Paolo Vineis

Chercheur en résidence à la Maison Suger en octobre 2026
Paolo Vineis

Paolo Vineis est titulaire de la chaire d’épidémiologie environnementale à l’Imperial College de Londres. Ses travaux de recherche les plus récents portent sur l’étude des biomarqueurs issus des plateformes omiques (notamment la métabolomique et l’épigénétique) dans le cadre de vastes études épidémiologiques. Il est l’auteur de plus de 1 200 publications scientifiques, dont un grand nombre en tant qu’auteur principal, parues dans des revues prestigieuses telles que Nature, Science, The Lancet et The Lancet Oncology. Il est également membre de l’Accademia dei Lincei (Académie nationale des sciences d’Italie).

Le projet

Titres : La causalité dans l’interprétation des résultats complexes de la recherche sur l’exposome

« La notion de causalité a toujours poursuivi un objectif pratique qui dépasse son seul intérêt philosophique. En médecine, elle est essentielle pour guider les décisions thérapeutiques et préventives. Les questions les plus courantes consistent à déterminer si un médicament permet de guérir une maladie ou si un vaccin prévient une infection. Cependant, la causalité intervient également dans des problématiques plus complexes, à la frontière entre les sciences biomédicales et les sciences sociales, comme l’étude du rôle des inégalités sociales dans l’état de santé des populations. Cet exemple est particulièrement éclairant à plusieurs égards : la position sociale constitue une forme d’« exposition » globale et complexe, dont les effets sur la santé s’exercent à travers une multitude de mécanismes et de voies d’action. Or, dans la recherche biomédicale, elle risque souvent d’être représentée de manière simplifiée, comme c’est fréquemment le cas pour les phénomènes complexes. Pour les questions de recherche relativement simples, telles que l’évaluation de l’efficacité des médicaments ou des vaccins, l’approche de référence reste l’essai contrôlé randomisé. Cette méthode a été conçue pour étudier des relations de type « une cause - un effet ». Les difficultés liées à la mise en évidence des multiples interactions entre variables dans les sciences observationnelles, notamment en biologie où tout est variable et dynamique, ont conduit à faire de ces approches expérimentales le « gold standard » de la recherche. Cette conception se retrouve, par exemple, dans les approches classiques de la causalité développées par Miettinen [1] et Rothman [2], qui reposent sur une analyse critique des biais à partir des principes fondamentaux de la randomisation. »

Bibliographie sélective

Publié le 16 septembre 2026