La Fondation Maison des sciences de l'homme : positionnement et perspectives scientifiques par Jean Pierre Dozon

Pionnière en matière d’accueil des chercheurs étrangers en France, la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) a su se doter d’un rayonnement international. Son développement a été sous-tendu tant par la politique de la France que par le contexte international. Véritable « institution médiatrice » dans un monde divisé par la guerre froide, la FMSH devient un lieu de passage important pour les chercheurs étrangers.

Cette fondation doit en partie sa propulsion à des acteurs clefs ayant soutenu son existence et son développement. A ce titre, le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes et le CNRS ont financé les programmes scientifiques de la Fondation.  La FMSH a su tirer parti de ces différents soutiens pour créer des liens ; notamment avec l’Allemagne lors de la constitution du couple franco-allemand et l’Algérie lors de la guerre d’Algérie, à travers des programmes de recherche. De plus, la direction de cette institution par des scientifiques engagés tels que Immanuel Wallerstein et Clemens Heller rend compte de son succès. 

Aujourd’hui, face à la recomposition du contexte international et la globalisation croissante la FMSH doit s’adapter. De nouvelles perspectives scientifiques sont élaborées, et ce toujours dans le respect des valeurs définies par son créateur, Fernand Braudel. Ces nouveaux défis amènent la Fondation à élaborer des initiatives originales visant deux objectifs :

  • « Multilatéraliser » des liens (notamment avec le Maghreb, les pays arabes ou les Etats-Unis)
  • et thématiser les sujets en veillant à conserver une perspectives globale.

En vue de répondre à ces mutations, la Fondation mise sur l’originalité des sujets abordés, des chercheurs invités et des façons de faire. C’est ainsi que des thématiques comme les TIC et les migrations sont explorées sous un angle novateur. La Fondation entend se faire une place de pointe dans ce nouvel univers. De plus, elle prend des initiatives pour combiner les sciences sociales aux humanités, autrefois séparées, afin d’explorer de nouveaux terrains de recherche.

Enfin, le Collège d’études mondiales se place également dans les nouvelles perspectives scientifiques de la Fondation. Cette véritable « locomotive de la maison » conduite par Michel Wieviorka est sur la voie de l’internationalisation croissante de la Fondation. Décrite comme un « nouveau périmètre à l’intérieur de la FMSH »,  elle convie les chercheurs en sciences humaines et sociales les plus renommés, tels que René Frydman ou Ulrich Beck. Ce collège, composé de chaires variées, reflète les valeurs de la Fondation.

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