Communiqué : Michel Wieviorka élu Président du Directoire de la Fondation Maison des sciences de l’homme

Conformément à ses nouveaux statuts, la Fondation Maison des sciences de l’homme a tenu le jeudi 9 juillet 2015 son premier Conseil de surveillance composé des personnalités suivantes :

Partenaires institutionnels ou leurs représentants

M. Alain BERETZ, Président de l’Université de Strasbourg
M. Alain FUCHS, Président du CNRS
M. Jean-Emile GOMBERT, Conférence des Présidents d’Universités
M. Pierre-Cyrille HAUTCOEUR, Président de l'Ecole des hautes études en sciences sociales
M. Frédéric MION, Administrateur de la Fondation nationale des Sciences Politiques, directeur de l’IEP de Paris
M. Didier VIVIERS, Recteur de l’Université Libre de Bruxelles
M. Jean-Claude WAQUET, Président du Campus Condorcet

Personnalités qualifiées (pour un mandat de 4 ans)

M. Jean-Jacques AUGIER, Président de Books Editions
M. Craig CALHOUN, Directeur de la London School of Economics
Mme Carine CAMBY, Déléguée Générale de la Cité Internationale universitaire de Paris
Mme Béatrice De DURFORT, Déléguée Générale du Centre Français des Fondations
M. Jean-Yves MERINDOL, Président de la COMUE Université Sorbonne Paris Cité
Mme Helga NOWOTNY, Présidente du Comité consultatif européen pour la recherche (EURAB)

Amis de la Fondation

M. Immanuel WALLERSTEIN, Président, représenté par M. Laurent LEVI-STRAUSS, Secrétaire

Représentants élus du personnel (pour un mandat de 4 ans)

Nathalie PITARD, titulaire, Grégory FAIVRE, suppléant

M. Jean-Jacques Augier assure désormais la présidence du Conseil de surveillance, Mme Carine Camby la vice-présidence.

A cette occasion, le Conseil de surveillance a élu, pour un mandat de 4 ans, le Directoire de la Fondation Maison des sciences de l’homme, qui comporte trois membres :

M. Michel WIEVIORKA, Président

M. Jean-Pierre DOZON

Mme Françoise THIBAULT

Déclaration de Michel Wieviorka devant le Conseil de surveillance de la FMSH du 9 juillet 2015

Mesdames, Messieurs

Permettez-moi de vous présenter le sens de ma candidature à la présidence du premier Directoire de la FMSH, qui inaugure ses nouveaux statuts avec votre Conseil de surveillance de ce jour.

Administrateur de la fondation depuis août 2009, j’y ai, je crois, apporté une nouvelle dynamique. Sous ma direction, notre institution s’est relancée et considérablement transformée.

Elle a retrouvé l’aura scientifique qui était la sienne à l’origine, au temps de Fernand Braudel et Clemens Heller, avec un chantier qui a abouti à renouveler entièrement nos programmes de recherche, et à mettre en place le Collège d’études mondiales, aujourd’hui mondialement connu et reconnu.

Elle s’est repositionnée au niveau local : elle a rejoint le Campus Condorcet, dont elle est devenue membre fondateur et elle localisera sa bibliothèque au sein de son Grand Equipement Documentaire. Après un épisode malheureux, puisque nous sommes entrés, puis sortis d’HeSAm, la FMSH se prépare à intégrer la COMUE USPC. Et, s’il s’agit de notre contribution aux institutions, j’ajouterai que nous avons joué un rôle décisif dans la création de l’IEA de Paris, qui a pris son envol il y a trois ans, où nous siégeons comme membre fondateur et que nous continuons à soutenir.

La FMSH est devenue le cœur de réseaux qui jouent un rôle décisif dans le mouvement général des sciences humaines et sociales pour se moderniser et s’internationaliser, comme on dit, s’ouvrir au monde, « penser global », selon une expression que j’ai contribué à populariser. Outre le RFIEA, elle accueille deux « infrastructures de recherche » (NEFIAS et le Réseau des MSH) au sein d’une Unité mixte de recherche que nous gérons avec le CNRS, et les deux Très Grandes Infrastructures de Recherche que sont Humanum et Progedo. Elle est fière d’être associée aux travaux de l’alliance nationale ATHENA, qu’elle soutient et accueille.

Nos activités de diffusion des savoirs ont connu elles aussi de profonds changements, qu’il s’agisse des éditions, dont la politique éditoriale est maintenant en phase avec nos orientations scientifiques, ce que traduit en particulier le remplacement de la vingtaine de collections existantes par simplement quatre collections, ou qu’il s’agisse de notre service de diffusion proprement dite –nous assurons maintenant la diffusion d’une soixantaine de presses universitaires. Nous publions depuis quatre ans des Working Papers qui sont très lus, j’ai créé en 2013 une revue, SOCIO, qui s’apprête à publier sa cinquième livraison. 

Par ailleurs, j’ai veillé à ce que la FMSH tienne son rang dans l’entrée des sciences humaines et sociales dans l’ère du numérique, avec comme référence, en tête, ce qui avait été son rôle pionnier avec l’informatique appliquée aux sciences sociales dans les années 70. Nous avons maintenant la responsabilité de CANAL U, la web-télé de l’enseignement supérieur et de la recherche, ce qui, avec nos Archives Audio-visuelles de la Recherche, fait de la FMSH un lieu central dans ce domaine, et nous participons avec entrain au mouvement général en faveur de l’open-access.

Enfin, pour ne pas être trop long avec ce bilan, j’ai veillé à une modernisation de notre organisation qui soit compatible avec les valeurs humanistes qui sont les nôtres. Dans un contexte difficile, comme chacun sait, je suis parvenu à assainir nos finances et à assurer notre équilibre financier, et en même temps, je me suis battu pour maintenir notre plafond d’emploi. J’ai lancé une réforme pour restructurer notre fondation autour de grands pôles et de services supports, cette réforme est maintenant effective.

Ce bilan rapide vous apporte aussi les premières indications sur ce que je compte mettre en œuvre dans les années à venir : continuer à assurer la montée en puissance de nos plateformes et programmes scientifiques, et celle du Collège d’études mondiales ; contribuer à la réussite d’USPC et à celle du Campus Condorcet ; jouer un rôle dans l’internationalisation et la modernisation de la recherche française en SHS, à l’échelle régionale, et nationale ; faire de la FMSH un acteur central dans tout ce qui touche à l’édition et à la diffusion du savoir dans nos domaines –la Francophonie manque cruellement d’un pôle éditorial comparable à ce qui existe dans le monde anglo-saxon, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou même aux Pays-Bas, et nous pourrions réfléchir à le créer, avec d’autres bien sûr. Demeurer un cœur de réseaux pour les sciences humaines et sociales, à l’échelle nationale, européenne et internationale. Poursuivre nos efforts en matière d’organisation interne.

Mais je ne veux pas me contenter de poursuivre sur la lancée des cinq dernières années, je pense qu’il est temps pour la FMSH d’opérer ou d’accentuer ce qui est une véritable mue. Pour le dire en un mot, il s’agit de devenir une véritable fondation, et non plus un quasi établissement public. Il s’agit de retrouver le sens d’une fondation. Non pas pour abandonner nos valeurs, qui sont celles de l’intérêt général, mais pour être plus efficaces. Nos nouveaux statuts en sont à la fois la possibilité, et la condition. Nous devrons en particulier trouver ailleurs que dans la seule puissance publique, les ressources nécessaires à notre développement. Et nous devrons en même temps convaincre la même puissance publique de notre utilité, et continuer à bénéficier de son appui.

Notre changement de statuts nous a fait basculer d’un système à Conseil d’administration et Administrateur à un système à Conseil de surveillance et Directoire. LA FMSH n’a pas seulement ici fait en sorte de se conformer à la légalité, elle a aussi et surtout préservé, peut-être accentué ce qui doit faire la force d’une fondation : sa souplesse, sa réactivité, sa capacité à élaborer une stratégie et à la mettre en œuvre. Ma candidature est destinée à boucler un processus entamé bien avant moi, il y a une douzaine d’années, avec pour souci, certes paradoxal, d’être dans une certaine continuité tout en pilotant de profonds changements.

D’importants chantiers nous attendent. Nous devrons rapidement trouver des réponses satisfaisantes à nos problèmes immobiliers –je pense en particulier au retour au 54 Boulevard Raspail, pour lequel nous avons fait de grands sacrifices. Développer notre capacité de lever des fonds. Faire en sorte que nos personnels se sentent partie prenante et active, mobilisée dans cette métamorphose, et les encourager, après une phase critique que j’espère dépassée, à être de mieux en mieux représentés.

Pour affronter les défis de demain, je vous propose non seulement de me confier la présidence du Directoire, mais aussi d’élire deux autres membres dont je sais qu’ils partagent les orientations que je viens d’évoquer : Françoise Thibault, et Jean-Pierre Dozon. La plupart d’entre vous les connaissez personnellement, et les CV qui vous ont été remis sont je pense éloquents.

Je précise qu’en dehors du Directoire, la direction actuelle poursuivra son action, avec des responsabilités élargies pour Nicolas Catzaras, que je remercie pour la façon dont il a piloté notre changement de statuts et la mise en place de ce Conseil, et qui exerce, en plus du Secrétariat Général, la responsabilité de notre nouvelle direction du développement et de la communication, et pour Olivier Bouin qui dirige désormais seul le Collège d’études mondiales, et supervise notre nouveau pôle « international ».

Le Conseil que vous constituez est une chance pour la FMSH, et je tiens à vous remercier de bien vouloir consacrer de votre temps à accompagner la Fondation dans ses efforts au service de la collectivité des sciences humaines et sociales.

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