ActNature - Agir pour l’écosystème

Modélisation des leviers socio-cognitifs pour les actions individuelles et collectives pour la conservation de la biodiversité

Le projet ActNature est lauréat 2021 de la thématique "Transition écologique et justice sociale" de l'appel à projets Recherches émergentes.

Malgré une augmentation de la prise de conscience des catastrophes environnementales résultant de l’activité humaine, il existe encore un écart significatif entre les attitudes et les comportements des individus vis-à-vis de l’environnement. En particulier, le phénomène de la perte de la biodiversité reste encore méconnu par la population générale, ce qui amène la majorité des individus à ne pas s’engager individuellement et/ou collectivement pour sa conservation. ActNature vise à modéliser les facteurs socio-psychologiques qui amènent les citoyens à s’engager (ou pas) dans des actions de protection de la biodiversité tant au niveau individuel (e.g. utilisation des ressources naturelles) que collectif (e.g., manifestations), tout en adoptant une perspective interculturelle. Les points d’innovation du projet sont deux : d’une part, ActNature va au-delà de la perspective individualiste analysant les comportements individuels, car il vise à comprendre les freins et leviers qui interviennent pour les actions tant individuelles que collectives. D’autre part, ActNature adopte une perspective interculturelle qui devient fondamentale de lors que l’on considère les enjeux environnementaux et leurs effets au niveau social et sociétal. ActNature se basera ainsi sur une étude préliminaire de modélisation socio-cognitive, pour développer un projet de plus grande envergure stimulant des changements au niveau social et culturel vis-à-vis de la protection de la biodiversité.

Porteur du projet

Lucia Bosone

  • Institution : Laboratoire de Psychologie et d'Ergonomie Appliquées, Université Gustave Eiffel, Université de Paris
  • Domaine scientifique : Decision-making, behavioural change, social cognition, pro-environmental actions

Production scientifique

Bosone, L., Chaurand, N. & Chevrier, M. (en révision). To change or not to change ? Perceived psychological barriers to individuals’ behavioural changes in favour of biodiversity conservation. Soumis à Ecosystems and people.

Bosone, L., & Martinez, F. (en révision). Stories or numbers? The effectiveness of proximising climate change psychological distance through narrative persuasion to promote sustainable mobility. Soumis à Journal of Environmental Psychology.

Bosone, L. and Martinez, F. (2017). When, How and Why is Loss-Framing More Effective than Gain- and Non-Gain-Framing in the Promotion of Detection Behaviors? International Review of Social Psychology, 30(1), 184–192.

Bosone, L., Martinez, F. & Kalampalikis, N. (2015). When the Model Fits the Frame : the Impact of Regulatory Fit on Efficacy Appraisal and Persuasion in Health Communication. Personality and Social Psychology Bulletin, 41(4), 526-539.

Bosone, L., Martinez, F. & Kalampalikis, N. (2015). The Effect of Message Framing and the Nature of the Targeted Illness on Individuals’ Intention to Participate in Clinical Trials. European Review of Applied Psychology, 65(4), 171-177

Membres de l’équipe

Jonas Rees

  • Institut de recherche interdisciplinaire sur les conflits et la violence, Université de Bielefeld
  • Institut de recherche sur la cohésion sociale, Université de Bielefeld

Franck Zenasni

  • Professeur, Université de Paris
  • Directeur de l’UMR LaPEA – Laboratoire de Psychologie et d’Ergonomie Appliquées

Muriel Mambrini-Doudet

  • Directrice de recherche à l’Institut National pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (France)

Sebastian Bamberg

  • Professeur en psychologie sociale et méthodes de recherche quantitative, Département des sciences sociales, Université des sciences appliquées de Bielefeld

Transition écologique et justice sociale : Inventer de nouveaux modèles de fonctionnement

La crise environnementale actuelle, à laquelle s’ajoute depuis peu la crise sanitaire globale liée à l’épidémie de Covid-19, représente un défi sans précédent et appelle à des mutations d’envergure dans l’ensemble des usages politiques, économiques et sociaux, tant au niveau individuel que collectif. En dépit de la prise de conscience sociale et politique de la nécessité et de l’urgence d’une transition, et malgré des avancées de la recherche et des technologies sur la durabilité, les résultats escomptés se font largement attendre. Cela tient en partie à ce que nous ne disposons pas d’une compréhension suffisamment fine et opératoire de la façon dont des transitions de cette ampleur peuvent se conduire, à l’absence d’un projet d’ensemble qui puisse fédérer et engager les citoyens à agir collectivement, significativement, en faveur de la durabilité, pour la transformation profonde de la société et des comportements.

La transition environnementale, dans ce qu’elle implique comme invention de nouveaux modèles de fonctionnement en appui et complément aux évolutions techniques, ne semble alors possible que si elle est juste et perçue comme telle. Les relations entre enjeux environnementaux et défis de la justice sociale, déjà posées par la commission Brundtland il y a 30 ans, méritent alors d’être remises au centre des réflexions sur la durabilité et la transition.

 

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Mis à jour le
19 novembre 2021