Le "54" obtient le label Architecture contemporaine remarquable

Histoire d’un bâtiment emblématique dédié aux sciences humaines et sociales

La Direction des affaires culturelles d’Île-de-France a remis le label « Architecture contemporaine remarquable » à la Fondation Maison des sciences de l’homme pour son bâtiment du 54 boulevard Raspail, conçu par les architectes Marcel Lods, Henri Beauclair, Paul Depondt et André Malizard.

Ce label récompense les constructions d’une grande qualité architecturale dans la région Île-de-France.

Les motifs de la labellisation

  • Important travail sur la structure métallique apparente
  • Bonne insertion dans le quartier sur une parcelle difficile à aménager
  • Édifice emblématique de la revalorisation des sciences humaines et sociales depuis les années 1960
  • Institution qui place Paris au cœur d’un véritable réseau d’échanges et d’enseignement à tous les niveaux (régional, national, international)
  • Restauration récente de qualité

C’est à la fois l’originalité de la structure verre-acier, l’utilisation de techniques novatrices et l’intégration du bâtiment dans son environnement qui sont récompensées.

L’esthétique audacieuse des façades, marquées par une structure métallique apparente et par les brise-soleils modulables, découle directement de l’emplacement géographique de la construction. Né d’une volonté de faire de Paris un épicentre du savoir en sciences sociales, le bâtiment a vu le jour sur le passant et bruyant boulevard Raspail. Il a donc été imaginé pour être hermétique aux éléments extérieurs, et les fenêtres, inamovibles, ont été parées de volets en aluminium rétractables – il en résulte une évolution perpétuelle de l’apparence des façades, alternant vides et pleins, entre la légèreté du verre et la solidité du métal.

Le label récompense aussi le bâtiment pour son innovation technologique, le système de conditionnement de l’air qui équipe le bâtiment représentait une technologie de pointe à sa construction en 1970.

Les éléments labellisés

  • La façades extérieures (structures apparentes rendue possible par la technique novatrice de la précontrainte des poutrelles et brise-soleil)
  • Le double escalier principal
  • Le bassin du hall
  • L’œuvre de Shamaï Haber, Les Menhirs

Historique de la construction

L’angle du boulevard Raspail et de la rue du Cherche-Midi a été le théâtre de nombreuses institutions.

La communauté religieuse du Bon-Pasteur fait l’acquisition du terrain grâce à l’intervention de Louis XIV en 1688. Elle y reste installée jusqu’à la Révolution française, en 1790 le bâtiment devient un magasin de vivres pour l’armée puis le siège du conseil de guerre à partir de 1800. En 1847 le bâtiment est démoli et la fameuse prison du Cherche-Midi est érigée à sa place. Le Colonel Alfred Dreyfus y sera jugé et détenu en 1894.

Après avoir été réquisitionnée pendant la Collaboration pour enfermer les opposants politiques au pouvoir nazi, la prison passe sous le contrôle du ministère de la Justice en 1947.

Le bâtiment, insalubre, est démoli en 1966 et le terrain est cédé par le ministère de la Justice au ministère de l’Éducation Nationale qui souhaite faire construire un établissement de recherche afin de regrouper la vingtaine d’établissements en sciences humaines disséminés dans la capitale. Le bâtiment voit le jour en 1970 et devient le siège de la Maison des Sciences de l’homme, fondation d’utilité public créée en 1963 par Fernand Braudel. L’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales rejoint les locaux en 1976.

Les sciences sociales au cœur de la capitale

L’audacieuse architecture du bâtiment reflète une ambition inédite au moment de sa création, la réaffirmation de l’importance des sciences sociales dans les formations classiques. La Maison des sciences de l’homme s’inscrit dans le renouveau scientifique parisien, en marge du quartier latin mais bien implantée sur une rive gauche traditionnellement destinée aux savoirs, et ancre Paris dans les échanges scientifiques en sciences humaines.

 

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