05 décembre 2018

La constitution des collectifs

Maison Suger | Mercredi 5 décembre 2018

Troisième séance du séminaire international de sémiotique à Paris 2018-2019
 

  • Première partie
    Jean-François Bordron | Participation, diathèse et expression. Quelques réflexions sur l’actant collectif
  • Deuxième partie
    Ivan Darrault-Harris | Quand le groupe familial est menacé d’implosion. Mythologie et chocs événementiels: le cas Béatrice

JEAN-FRANÇOIS BORDRON
PARTICIPATION, DIATHESE ET EXPRESSION. QUELQUES REFLEXIONS SUR L’ACTANT COLLECTIF

La question est la suivante : lorsque l’on construit un être collectif, quelle que soit sa nature, on a toujours affaire avec un problème d’hénologie. Celui-ci peut se comprendre de différentes façons selon que l’on considère le problème logique, en particulier méréologique, selon que l’on conçoive l’attitude fondamentale (diathèse) des acteurs nécessaire à cette unification, ou encore selon que l’on tienne compte des nécessités symboliques de l’expression.
Dans tous les cas, le cadre qui sous-tend l’ensemble logique, grammatical, symbolique est la dialectique dans son sens premier, platonicien.

A | Le problème logique de l’actant collectif (qui peut être sujet ou objet dans ce cas), se situe à l’interface de trois conceptions :
- une conception ensembliste
- une conception méréologique
- une conception narrative liée à une logique des états (états de chose, processus, événements).

B | Nous utilisons le terme de diathèse pour désigner les attitudes nécessaires à l’intégration des personnes individuelles dans un groupe.
A la suite de Sartre, nous distinguerons les totalités sérielles de ce qu’il appelle des groupes. Le passage de l’une à l’autre forme de totalité correspond à la dialectique de ce qu’il nomme les ensembles  pratiques.
Nous insisterons plus particulièrement sur l’institution du serment.

C | L’importance de la mythologie, et plus particulièrement des formes symboliques, dans la formation des sociétés a été reconnue par les anthropologues (Lévi-Strauss, Mary Douglas) et les philosophes (Cassirer). Nous chercherons à comprendre l’efficience de ces expressions dans la constitution des totalités sociales.

 

IVAN DARRAULT-HARRIS
QUAND LE GROUPE FAMILIAL EST MENACE D’IMPLOSION. MYTHOLOGIE ET CHOCS EVENEMENTIELS: LE CAS BEATRICE

Le cas Béatrice (présenté en détail dans Pour une psychiatrie de l’ellipse, Pulim, 2010, 3ème éd., pp. 141-193) éclaire singulièrement la déstabilisation de l’actant collectif « mesnie » (enfants légitimes et enfants accueillis) fondé sur un tissu de croyances constituant une véritable mythologie, progressivement découverte.
Béatrice devient un héros tragique (au sens d’une tragédie moderne) qui, se sacrifiant à la place de sa «sœur» Mélanie (enfant accueillie destinée au Malheur), bouscule la mythologie en place et permet à sa famille et à la mesnie de rompre la Malédiction et de se rassembler autour d’une mythologie renouvelée.
Le cas Béatrice éclaire donc la vieille opposition entre structure et événement (cf. Paul Ricœur, « La structure, le mot, l’événement » , Esprit, 5, 1967, pp. 801-821), en mettant en lumière les événements spécifiques, sortes de scandales, qui contraignent à un changement structurel.

Détails

Séminaire La constitution des collectifs

13h45-17h

Maison Suger
16-18, rue Suger, 75006 Paris
(métro Saint-André-des-Arts ou Saint-Michel)

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