20 février 2019

Persécution et survie des juifs en France, 1940-1944

Débat entre Laurent Joly et Jacques Sémelin - Mercredi 20 février

Pourquoi, dès l’été 1940, le régime du maréchal Pétain a-t-il impulsé une politique antisémite ? Pourquoi a-t-il accepté de contribuer aux déportations massives décidées par l’occupant en 1942 et d’assumer pleinement ces opérations, à Paris comme en zone libre ? Comment et pourquoi une large majorité de juifs (75 %) ont-ils, au bout du compte, pu échapper à la mort en France en dépit du plan d’extermination nazi et de la collaboration du régime de Vichy ? Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe, dont les Français ont encore peu conscience ?

Sur Vichy et la Shoah, on pensait tout savoir. Les deux livres de Jacques Semelin (La survie des juifs en France, 1940-1944, CNRS Éditions) et de Laurent Joly (L’État contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite, 1940-1944, Grasset) démontrent qu’il reste encore beaucoup à découvrir. Tous deux écrivent une histoire à hauteur d’hommes et montrent combien une approche au plus près des réalités concrètes des individus est en mesure d’expliquer le bilan de la Shoah en France : les tactiques et ruses du quotidien ayant permis aux persécutés d’échapper aux rafles et déportations ; les marges de manœuvre des policiers et les pesanteurs bureaucratiques, qui ralentissent le processus de destruction. En toile de fond, la politique nazie et le régime de Vichy, tenus de prendre en compte ces obstacles multiples apparus dès 1942 dans l’appareil d’État et la société française contre ces arrestations massives d’innocents.

 

Détails

Plateforme Violence et sortie de la violence

Mercredi 20 février 2019 | 18h00 - 20h00
Sur inscription

Salle A3-35 (3e étage)
FMSH | 54 Bd Raspail - 75 006 Paris

 

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Directeur de recherche au CNRS (Centre de recherches historiques, EHESS, Paris), Laurent Joly travaille sur l’histoire de la persécution des juifs sous l’Occupation. Ses recherches ont plus particulièrement porté sur la dimension bureaucratique de la politique antisémite de Vichy : Vichy dans la « Solution finale » (Grasset, 2006) ; L’Antisémitisme de bureau (Grasset, 2011). Il a récemment publié un essai de synthèse sur ses recherches menées depuis vingt ans : L’État contre les juifs. Vichy, les nazis et la persécution antisémite (1940-1944) (Grasset, 2018, 366 p.). Il est également spécialiste de l’histoire de l’extrême droite française, plus particulièrement de l’activisme antisémite et de l’Action française : Darquier de Pellepoix et l’antisémitisme français (Berg international, 2002) ou Naissance de l’Action française (Grasset,

Historien et psychologue de formation, politologue, Jacques Semelin est directeur de Recherche émérite au CNRS (CERI-Sciences Po). Ses travaux ont d’abord porté sur les formes de résistance civile au sein de systèmes politiques autoritaires voire totalitaires : Sans armes face à Hitler (Les Arènes, 1989, 2013) et Quand les dictatures se fissurent… (Desclée de Brower, 1995). Il s’est ensuite concentré sur l’analyse des processus génocidaires et violences de masse à partir des cas de la Shoah, du Rwanda et de la Bosnie : Purifier et Détruire, Usages politiques des massacres et génocides (Seuil, 2005, 2017). Il a ensuite croisé ces deux objets pour examiner les pratiques de sauvetage en situations génocidaire et problématiser la notion de survie dans son dernier livre : La survie des Juifs en France (1940-1944) (CNRS édition, 2018). Ses ouvrages sont traduits en plusieurs langues, entre autres en anglais, chez Hurst (Londres),  Columbia et Oxford University Press (New York).


En savoir +

Conférence de Jacques Sémelin le 6 décembre 2018 | Autour de son dernier ouvrage La survie des juifs en France. 1940-1944

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