30 juin 2021
Les modes de développement post covid-19 : analyse et propositions

Séminaire BRICS | Mercredi 30 juin

La prochaine séance du séminaire BRICs de l'Inalco 2020-2021(CREE), en partenariat avec l’Université de Paris, l’EHESS –  la FMSH et l’Université Paris Sud, aura lieu mercredi 30 juin 2021 à 18h.

Séance initialement prévue le juin.

Inscriptions :
Pour suivre la séance exclusivement en ligne, par vidéoconférence (Inscription obligatoire) :
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Intervenant : 

Robert Boyer (Institut des Amériques, EHESS, Centre Cournot).

Le virus surprend tant l’Amérique du Nord que les diverses sociétés latino-américaines, contrairement à l’Asie du Sud-Est et l’Afrique, origines de zoonoses dans un passé récent. Face au manque de connaissances sur ce nouveau virus, les responsables, sanitaires et politiques, doivent improviser.

Dans un premier temps, il est essentiel de dresser la liste des facteurs qui déterminent l’ampleur de l’épidémie et des outils mobilisés pour la combattre. Interviennent ainsi le degré d’exposition à la Covid-19, la prise en compte ou non des leçons des précédentes épidémies en matière d’organisation de la santé publique, la précocité des décisions des pouvoirs publics. Ces facteurs interagissent avec les caractéristiques des sociétés en termes de densité des interactions sociales, d’acceptation de mesures de prévention par les populations, de production des biens de santé requis pour limiter la diffusion du virus comme des équipements permettant de traiter des cas graves, plus généralement de la résilience du système de santé en réponse à un surcroit de demande de soins. Outre la complexité  de ces processus, les responsables ont à arbitrer entre trois objectifs de santé publique, de maintien de l’activité économique tout en garantissant les libertés des citoyens.  Il n’est donc pas étonnant qu’une année après, coexistent des trajectoires  nationales, voire régionales et locales, très différents.

En comparaison internationale, l’Amérique Latine fait ressortir une position originale de la plupart des pays. La faiblesse de l’investissement en santé publique implique le recours à une plus grande dureté des mesures de confinement, difficiles à respecter compte tenu du rôle déterminant du travail informel dans la survie des plus défavorisés. Il ressort que les pertes de production donc de revenu sont d’autant plus élevées que le confinement est strict. Au demeurant la fragilité de la base fiscale, aggravée par la réduction de commerce mondial, ne permet pas un soutien suffisamment vigoureux du revenu des plus touchés par l’épidémie. Ce n’est pas le cas de l’Amérique du Nord car le gouvernement des États-Unis peut lancer de vastes plans de soutien au revenu des citoyens en s’endettant en leur propre monnaie, le dollar. En l’occurrence l’absence de reconnaissance du triangle d’impossibilité (santé, économie, liberté) conduit à une perte de contrôle de l’épidémie, une accentuation des inégalités sociales et régionales et une absence de récupération de l’économie. Cette approche transaméricaine de la Covid-19 fait ressortir l’accentuation de notables différenciations Nord/Sud mais aussi au sein de l’Amérique Latine : ni les taux de mortalité cumulée, ni les chutes de l’activité économique ne convergent. Menace commune mais divergence des sociétés, selon un mouvement déjà observé tout au long  du processus  de mondialisation.

Une mise en perspective historique suggère plus une accélération de tendances longues qu’une rupture marquant un infléchissement des trajectoires nationales. Le type d’urbanisation, les conditions de logement, l’informalité du travail et le caractère limité de la couverture sociale et sanitaire sont autant de facteurs qui ont pénalisé la plupart des pays d’Amérique Latine dans leur lutte contre la pandémie. Par contraste dans l’Asie du Sud Est, la Covid-19 incite à une poursuite de la constitution d’une couverture sociale et elle favorise une synergie entre avancées médicales et économie numérique, dans un contexte de retour à une  croissance soutenue. La pandémie met cruellement en évidence l’inégalité d’accès à la santé dans tous les pays, mais dans une moindre mesure pour l’Union Européenne. Le contraste est frappant avec l’Amérique latine mais aussi les États-Unis : les pertes humaines de la Covid-19 s’inscrivent dans la continuité de la divergence des espérances de vie entre les plus riches et les laissés pour compte par la compétition internationale. De la même façon s’approfondit la séparation entre États forts capables de réagir à l’inattendu et les plus faibles dont l’impuissance suscite la colère des oubliés du partage des dividendes de l’internationalisation.

Enfin la course aux vaccins rend manifeste une autre ligne de partage. D’un côté un petit nombre d’économies concentrent la quasi-totalité de la recherche scientifique, technique et médicale, ils se sont ainsi  dotés des moyens d’assurer à terme la sécurité sanitaire sur leur territoire, de l’autre la majorité des pays qui doivent compter sur une solidarité internationale défaillante pour surmonter la pandémie. Or si les gouvernements n’entendent pas sacrifier la mobilité et les échanges internationaux, point de retour à une certaine prospérité économique sans une solution durable à la  crise sanitaire.

Un aggiornamento des stratégies et des politiques de développement peut se déduire de cette analyse. La reconnaissance de la sécurité sanitaire comme prémisse de l’activité économique incite à la constitution d’un réseau international de détection des zoonoses sous l’égide d’une Organisation Mondiale de la Santé aux pouvoirs et responsabilités, étendus jusqu’au financement et la distribution des thérapies et vaccins. Le financement du développement devrait se concentrer sur l’éducation et la santé, pilier d’un mode de développement anthropo-génétique, soit une inversion de la causalité entre croissance et dépenses publiques. Des crédits internationaux spécialement conçus, devraient permettre des politiques contra-cycliques, bloquées par l’impossibilité de s’endetter dans leur propre monnaie dans la plupart des pays qui luttent pour leur développement. Cette percée pourrait être étendue à la lutte contre le changement climatique, soit un mouvement d’institutionnalisation d’une série de Communs mondiaux, à partir desquels pourront être recherchés différents modes de développement nationaux.

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Détails

Les modes de développement post Covid-19
Séminaire en ligne

Mercredi 30 juin
18h - 20h

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Robert Boyer, économiste et ancien directeur de recherches au CNRS et à l'EHESS, est l'un des fondateurs et principaux auteurs de la théorie de la régulation. Il contribue régulièrement au séminaire BRICs. Robert Boyer a publié récemment "Les Capitalismes à l'épreuve de la pandémie" (La découverte, 2020).

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Séminaire

Les Brics dans les crises : ruptures et recompositions

On annonçait une catastrophe écologique, c’est une crise sanitaire en provenance de Chine, non encore éradiquée à ce jour, qui a mis à genoux l’économie mondiale et a conduit au confinement plus de la moitié de l’humanité pendant plusieurs mois.

La pandémie  de la Covid 19 et ses conséquences socio-économiques et géopolitiques exacerbent des tendances qui préexistaient dans l’économie mondiale : remises en cause de la mondialisation y compris dans les BRICs, découplage économique et conflit commercial EU-Chine, contestation des positions hégémoniques des grandes puissances, tendances au bilatéralisme asymétrique, décrochage de certains émergents, inégalités croissantes au sein et entre les économies, surliquidités et faibles rentabilité des capitaux sans oublier les mouvements migratoires et les conflits locaux rémanents. Les projections des institutions internationales (FMI) ne laissent pas présager un retour rapide de la croissance mondiale, mais plutôt une « crise à nulle autre pareille ».

Entre chacun pour soi et coopérations régionales partielles, fragmentées, les gouvernements et certaines instances internationales (dont l’Union Européenne) ont adopté des mesures de protection de l’emploi et de relance de l’activité. Ils envisagent le recours à de nouvelles formes d’intervention en fixant des priorités industrielles, en sanctuarisant certaines activités liées à la santé. De leur côté, les firmes, selon leurs secteurs, leurs localisations, leur degré de dépendance aux chaînes d’approvisionnement pré-covid, procèdent à des ajustements organisationnels (chômage partiel, licenciements et transformation des modes de production) et envisagent des réorientations stratégiques. Dans le même temps, les banques centrales et les institutions financières mettent en place des disponibilités financières pour des montants inédits en espérant par là endiguer la baisse d’activité et accompagner la relance.

Pour comprendre les enjeux de ces transformations profondes sur les BRICs et l’Europe, quatre thématiques articuleront nos réflexions, dans le prolongement des axes de réflexion des années précédentes :

  1. Crise sanitaire et environnementale : les nouvelles liaisons environnement-santé-économie à explorer
  2. Crise macroéconomique et financière : quelles déflagrations, quelles marges de manœuvre budgétaires et monétaires et quelles politiques structurelles pour les surmonter ?
  3. Chaînes de valeur globales, recompositions industrielles et innovation : ce que la crise mondiale va changer
  4. Transformations du travail et de l'emploi et nouvelles inégalités dans les BRICs et les émergents provoquées par les crises économiques

Le séminaire 2020-2021 se tiendra en français et en anglais, couplant les interventions en présentiel et à distance. Comme chaque année, il associera des interventions des organisateurs (Julien Vercueil, Thibaud Deguilhem, Jean-Paul Maréchal, Guilhem Fabre, Xavier Richet, Michel Schiray) à des interventions de chercheurs invités.

PROGRAMME DES SEANCES   

- 7 octobre 2020 (18h00-20h00, Maison de la recherche, Sallle L2.05, 2 rue de Lille et en ligne, réservation nécessaire).
Michel Aglietta (CEPII). Les transformations du capitalisme à la poursuite d’une écologie politique. Enjeux d’une nouvelle régulation.

- 21 octobre 2020 (18h00-20h00, exclusivement en ligne, réservation nécessaire)
Arun Kumar (JNU). India and the SARS-Cov-2 Epidemic (preliminary title).
 
- 4 novembre 2020 (18h00-20h00, Maison de la recherche, Salle L2.05, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire).
Mstislav Afanasiev (HSE Moscou, Russie) : la politique de développement face au défi des inégalités (à confirmer).
Discutant : Julien Vercueil (Inalco)

- 18 novembre 2020 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire).
Giovanni Balcet (univ. Torino), Xavier Richet (UdP). Les enjeux et les coûts du découplage Chine-Etats-Unis. Le cas de l’automobile.
 
- 9 décembre 2020 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Brésil : inégalités et trajectoires sociales. Intervenants à confirmer.

- 13 janvier 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Transformation des politiques monétaire et financière de la Chine. Yuan Zhegang (université de Fudan, Shanghai).
 
- 27 janvier 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Le Maroc et son insertion dans les chaînes globales de valeur – Intervenants à confirmer.
 
- 10 février 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Politique agricole, environnement et développement des cultures OGM en Chine. Intervenant à confirmer.
 
- 3 mars 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
India – China. Intervenant à confirmer.
 
- 17 mars 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Réponses comparées des systèmes de santé à la crise sanitaire. Intervenants à confirmer.
 
- 07 avril 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Relations monétaires dans les BRICs – le cas de la Russie. Intervenant à confirmer.
 
- 21 avril 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Enjeux économiques de la relation Chine-Hong Kong. Intervenant à confirmer.
 
- 19 mai 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Un autre regard sur les BRICs dans la régulation mondiale – Intervenant à confirmer.
 
- 09 juin 2021 (18h00-20h00, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, réservation nécessaire) 
Séance à confirmer.
 
- 23 juin 2021 (18h-20h, Maison de la recherche, 2 rue de Lille 75007 Paris et/ou en ligne, en fonction de la situation sanitaire)
Séance à confirmer.

Nota Bene : Le séminaire BRICs intégre la Maison de la Recherche de l’INALCO (2, rue de Lille, 75007 Paris). En fonction de la situation sanitaire et des intervenants, la séance pourra être hybride ou exclusivement en ligne. Précisions sur le carnet https://brics.hypotheses.org.
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Organisateurs : Julien Vercueil (Inalco), Thibaud Deguilhem (UdP), Jean-Paul Maréchal (UPSud), Guilhem Fabre (émérite, Université Montpellier), Xavier Richet (émérite, UdP), Michel Schiray (émérite, EHESS).

Contact scientifique : julien.vercueil@inalco.fr (attention, pour les inscriptions aux séances, se reporter au formulaire d'inscription situé sous l'annonce de la séance)

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Séminaire BRICS 2020-2021

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