Évaluer la causalité dans les sciences de l’environnement

29 octobre | Séminaire de Paolo Vineis
Jeudi
29
octobre
2026
19:00
20:00
Jeudis de Suger-P. Vineis
WikiCommons

Présentation d'une recherche en cours dans le cadre des « Jeudis de la Maison Suger », séminaire de recherche des résidents.

Cette séance sera présentée par Paolo Vineis, qui propose d'examiner la manière dont les chercheurs évaluent les relations causales dans les sciences de l’environnement et de la santé. En s’appuyant sur les notions d’épidémiologie et d’exposome, il ouvre une réflexion sur les défis méthodologiques liés à la compréhension des effets complexes de l’environnement sur la santé.

Le séminaire se tiendra en anglais.

Le projet de recherche

La causalité a toujours poursuivi un objectif pratique qui dépasse son seul intérêt philosophique. En médecine, elle est au cœur des choix thérapeutiques et préventifs. Les questions typiques sont de savoir si un médicament permet de guérir une maladie ou si un vaccin prévient une infection. Cependant, la causalité intervient également dans des problématiques plus complexes, à la frontière entre la biomédecine et les sciences sociales, comme celle du rôle des inégalités sociales dans la santé. Cet exemple est particulièrement éclairant pour plusieurs raisons : la position sociale constitue une forme d’« exposition » globale et complexe, dont les effets sur la santé s’exercent à travers de multiples mécanismes et voies d’action. Le risque est qu’en biomédecine, cette complexité soit réduite à une représentation simplifiée, comme c’est souvent le cas. Dans ce séminaire, je présenterai la manière dont l’épidémiologie évalue les relations causales de type cause unique - effet unique. J’élargirai ensuite la réflexion au champ de l’exposome, entendu comme l’ensemble des expositions environnementales auxquelles un individu est soumis au cours de sa vie. Je discuterai enfin de la nécessité éventuelle d’adopter une approche pluraliste de l’interprétation causale.

L'intervenant

Paolo Vineis est titulaire de la chaire d’épidémiologie environnementale à l’Imperial College de Londres. Ses travaux de recherche les plus récents portent sur l’étude des biomarqueurs issus des plateformes omiques (notamment la métabolomique et l’épigénétique) dans le cadre de vastes études épidémiologiques. Il est l’auteur de plus de 1 200 publications scientifiques, dont un grand nombre en tant qu’auteur principal, parues dans des revues prestigieuses telles que Nature, Science, The Lancet et The Lancet Oncology. Il est également membre de l’Accademia dei Lincei (Académie nationale des sciences d’Italie).

Publié le 8 octobre 2026