Visions professionnelles sur des éléments de preuve à la Cour pénale internationale

Créée en 2002 pour juger les crimes de masse (crimes de guerre, crimes contre l'humanité, génocides), la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye fait face de manière structurelle à trois types de distances problématiques : distance avec le terrain des crimes, distance temporelle entre le moment de la commission des crimes et l’ouverture du procès, distance culturelle entre les témoins qui rapportent des faits, des usages, des coutumes, et la cour. Ces distances structurelles rendent particulièrement fragile l'établissement des faits.

Fondé sur une alliance des outils de l'art et des sciences humaines et sociales, le projet pose la question de l'équipement conceptuel et matériel dont les juges ont besoins pour réduire ces distances. Il évaluera les apports des différentes « visions professionnelles », concernées par un même terrain mais sans contact entre elles. Des plateformes de travail interdisciplinaires et internationales proposeront ensuite des dispositifs permettant de mobiliser ces « visions professionnelles ».

Porteur du projet

Milena Jaksic, Institut des Sciences sociales du Politique - CNRS