Non lieux de l'exil

Le programme Non-lieux de l’exil poursuit et renouvelle l’esprit du groupe de recherche POexil fondé en 2001 à l’Université de Montréal par Alexis Nuselovici (Nouss), aujourd’hui professeur au département de Littérature générale et comparée de l’Université Aix-Marseille et professeur invité de la Chair of Modern Cultural Studies, Cardiff University. D’abord accueillies par le Réseau Asie et Pacifique (FMSH/CNRS) et organisées en partenariat avec le Cardiff group on Politics of Translating (Cardiff University), les Non-lieux de l’exil sont devenus un programme thématique de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme à l’été 2012. Leurs travaux sont prolongés depuis février 2013 par le séminaire “L’expérience de l’exil” dirigé par Alexis Nuselovici(Nouss) au Collège d’études mondiales.

Le programme “Non-lieux de l’exil” (programmes scientifiques/ FMSH) et le séminaire “L’expérience de l’exil” (Collège d’études mondiales / FMSH) fusionnent à la rentrée 2014 dans le cadre de l’initiative de recherche “Non-lieux de l’exil” du Collège d’études mondiales.

Doté d’une équipe internationale et d’un conseil scientifique, le programme interroge, au croisement de réflexions académiques et de pratiques variées, la valeur ontologique et heuristique du concept d’exil. Son objectif est, à terme, de contribuer à la création d’un champ d’études exiliques absent dans la francophonie.

Au-delà de ses définitions communes en effet, dans lequel il est perçu comme le résultat d’une condamnation à quitter sa terre, associé au deuil de la patrie, au sentiment de perte identitaire ou à la nostalgie d’un âge d’or, le concept d’exil déploie une pleine force heuristique face aux réalités d’un monde contemporain voué à des mouvements migratoires d’une ampleur sans précédent. Aujourd’hui, l’exil inclut des catégories aussi diverses que le migrant, le réfugié, le clandestin. Ceux-ci partagent une expérience, volontaire ou imposée à désigner comme « exiliance ». À la fois condition et conscience, celle-ci déborde celle de la migration par la prise en compte de temporalités et d’appartenances multiples. Elle ne saurait ainsi être réduite à ses seuls aspects historiques et sociaux, ni être seulement abordée dans un espace culturel défini.

Dans cette perspective, il paraît donc intéressant d’explorer ce que ces expériences de l’exil recèlent d’immatérialité, de non-lieux singuliers. L’expérience de l’exil peut en effet se percevoir dans la simultanéité de lieux concrets et de territoires métaphoriques – en ce sens, les lieux de l’exil sont d’abord des non-lieux, des espaces affectifs de l’ailleurs et de ses périphéries mouvantes ; mais aussi bien, ils sont des lieux nouveaux, espaces renouvelés par l’expression artistique, littéraire, dramaturgique ou musicale. L’exil devient ainsi valeur et héritage, transmission d’un vécu constamment revisité et recomposé par une pluralité d’acteurs et d’expériences. Que nous offrent ces images et imaginaires de l’exil ? Que nous permettent de (re) penser la permanence et la diversité des expériences de l’exil – de l’exiliance ?

Pour le comprendre, les Non-lieux de l’exil ont organisé plus 20 rencontres et journées d’études depuis 2011-2012, parfois en associations avec d’autres institutions (IEA-Paris, IRIS, Festival Ile de France et Collège des Bernardins, Paris 3, Paris Ouest-Nanterre…), réunissant ainsi plus de 75 chercheurs, universitaires et praticiens français, européens et internationaux. Outre les rencontres, cette année alternées avec les séances du séminaire « L’expérience de l’exil » du Collège d’Etudes mondiales, le programme de 2014 prévoit la tenue de deux colloques internationaux Figurer l’exil (mars 2014) et Etudier l’exil (octobre 2014), ainsi que plusieurs journées d’études. Le programme prendra également part à des congrès internationaux, conduira des recherches et continuera de publier ses travaux.

 

 

Equipe

Co-direction

Alexandra Galitzine-Loumpet

Alexis Nuselovici - Nouss

Comité scientifique

Svetlana BOYM (Harvard University)

Corinne ALEXANDRE-GARNER (Université Paris Ouest- Nanterre)

Dominique POULOT (Professeur, Université de Paris I)

Sherry SIMON (Université Concordia, Montréal)

Josué YUSTE FRIAS, Professeur titulaire du département de linguistique et de traduction de l’université de Vigo, Espagne 

Membres permanents

BELDJERD Sofian, MCF en sociologie, Université de Poitiers (IAE), chercheur au laboratoire CeReGe.

BOUTHORS-PAILLART Catherine. Littérature, agrégée et docteur es Lettres de l’Université Paris VII, Première Supérieure au Lycée de Sèvres.

CHUKHOVICH Boris  histoire de l’art, commissariat d’exposition, chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique, au Centre de recherche sur l’intermédialité (CRI, Université de Montréal) et au Laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture (LAMIC, Université Laval).

COSTE Didier, littérature comparée, Professeur à l’Université Michel de Montaigne Bordeaux 3.

CRONIN Michael, Traductologie. Titulaire de la Chaire de Traductologie à la Dublin City University, Irlande.

DEI CAS GIRALDI Norah,  professeure de Littérature de l’Amérique latine à l’Université Lille 3, coordinatrice scientifique du Master Erasmus Mundus MITRA Médiation interculturelle : identités, mobilités, conflits. et coresponsable du réseau NEOS-NEWS (Nords-Ests-Ouests-Suds Amériques), Institut des Amériques (Paris),

GALITZINE-LOUMPET Alexandra, anthropologue, Fondation Maison des Sciences de l’Homme (ANR Esca, Programme Non-lieux de l’exil)

INDERMUHLE Christian, professeur Université de Lausanne, directeur du programme « Mondes virtuels, imaginaires culturels, religions » (2010-2012) de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

LENGYEL David, Post-doctorant, Esthétique et sciences de l’art. Chargé de cours à l’Inalco.

MEKDJIAN Sarah, MCF en géographie à l’université de Grenoble II.

NUSELOVICI (NOUSS) Alexis (directeur), Professeur, Département de littérature générale et comparée Université Aix-Marseille et professeur associé à la School of European languages, Translation and Politics de l’Université de Cardiff (Royaume-Uni).

POULIN Isabelle, professeur de littérature comparée, Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3

RECOING Eloi est maître de conférences, Institut d’Etudes théâtrales, Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle), metteur en scène et traducteur.

REGINOLD Remo, doctorant philosophie et politologie (Cardiff University),

RENKEN Arno, Professeur de littérature à la Haute école des arts de Berne, Institut littéraire suisse

SAVIN Ada, Professeure d’études américaines à l’Institut d’Etudes Culturelles, Université de Versailles – Saint Quentin, coresponsable du réseau NEOS-NEWS (Amériques – Nords-Ests-Ouests-Suds).

TABOIS Stéphanie sociologue et anthropologue, maître de conférences à l’Université de Savoie.

TURGEON Laurier  est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine ethnologique et professeur d’ethnologie et d’histoire à l’Université Laval, Québec, Canada.

VILELA Eugénia   professeur au Département de philosophie de la Faculté de lettres de l’Université de Porto (Portugal),

VOLLAIRE Christiane, philosophe Collège International de philosophie et chargé de cours à Paris 7, Paris 8 et à l’IRI (Centre Georges Pompidou).  

WOLMARK Laure, psychologue clinicienne après des études de philosophie au Comede (Comité médical pour les exilés