Mediebou Chindji

Chercheuse invitée 2026 du programme DEA
Photo ROSE MEDIEBOU CHINDJI KENMEUGNE

Mediebou Chindji est Maîtresse de Conférences en géographie à l’université de Yaoundé I (Cameroun). Ses travaux s’inscrivent en géographie sociale et du développement, avec une spécialisation dans la gouvernance foncière, la justice environnementale et les dynamiques territoriales en Afrique subsaharienne. Elle coordonne un Master professionnel en Urbanisme, Aménagement et Développement Urbain. Ses recherches portent notamment sur les inégalités de genre dans l’accès au foncier et les transformations socio-environnementales. Elles contribuent à l’analyse des enjeux contemporains de gestion durable des territoires dans les Suds.

Le projet 

Titre : Femmes, terres et recompositions territoriales : gouvernance locale et justice environnementale entre Cameroun et Sud-Ouest de la France

« L’accès sécurisé des femmes à la terre constitue, selon la FAO (2012), un levier majeur de la sécurité alimentaire, de la résilience climatique et de la justice sociale. Or, dans de nombreux pays d’Afrique centrale, les régimes fonciers pluralistes articulant droits coutumiers, législations étatiques et pratiques locales continuent de générer de fortes inégalités de genre (Cotula, 2013 ; Meinzen-Dick et al., 2019). Le Cameroun illustre particulièrement ces tensions avec les femmes qui y contribuent largement à la production agricole et à la reproduction sociale, tout en restant marginalisées dans les mécanismes formels de reconnaissance des droits fonciers (Tchawa, Mediebou & Tchekote, 2024). En France, la question de l’égalité foncière s’inscrit dans un cadre institutionnel spécifique, différent de celui du Cameroun, mais marqué par des défis comparables. L’Occitanie apparaît comme un terrain particulièrement pertinent pour la mise en parallèle avec le Cameroun, en raison de la coexistence d’un cadre institutionnel fortement normé et de nouvelles formes de communs agricoles, offrant des marges d’action prometteuses, notamment pour les femmes. Ce projet de recherche propose une étude croisée entre le Cameroun et l’Occitanie sur les agencements institutionnels qui favorisent ou freinent l’accès des femmes à la terre et leur participation à la gouvernance territoriale. Il s’inscrit dans les axes de recherche du laboratoire PRODIG (UMR 8586), notamment "processus productifs et dynamiques territoriales" et "changements environnementaux et enjeux de société" et prolonge ses travaux antérieurs sur genre, foncier et développement local en Afrique centrale (Mediebou, 2022–2025). En mobilisant les outils de la géographie sociale, de l’écologie politique féministe et de la théorie des communs, ce projet ambitionne de montrer comment les femmes, malgré des cadres institutionnels contrastés, inventent des pratiques de résistance, de négociation et d’innovation qui reconfigurent les territoires ruraux. »

Institutions d'accueil : PRODIG – Pôle de recherche pour l’organisation et la diffusion de l’information géographique – Université Paris I Panthéon Sorbonne

Bibliographie sélective

  • Mediebou., C ., Rudith King, (2025) special issue on the “Women and land policy” Vol.8 – Issue 1: Special Issue – January 2025 African Journal on Land Policy and Geospatial Sciences, AJLP & GS / e-ISSN: 2657-2664.
  • Tchawa P., Mediebou C., Tchekote H., (2024). Les dynamiques de la gouvernance foncière en Afrique centrale au 21ème siècle, éditions premières lignes collection milieux naturel et environnement. 439p.
  • Mediebou C., Tchawa P., Nguiffo S. (2023). Femmes rurales et accès à la terre en Afrique Subsaharienne, revue territoire Sud « 3 » n6, juin 2023. ISSN : 2709-4359 (online ISSN : 2709-4340 (Print), 140 p.
  • Tchawa P., Moupou M., Mediebou C. (2022). De la croissance urbaine à l’aménagement du territoire : Mélanges en l’honneur du professeur Benoît MOUGUÉ, Editions de Midi. Yaoundé 803 p.
  • Mediebou.C-K., 2012, Université, formation et développement du Nord-Cameroun : Essaie d’analyser géographique de la contribution des diplômés en sciences et techniques de l’Université de Ngaoundéré. Editions universitaires européennes, Allemagne, 401 p.
Publié le 5 juin 2026