La FMSH fait le choix de la COMUE Université Sorbonne Paris Cité (USPC)

« Il apparait nettement que l’USPC constitue pour la fondation l’option la plus favorable. L’accord est ici unanime, aussi bien au sein du bureau que de notre direction. Pour sa part, l’USPC m’a donné hier son accord, à l’unanimité de ses chefs d’établissements, pour l’accueil en son sein de la FMSH. » Michel Wieviorka, 4 décembre 2014.

En sortant de la COMUE heSam, la FMSH n’avait pas de « plan B » et ne privilégiait aucune possibilité a priori. Elle n’est pas contrainte de rejoindre une communauté d’établissements dans le cadre de la loi Fioraso. Avec la direction, j’ai examiné attentivement les différents choix qui s’offraient à nous :

  • rester extérieurs à toute COMUE, au risque d’un certain isolement,
  • être associés à plusieurs COMUEs, ce qui a l’avantage de nous positionner clairement au service de la communauté des SHS dans son ensemble, mais peut se révéler complexe, voire artificiel, compte tenu du contexte particulier des regroupements parisiens et franciliens,
  • en rejoindre une seule, en tant que membre fondateur.

C’est cette dernière orientation qui devrait prévaloir et que je proposerai aux instances de la fondation. Elle apporte en effet à la FMSH la garantie de pouvoir faire entendre sa voix à l’intérieur d’un regroupement où elle pourra dans de bonnes conditions articuler son propre développement à celui d’un ensemble plus large.

Compte tenu des disciplines qui sont les nôtres (SHS), notre réflexion s’est rapidement circonscrite à deux COMUEs, Paris Sciences et Lettres (PSL) et l’Université Sorbonne Paris Cité (USPC).

Elle a pris la forme d’une comparaison serrée entre les deux COMUEs, qui toutes deux présentent de forts atouts, et quelques faiblesses ou limites. Elle a été enrichie des échanges avec les institutions qui avaient quitté heSam sur les avantages et inconvénients de chaque option.

Après diverses rencontres et contacts avec les responsables des deux COMUEs, et une étude approfondie des dossiers que nous avions constitués sur chacune d’entre elles, après aussi consultation du bureau du Conseil d’administration de la FMSH et échange avec le cabinet de la Ministre, il apparait nettement que l’USPC constitue pour la fondation l’option la plus favorable. L’accord est ici unanime, aussi bien au sein du bureau que de notre direction.

Pour sa part, l’USPC m’a donné hier son accord, à l’unanimité de ses chefs d’établissements, pour l’accueil en son sein de la FMSH.

Notre sortie d’heSam et notre entrée au sein d’USPC seront à l’ordre du jour des instances concernées. Notre Conseil d’administration se tiendra le 18 décembre 2014 et auparavant, j’aurai consulté vos représentant(e)s.

A partir de là, et si le choix de l’USPC est confirmé par nos instances, nous entamerons des discussions exclusives qui permettront de préciser les modalités de notre intégration en son sein dans un délai le plus court possible.

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Voici les principales raisons qui ont déterminé notre choix.

LA FMSH note d’abord qu’en rejoignant l’USPC, elle pourra rejoindre un ensemble regroupant quatre grandes universités. Il y a là une dimension décisive, ouvrant à la FMSH la possibilité de travailler au profit d’un tissu universitaire élargi, francilien, sinon national. La présence de quatre universités (là où heSam n’en comptait qu’une, de première grandeur, et PSL une seule, Paris-Dauphine, au statut qui la rapproche d’un grand établissement) est une opportunité importante. Nous avions déjà relevé l’importance stratégique d’un tel rapprochement avec les universités en proposant à la Conférence des présidents d’université de siéger de manière permanente au sein du futur Conseil de surveillance de la fondation.

Le projet de l’USPC convient à la FMSH dans son énoncé : « une université de recherche de rang mondial, proposant une offre de formation au meilleur niveau, veillant au développement de l’innovation sous toutes ses formes ». On y retrouve particulièrement l’accent mis sur la recherche, l’ouverture au monde, l’innovation, l’objectif de se situer au meilleur niveau.

L’USPC met nettement en avant l’interdisciplinarité, avec un positionnement explicitement mondial. Elle le fait en s’appuyant sur l’existence de structures et disciplines diversifiées : IUT Ingénieurs, hôpitaux, sciences dures, langues, SHS… Dit autrement, la surface est large, avec 120 000 étudiants, et, entre autres, un point fort autour de la médecine, de la biologie et de la santé, sujets dans lesquels la FMSH est pour sa part très engagée. Les universités d’USPC disposent d’un potentiel intéressant en SHS (notamment à Paris 3, 5 et 7), et la FMSH connaît bien l’INALCO et Sciences Po, dont les activités de recherche et d’enseignement croisent largement ses propres préoccupations.

La place réservée à l’internationalisation dans le projet de l’USPC (Antennes à l’étranger, logement étudiant, vie culturelle et sociale à Paris, contrats doctoraux internationaux, projets, recherche de contrats) est en phase avec les activités actuelles et les projets de la FMSH, qui pourrait y apporter une réelle plus-value, notamment du fait des mobilités internationales qu’elle promeut et rend possible, pour elle-même et surtout pour la communauté des SHS (bourses Fernand Braudel, Maison Suger, invitations de DEA, etc.).

Les principaux axes scientifiques de l’USPC relèvent de domaines qui concernent la FMSH au premier chef, qu’il s’agisse de l’environnement, de la santé publique ou des politiques relatives au traitement des données. La place des arts vient s’ajouter à ces axes, ce qui correspond également à un souci intellectuel naissant au sein de la FMSH. Le projet d’USPC associe explicitement et dans l’ordre SHS, lettres et arts, sciences exactes et technologies, sciences de la vie et de la santé, langues et civilisations, il vise à aborder de grands sujets de société – exactement dans l’esprit des orientations de la FMSH, telles que nous les avons par exemple affichées lors de notre récent Colloque Penser Global (à l’occasion de notre 50ème anniversaire). La FMSH pourrait bénéficier de la volonté de diffuser la culture scientifique et de la conception d’une valorisation qui passe par l’idée que les sciences sont au service de la société.

L’importance des réseaux et infrastructures de recherche en SHS est évoquée dans la présentation que l’USPC fait d’elle-même, ce qui correspond à la vocation de la FMSH, qui accueille et participe à l’existence des plus importants d’entre eux.

La FMSH est fortement concernée par tout ce qui touche au numérique, et soucieuse de contribuer en la matière à une dynamique collective innovante. Le projet de l’USPC y est très ouvert, il existe déjà en son sein un directeur délégué  « systèmes d’information ». La place du numérique dans l’enseignement au sein d’USPC, et l’idée de pédagogie innovante qui va de pair (avec en particulier son projet SAPIENS de création d’une maison des pédagogies innovantes sur le modèle des MSH) sont clairement en phase avec les orientations et les préoccupations de la FMSH.

Des premières conversations que nous avons eues il ressort que des formes nouvelles de coopération pourront être envisagées en matière d’édition et de diffusion des savoirs, domaines dans lesquels la FMSH entend jouer un rôle central pour la constitution d’un pôle français de niveau international et de présence mondiale.

L’USPC est présente dans Condorcet, avec Paris 3 et Paris 13, ainsi que le CNRS et l’INED, et il y a là une situation favorable à la recherche de nouvelles formes de coopération. 

Avec la BULAC, la bibliothèque de Sciences Po, et d’autres établissements, il est clair que la bibliothèque de la FMSH, dont on sait qu’elle doit être installée au GED, pourra envisager de développer des initiatives et des projets complémentaires.

L’attention portée aux personnels, quel que soit le statut, constitue une dimension essentielle du projet de l’USPC qui souligne les économies d’échelle que permettra de réaliser le projet de COMUE, et l’identification de gains pour les personnels. Il y a là un point important : intégrée à un ensemble de la taille d’USPC, la FMSH pourra envisager et proposer des modalités nouvelles et élargies de circulation et de mobilité de ses personnels, fonctionnaires et salariés, et ouvrir aussi bien à ces derniers qu’aux personnels d’autres établissements des perspectives inédites, constructives pour eux comme pour les établissements concernés.

Par ailleurs, dans les documents de l’USPC, l’accent est régulièrement mis sur l’attention portée aux usagers (« en adoptant systématiquement le regard de l’usager », « l’expérience étudiante »), et la FMSH est sensible à cette dimension.

Enfin, sur le plan politique, voire philosophique, l’article 14 des statuts de l’USPC vise clairement l’ascension sociale comme objectif majeur, sans par ailleurs rejeter l’excellence. Nous ne pouvons qu’être favorables à une telle visée.

Le projet de l’USPC n’est pas un projet de fusion. Il s’agit (les maîtres-mots sont collégialité et subsidiarité, ce qui convient à la FMSH), de fédérer et de conserver l’identité et l’autonomie des établissements qui restent maîtres de leurs moyens, certaines ressources étant cependant mutualisées. La gouvernance est clairement contrôlée par les établissements. Le Conseil d’administration comporte 61 membres, dont les 8 établissements fondateurs et trois organismes de recherche. Le Conseil des membres réunit les 8 établissements fondateurs (4 universités, 4 écoles), qui en constituent le bureau et les organismes de recherche. L’USPC devrait ouvrir la gouvernance du dispositif en accordant une place importante à la FMSH.

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Tels sont les principaux éléments ayant déterminé le choix de la FMSH, tel qu’il sera soumis au vote du Conseil d’administration du 18 décembre 2014.

Ils n’interdisent en aucune façon le maintien de liens, et même leur développement, avec d’autres établissements auxquels la FMSH est ou souhaite être liée, à commencer par son partenaire historique, l’EHESS, ainsi que l’EPHE et l’EFEO avec lesquels elle est sortie d’heSam, tout comme avec l’Université Paris 1.

Ils s’inscrivent dans une vision pour laquelle la FMSH, conformément aux recommandations de l’IGAENR ou de la Cour des comptes, et dans l’esprit des nouveaux statuts adoptés à l’unanimité du Conseil d’administration et en cours de validation, entend de plus en plus s’affirmer comme une véritable fondation, capable en particulier de lever les fonds nécessaires à son développement.

Michel Wieviorka, administrateur de la Fondation Maison des sciences de l'homme

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