08 octobre 2018

Genre, nation et laïcité

Séminaire Géopolitique de la connaissance et justice sociale - Lundi 8 octobre

Dans la colonialité du genre, il y a cette idée que pour se libérer, les femmes doivent renoncer à l’islam et s’inscrire dans la narration séculière. Cette dernière va de pair avec le féminisme blanc, où libérer les femmes musulmanes et les minorités sexuelles, consiste à les sauver de l’islam. Cantonner au religieux le féminisme musulman, ou croire qu’il n’est qu’une résistance contre un patriarcat religieux, c’est oublier sa visée première : mettre en tension les cadres perceptifs, cognitifs et imaginaire de la racialisation de l’islam et des musulmanes, cadres à l’intérieur desquels le pouvoir racial genré tente d’homogénéiser et d’invisibiliser les musulmanes et de rendre leurs paroles inaudibles. Pour cette raison, à partir d’une perspective féministe et décoloniale, les intervenants essayeront de décrypter le lien entre genre, nation et laïcité non seulement dans le cadre européen (notamment la France) mais aussi africain.

Séminaire organisé par Luis Martínez Andrade, post-doctorant invité au sein de la chaire Global South(s) et de l'initiative de recherche Mouvements sociaux à l’âge global.

 

Intervenants

Leila Benhadjoudja, professeure adjointe à l’École d’études sociologiques et anthropologiques de l’Université d’Ottawa. Ses champs d’intérêt en recherche portent sur les théories féministes postcoloniales et décoloniales, la sociologie du racisme et les relations interethniques. Elle travaille pour le moment sur des projets de recherche où elle s’intéresse aux questions liées à l’intersection de la race/genre/sexualité et classe, et à l’articulation de la citoyenneté dans un contexte de racisation des communautés musulmanes au Canada. Elle a écrit plusieurs articles et a co-dirigé Le Québec, la Charte, l’autre : et après ? (Montréal, Québec: Mémoire d’encrier, 2014).

Sonia Dayan-Herzbrun, sociologue et philosophe française, professeure émérite à l'université Paris-Diderot. Ses recherches portent sur les théoriciens socialistes, notamment ses premiers travaux où elle s’intéresse à Ferdinand Lassalle et à Marx. Elle a consacré trois ouvrages à cette question, dont la présentation et la traduction de la correspondance Marx-Lassalle (PUF, 1978). Elle a depuis notamment publié une nouvelle traduction et une nouvelle édition de la Critique du programme de Gotha. Elle s'intéresse également aux études féministes, appréhendées sous l’angle du genre. Elle a établi pour l’ONU, en 1987 un rapport sur les femmes des territoires palestiniens occupés, et poursuit des travaux sur le genre au Moyen-Orient, en particulier dans ses relations avec le politique, dans une perspective post-coloniale. Elle s’intéresse aux relations entre esthétique, politique et théorie critique, sur le plan de la domination, de la résistance et de l’émancipation.

Giscard Loando Bakombo, docteur en Philosophie de l’université catholique du Congo. Il enseigne à la Faculté des sciences sociales, administratives et politiques de l’université de Mbandaka en République démocratique du Congo. Il s’intéresse aux questions environnementales, du développement humain mais aussi genre.

 

Détails

Séminaire

Lundi 8 octobre
16h-19h

Salle BS1-28

FMSH | 54 Bd Raspail, Paris 6

Entrée libre

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