Attribution du Prix Louis Dumont 2015

Deux dossiers sélectionnés : Priya Ange et Miyako Hayakawa.

Le Fonds Louis Dumont pour la recherche en anthropologie sociale sélectionne chaque année un ou deux projets d’étudiants pour une aide au terrain. Pour l'année 2015, les dossiers de Priya Ange et de Miyako Hayakawa ont été sélectionnés.

Priya AngeLa circulation des bijoux féminins dans la parentèle tamoule : Migration, parenté et personne (terrain en Inde, Tamil Nadu), EHESS Paris.

En s'intéressant à la mise en circulation des bijoux féminins, on interroge la production sociale et incorporée de la femme tamoule parmi sa parentèle. Cette dynamique se retrouve dans les faits rituels et de parenté au Tamil Nadu et en France. Le travail de terrain offre un éclairage sur la manière dont les femmes activent et organisent leur réseau de parenté en migration par leurs usages et récits de bijoux. Il renseigne également sur la manière dont elles négocient leur place et se construisent en tant que sujets agissants. Aussi, cette monographie multi-située des pratiques de bijoux explore la recomposition des liens de parenté au niveau social, diachronique et rituel. Elle situe ainsi, l'action et le rôle politique de la femme au carrefour des relations conjugales, avec la belle-famille et sa famille natale.

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Priya Ange. Ethnographie des bijoux de Franco- pondichérien-ne-s. Au coeur d'une production des relations de genre et parenté. 2016.

 

Miyako HayakawaDevenir mère et prisonnière dans une société traditionnelle : une anthropologie sur la romantisation de l'amour maternel au Japon (terrain au Japon), EHESS Marseille.

Le Japon, troisième puissance économique mondiale, est aujourd’hui classé au 104e rang mondial en matière d’égalité entre les hommes et les femmes selon une enquête du Forum économique mondial (2014). Face au déclin démographique et à un faible taux de participation féminine  à la vie économique, le gouvernement japonais s’efforce de  promouvoir la place des femmes dans la société, tout en mettant en place diverses sortes de politiques publiques visant à faciliter leur accès au travail. Ainsi, les débats sur les inégalités homme-femme tendent à polariser autours de la promotion des femmes sur le marché du travail et la dévalorisation des tâches domestiques.

Pourtant, les normes « traditionnelles » sur la famille, la sexualité, et la parentalité n’ont pas connu une véritable remise en question jusqu’à présent. Malgré la récente montée  de mouvements féministes dénonçant la domination des hommes et les harcèlements, les valeurs sociales continuent à maintenir les femmes dans la sphère privée, et celles qui sortent de cette « normalité » sont souvent stigmatisées. Les pratiques de « bonne mère de famille »  - entreprises volontairement ou non - sont largement répandues dans la vie de tous les jours. Plus d’un tiers des jeunes japonaises expriment leur souhait de devenir « femme  au foyer » en acceptant une situation qui va à l’encontre de leur épanouissement personnel et de leur indépendance financière. Le fait que les comportements concernant la famille et la sexualité sont souvent dictés par une série de non-dits et le silence associé rendent la situation d’autant plus  difficile à étudier par des recherches quantitatives.

Ce projet a pour objectif d’étudier les normes sociales relatives à la famille dans la société japonaise contemporaine, tout en mettant l’accent sur le processus d’intériorisation et leur perpétuation, à travers des récits personnels et des observations des Japonais, imprégnés inconsciemment par l’ordre social.

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