbow, premier africain directeur général de l’Unesco, lançait un « appel solennel » à tous les gouvernements, institutions culturelles, musées, bibliothèques, historiens et artistes, pour la restitution des biens culturels à leurs pays d’origine. Presque 50 ans après cet appel fondateur, qu’en est-il de la question du retour ? 

Le cycle « #Restitutions. Une autre définition du monde » propose un espace de réflexion et de dialogue autour des questions de restitution d’œuvres d’art et biens culturels acquis dans des contextes de violence et de domination, et des enjeux de mémoire, de justice et de circulation des patrimoines qu’elles soulèvent. À travers sept rencontres réunissant chercheurs, juristes, conservateurs et acteurs culturels, le cycle vise à apporter des clés de compréhension et contribuer à des pratiques plus justes, concertées et durables.

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Publié le 24 juin 2026