James Leach est directeur de recherche en anthropologie au CNRS, et travail au Centre de recherche et de documentation sur l’Océanie (Credo) à Marseille. Il a effectué plus de quatre ans d’enquêtes de terrain sur la côte Rai en Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis 1993. Ses recherches se focalisent sur les savoirs environnementaux, les implications multiples des politiques de la connaissance, de la créativité, et les relations écologiques au concept d’emplacement. Il est co-auteur de plusieurs publications respectées avec des habitants autochtones de la côte Rai, notamment du livre bilingue en accès ouvert, Reite plants. Il est récipiendaire de nombreuses bourses de recherche à l’aide desquelles il a développé des outils permettant aux participants autochtones de la côte Rai de documenter et de préserver eux-mêmes leur héritage. Il a également reçu plusieurs prix internationaux pour cette recherche co-créée avec des participants autochtones, et a occupé des fonctions d’enseignement à Cambridge, Aberdeen et en Australie avant de rejoindre le CNRS.
En Océanie, les savoirs concernant l’environnement marin et côtier sont indispensables aux populations autochtones pour leur permettre de maintenir la vie humaine comme non-humaine. Néanmoins, les gens qui vivent dans cette région insulaire et les environnements maritimes qu’ils occupent sont menacés par différentes sources de violences, notamment l’extraction de ressources primaires, la montée du niveau des océans, et l’effondrement de la biodiversité. Ensemble, ces formes de violence dégradent les relations établies et fonctionnelles entre sociétés humaines et environnement vivant. Sur les littoraux de la mer de Bismarck, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la situation est urgente à cet égard, puisqu’on mesure déjà l’impact de la montée et de l’acidification des océans, ou encore du ruissellement des eaux de surface depuis les sites miniers et forestiers vers les eaux côtières. À moyen terme, il existe aussi la menace de conséquences écologiques et sociales de l’exploitation minière des fonds marins. En effet, « Solwara 1 », la première exploration minière du genre, est en cours dans cette mer. Ce projet de recherche se focalise sur deux emplacements situés de part et d’autre de la mer de Bismarck. À l’aide d’une focale anthropologique, il documente et cherche à comprendre les menaces qui pèsent sur les sociétés côtières et les environnements marins, en collaboration avec des organisations non-gouvernementales locales et des experts autochtones en écologie. Il vise à produire des connaissances et des outils éducatifs qui pourront servir à atténuer les effets des dégradations bioculturelles.