Pour l’Euro, l’heure du bilan a sonné. Quinze leçons et six conclusions

La zone Euro est aujourd’hui clairement en crise. Cependant, la crise de liquidité qu’elle subit actuellement, pour dangereuse qu’elle soit et pour toute son urgence, n’est que le résultat d’une crise de compétititité à la fois plus profonde et plus longue. Cette crise provient de la constitution d’une Union Monétaire avant que ne soit constitué un État fédéral.  Mais cette construction d’un état fédéral est au mieux un
processus long et douloureux, dont le succès est tout sauf garanti.  Il en résulte que l’approfondissement de la crise ces derniers mois a été spectaculaire.

Une solution actuellement envisagée est le soi-disant « saut fédéral », mais ceci ne décrit en fait que des règles communes encadrant le volet « dépense » des budgets et non une mise en commun des recettes. Ce saut fédéral est condamné à l’échec pour des raisons tant politiques qu’économiques. On a pris en considération aussi la perspective d’une inflation diférentielle de l’Allemagne et nous concluons que c’est un projet mort-né. Ceci ne laisse à la Zone Euro que des politiques de déflation salariale qui ne sont en réalité que l’équivalent des politiques de déflation du début des années trente, dont les conséquences furent catastrophiques. ­Dans cette situation, la seule option raisonnable reste le démontage coordonné de la Zone Euro.

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