Résonances symbiotiques

12 mars | Séminaire de Elitza Koeva
Jeudi
12
mars
2026
18:00
19:30
Jeudis de Suger-E. Koeva
© Yulia Spiridonova
Résonances symbiotiques : faire entendre les mondes plus qu’humains - Séminaire en anglais

Présentation d'une recherche en cours dans le cadre des "Jeudis de la Maison Suger", séminaire de recherche des résidents.

Cette séance accueillera Elitza Koeva autour d’une réflexion sur les pratiques sonores et l’écoute comme outils d’exploration des mondes plus‑qu’humains, ainsi que leurs implications pour la responsabilité écologique et les formes contemporaines de coexistence.

Le thème du projet de recherche

« À l’ombre de l’Anthropocène – ère marquée par la crise écologique, l’accélération de l’érosion de la biodiversité et une précarité planétaire croissante – cette conférence met en avant les capacités transformatrices du son et de l’écoute critique comme modes d’engagement avec l’animacité et l’agency de la matière vivante. Dépassant les paradigmes oculocentriques et l’objectivité désincarnée héritée des sciences des Lumières, la présentation défend une approche « acoustémologique » (Feld) qui envisage le son comme un médium vibratoire et relationnel, particulièrement sensible à la présence et à l’altérité des mondes plus‑qu’humains. S’appuyant sur les pensées néomatérialistes, posthumanistes et sympoïétiques –dont les travaux de Donna Haraway et d’Isabelle Stengers – la conférence montre comment les pratiques sonores, dans les contextes scientifiques comme artistiques, déstabilisent les binarismes établis entre sujet/objet, nature/culture et humain/non‑humain. En cultivant des modes d’attunement, l’écoute apparaît comme une pratique critique permettant de reconfigurer l’agency, d’élargir la responsabilité écologique et d’imaginer de nouvelles formes de coexistence en temps d’incertitude environnementale. »

L'intervenante

Elitza Koeva est titulaire d’un doctorat de l’université Harvard, avec un champ secondaire en Critical Media Practice. Ses recherches examinent les relations entre le son, l’espace et la « socialité inter‑espèces » (Haraway), afin de conceptualiser l’espace, l’intersubjectivité et le sensorium dans le cadre du triangle cybernétique humain‑animal‑machine. Sa pratique artistique explore la manière dont les dispositifs visuels, sonores et spatiaux favorisent l’engagement, la conscience critique et des formes participatives de réponse aux environnements médiatisés numériquement, articulant le rapport entre soi et collectif à l’échelle de la construction urbaine et de la subjectivité. Elle est actuellement chercheuse invitée à Sorbonne Université, au sein de VALE : Voix Anglophones, Littérature et Esthétique (UR 4085). Son travail a bénéficié du soutien de la bourse japonaise Monbukagakushō, du programme Fulbright, de Thanks to Scandinavia, d’une bourse de recherche de l’ETH, du Harvard ArtLab et de la Harvard Mellon Urban Initiative, entre autres.

Publié le 22 décembre 2025