Vœux 2012 et Inauguration de Charenton

C’est une grande joie pour moi de pouvoir présenter mes vœux à tous ceux qui participent à la vie de la FMSH ici, dans ces entrepôts de Charenton, qui n’est situé qu’à quelques encablures de notre vaisseau amiral, le France. C’est un honneur, de surcroît, de pouvoir recevoir parmi nous Jean-Marie Brétillon, Maire de Charenton, et plusieurs personnalités particulièrement importantes de la vie universitaire de notre pays, qui sont à divers titres nos partenaires, parmi lesquelles Madame Bernadette Petit, Directrice générale des services du Rectorat, M. Jean-Claude Colliard, qui dirige l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et le PRES HESAM, M. Jean-Claude Waquet, qui préside les instances du Campus Condorcet, M. François Weil, qui préside l’EHESS et qui a dirigé pour le compte du PRES HESAM une candidature relative à une initiative d’excellence – un IDEX – dans le cadre du Grand Emprunt et sur lequel nous fondons beaucoup d’espoir, à la fois pour les sciences sociales françaises et pour notre propre développement. Ces partenaires universitaires sont aussi des collègues, et je tiens à dire qu’entre nous, les relations sont excellentes, et très constructives, j’y reviendrai. Je tiens aussi à saluer la présence parmi nous de MM. Jean-Jacques Augier, Maurice Garden, Jean Baubérot et Michel Hervé qui sont membres de notre Conseil d’Administration tout comme d’ailleurs François Weil. Je vais donc dire quelques mots des lieux où nous sommes, et du sens que revêt à mes yeux la présence de ces partenaires et amis.

Il y a deux ans, nous commencions – l’EHESS, l’EPHE et la FMSH – à voir se dessiner une solution satisfaisante pour notre relogement provisoire. Le CNRS avait accepté de nous rejoindre pour envisager une installation dans ce qui allait être finalement le France, au 190 avenue de France dans le XIIIe arrondissement de Paris. La solution, qui devait beaucoup à la compréhension de Valérie Pécresse, alors ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et à l’appui du Rectorat et tout particulièrement de M. Patrick Gérard, Recteur des Universités, réglait de nombreuses difficultés, et je peux dire, un an après notre déménagement, que cette opération a été une réussite.

Mais notre relogement au France ne réglait pas tout, et laissait en particulier en suspens une question délicate : celle du stockage des ouvrages et collections de notre bibliothèque. Pour des raisons techniques, le nouveau bâtiment ne permettait pas de stocker nos collections. Nous cherchions donc des entrepôts à louer, mais sans succès, lorsque le directeur de notre service intérieur, M. Claude Dardel, a découvert ces bâtiments, qui étaient en vente. Nous avons procédé à une étude économique, qui montrait de façon éclairante que l’achat de ces locaux présentait de nombreux avantages, nous permettant de regrouper de façon plus efficace et plus économique les activités de stockage et de diffusion qui se trouvaient au 131, boulevard Saint-Michel et au sein des Entrepôts de Seine-et-Marne. Nous avons pu acquérir le 22 septembre 2010 ce bâtiment auprès du groupe d’assurances Generali qui y abritait ses archives patrimoniales, et avec la direction duquel j’étais personnellement en relation dans le cadre de travaux de recherche. Nous l’avons aménagé en fonction de nos besoins, actuels et prévisibles. Je tiens à dire que jamais cet emménagement n’aurait été à ce point réussi sans le soutien que nous ont apporté le Maire de Charenton et ses équipes, d’une part, et d’autre part sans la formidable mobilisation des équipes concernées à la FMSH, qu’il s’agisse de la Bibliothèque, de la Diffusion ou des Éditions, sans oublier le service intérieur, qui ont, et ce n’était pas seulement au sens figuré, véritablement essuyé les plâtres. Monsieur le Maire, je suis convaincu que nous aurons d’autres occasions de faire appel à votre soutien, mais surtout de participer à l’animation de la vie intellectuelle et culturelle de votre commune. Nos entrepôts ont fait l’objet d’études et de travaux relativement complexes pour les adapter au mieux aux normes qui sont celles de la conservation de fonds de bibliothèque, par exemple à propos du désenfumage, de la sécurité incendie, pour tenir compte du classement ICPE (protection de l’Environnement), nous avons également installé des rayonnages les uns nouveaux, pour la Bibliothèque, les autres récupérés au 54, boulevard Raspail pour les Éditions et la Diffusion. Nos bâtiments ont une surface utile de 1 466m² au rez-de-chaussée et de 1 643 m² au premier étage. Ils accueillent les ouvrages et collections de notre bibliothèque, plus de 500 000 volumes, nos archives, administratives et scientifiques, ainsi que nos services de diffusion et de promotion du livre scientifique en sciences humaines et sociales, FMSH-Diffusion, qui assurent la distribution d’une soixantaine de presses universitaires parmi lesquelles les Presses de la Sorbonne, de l’ENS Lyon, de l’ENSSIB, les Presses de Strasbourg, de Rouen, du Havre, de Rennes, mais aussi du Québec, etc., soit en tout quelque 14 000 références disponibles pour un total de 120 000 ouvrages. Il comporte aussi des bureaux, sur 316 m², qui nous apportent des degrés de liberté très précieux. Martine Ollion, qui dirige notre bibliothèque et nos archives, et Jean-Michel Henny, en charge de nos activités de diffusion et de distribution du livre, auront le plaisir de guider nos invités dans un instant pour leur faire découvrir ces locaux. La FMSH est tout sauf une institution solitaire, ou isolée, retranchée dans une quelconque tour qui serait plus faite d’argile que d’ivoire. C’est une institution ouverte à son environnement, désireuse d’y jouer un rôle. Et c’est une institution qui se renouvelle en profondeur, au point qu’on peut être tenté de parler d’une nouvelle FMSH. Nous demeurons fidèles aux valeurs et aux orientations fondatrices de la Fondation, à l’esprit de Fernand Braudel, tout en nous transformant de manière considérable.

C’est dans cet esprit que Laurent Lévi-Strauss, à qui j’en ai confié la mission, mène la réflexion sur ce que seront les manifestations liées à notre cinquantième anniversaire, dans un an. Je veux dire maintenant quelques mots d’une part de notre dynamique interne, et d’autre part de notre insertion dans des ensembles intellectuels et scientifiques plus larges. La FMSH ne fait pas seulement des efforts, considérables, de modernisation et de réorganisation interne, elle se relance scientifiquement. Au cœur de cette relance, nous avons créé un Collège d’Études Mondiales, et je salue la présence parmi nous d’un titulaire de chaire, Marc Fleurbaey. Le Collège est en effet organisé autour d’une vingtaine de chaires, confiées chacune à une personnalité pour trois à cinq ans, de façon à développer des activités de recherche, des séminaires, invitations de post-doctorants, colloques, etc. Les activités de ce Collège ont déjà commencé, nous accueillons plusieurs post-docs, invités dans les chaires d’Ulrich Beck, de Marc Fleurbaey par exemple. Nous avons eu deux conférences inaugurales, très suivies, de Manuel Castells et de François Jullien, d’autres sont prévues dans les mois qui viennent. Nous avons eu la joie d’apprendre que Craig Calhoun, à qui nous avons confié une chaire, a été nommé à la tête de la London School of Economics. Des groupes de travail fonctionnent, des colloques, des ateliers ont déjà eu lieu, bref, le Collège est sur les rails. Enfin, la FMSH a résolument choisi de s’inscrire dans de nouveaux partenariats, Campus, PRES, et IDEX, dans une perspective que partagent les institutions qui constituent ces partenariats : la création par différents moyens d’un ensemble, compétitif au plan international, susceptible de donner toute leur place aux SHS en France. La présence parmi nous de Jean-Claude Colliard, de Jean-Claude Waquet et de François Weil marque nettement cette ambition partagée et la solidarité qui nous lie. Je les remercie chaleureusement d’être venus aujourd’hui, c’est pour nous tous une marque importante de confiance. La FMSH est membre fondateur du Campus Condorcet, où elle déposera le moment venu ses livres et collections dans le cadre du Grand Equipement Documentaire – elle représentera à elle seule une part très significative du fonds. En même temps, elle disposera dans Paris-Centre d’une salle de lecture et de travail. Autant dire qu’il faudra assurer l’articulation, à tous les niveaux, des deux réalités. En attendant, les équipes de la bibliothèque, en particulier, s’investissent dans la préfiguration du futur Grand Équipement Documentaire. Dès lundi prochain, cinq cadres de la bibliothèque rejoindront, à temps partiel, l’équipe de Condorcet. 

La FMSH a également fait le choix récent d’entrer pleinement, là aussi comme membre fondateur, dans le PRES HESAM, qui rassemble une dizaine d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche de tout premier plan, en bonne partie les mêmes que ceux qui se retrouvent à Condorcet, elle est partie prenante de son IDEX, Paris Novi Mundi Université (PNMU). Tout en maintenant son indépendance, elle entend bien y jouer un rôle important et constructif notamment en faisant bénéficier ces ensembles de son statut de Fondation reconnue d’utilité publique. Je ne vais pas être plus long, je voulais simplement, en prononçant ces quelques mots, vous dire que j’ai la plus vive conscience que la nouvelle FMSH est en bonne compagnie pour se projeter vers l’avenir. 

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