Handicap colonial genré

24 septembre | Séminaire de Rosemary Nakijoba
Jeudi
24
septembre
2026
19:00
20:00
Handicap colonial genré
Handicap colonial genré : politiques coloniales françaises, représentations et expériences des personnes handicapées

Présentation d'une recherche en cours dans le cadre des « Jeudis de la Maison Suger », séminaire de recherche des résidents.

Cette séance accueillera Rosemary Nakijoba, doyenne de la Faculté des sciences sociales, des arts et des sciences humaines à l’université royale Muteesa I, en Ouganda, pour une présentation de son projet de recherche consacré au handicap colonial genré. En explorant les archives du Sénégal, du Cameroun et de Madagascar, elle analysera la manière dont les catégories coloniales ont façonné les représentations et les expériences des personnes handicapées.

Le séminaire se tiendra en anglais.

Le thème du projet de recherche

« À travers une lecture des archives attentive tant à ce qu’elles révèlent qu’à leurs silences, j’examine la manière dont les systèmes coloniaux organisaient les corps à partir de catégories telles que la capacité, la dépendance, le travail et le rôle social. Le handicap se trouvait ainsi étroitement lié à une distinction coloniale entre corps productifs et corps dépendants, distinction elle-même façonnée par le genre ainsi que par d’autres hiérarchies sociales et coloniales. Les hommes handicapés pouvaient devenir visibles par le biais du service militaire, du travail, des blessures, du statut d’ancien combattant ou encore des mécanismes d’indemnisation, tandis que les femmes handicapées apparaissaient davantage à travers les sphères de la famille, de la maternité, de l’agriculture, du soin, de l’éducation ou de l’assistance. Ces rôles n’étaient ni figés ni exclusifs les uns des autres, mais ils influençaient les modalités selon lesquelles les administrateurs reconnaissaient le handicap. Les classifications conventionnelles risquent ainsi d’occulter les trajectoires de vie des personnes handicapées, en particulier celles des femmes, dont l’expérience ne subsiste parfois qu’indirectement dans les archives relatives à la famille, à l’agriculture, à la maternité, au travail de care ou aux tâches domestiques. L’étude de ces traces permet de mettre au jour des histoires de visibilité, de pouvoir et d’appartenance, tout en reconnaissant que le silence des archives ne constitue pas en lui-même une preuve d’absence. »

L'intervenante

Rosemary Nakijoba est doyenne de la Faculté des sciences sociales, des arts et des sciences humaines à l’université royale Muteesa I, en Ouganda, où elle coordonne également la recherche et les études de troisième cycle. Elle est titulaire d’un doctorat en études du développement de l’université du Western Cape et d’un master de l’université des Martyrs de l’Ouganda. Elle a précédemment occupé le poste de doyenne de la Faculté des sciences humaines et sociales à l’université Victoria, en Ouganda. 

Publié le 21 septembre 2026