Bunker Archéologie
La guerre en bloc et face à la mer à travers l’appareil photographique et critique d’un « révélationnaire ». « Abandonnés sur le sable du littoral comme la mue d’une espèce disparue », les bunkers du mur de l’Atlantique s’usent. Leur figure anthropomorphe et leur identification à l’occupant allemand ont fait scandale. Il y a cinquante ans, Paul Virilio leur a consacré un livre auquel nous ne cesserons de nous référer tant que les remparts illusoires continuent d’encombrer l’horizon de l’histoire. En étudiant l’architecture des bunkers en temps de paix, c’est la guerre qu’il scrute. En pensant l’espace militaire, c’est la paix qu’il interroge, notre besoin de chasser la peur, d’oublier.
Parce que long et patient, le regard de Paul Virilio est purement archéologique. Parce que façonné derrière les fentes de visée, il devient de plus en plus aigu, de fait philosophique. Le fait est que la guerre est rétrospective et prospective. Le réarmement accéléré de l’Europe, quant à lui, « est maintenant ».
L’essai est précédé d’une préface de Peter Geimer et suivi d’un récit autobiographique, accompagné de seize plans fixes et d’un cahier de treize photographies de Sophie Virilio. Cet appareil intime retrace la genèse de Bunker Archéologie, se saisit de son héritage, et dessine les contours d’une triple filiation : par le sang, l’écriture et l’image. Avec 6 croquis inédits de Paul Virilio.
Urbaniste et philosophe (1932/2018), Paul Virilio déclare que ses deux universités ont été « la guerre et l’art ». Tout d’abord peintre puis maitre verrier, il suit en auditeur libre les cours de Jankélévitch, Merleau Ponty, Louis de Broglie, René Thom… Dès 1958, et durant 10 ans, il travaille au projet Bunker Archéologie.
Auteur de plus de vingt livres, il devient directeur de programme au collège de Philosophie avec Derrida. Il écrit des chroniques et de nombreux articles pour les presses françaises et étrangères : Le Monde diplomatique, Critique, Les Cahiers du Cinéma, Le Nouvel Observateur, El Païs (Espagne), Die Tageszeitung (Allemagne), The New Statesman (Grande-Bretagne), Artforum (USA), Gaya Scienza (Japon), etc. Sa collaboration avec la Fondation Cartier initiée par l’exposition Vitesse se poursuivra jusqu’à la fin de sa vie, avec Ce qui arrive, Terre Natale, ailleurs commence ici, Exit…
Reconnu comme étant le père de la Dromologie, ses œuvres sont traduites dans 35 pays.
Parution 19 novembre 2026
Collection « 54 poche »
Éditions de la MSH
Les humanités en formes
La vie dans le vide
Collection 54 poche
