21 novembre 2018

La constitution des collectifs

Maison Suger | Mercredi 21 novembre 2018

Deuxième séance du séminaire international de sémiotique à Paris 2018-2019

  • Première partie
    François Rastier : La fédération des sciences de la culture : quelques enjeux intellectuels, scientifiques et académiques
  • Deuxième partie
    Veronica Estay Stange : Enjeux sémiotiques d'un collectif improbable : enfants de bourreaux pour les droits de l'homme

 

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FRANÇOIS RASTIER
La fédération des sciences de la culture : quelques enjeux intellectuels, scientifiques et académiques.

 
Les questions récurrentes sur la place de la sémiotique ne reçoivent pas de réponse unifiée car faute d’avoir réfléchi le projet intellectuel des sciences de la culture, la sémiotique hésite à déterminer son objet, son champ spécifique (le « Sens »  en est-il un ?) et se présente depuis un demi-siècle comme un « projet » nécessairement imprécis, en espérant d’autant mieux coller à l’actualité, non sans multiplier les gestes fondationnels. Dans l’attente, les dictionnaires, bibliographies et doxographies, quelle que soit leur utilité didactique, ne semblent que des pis-aller académiques.
Épistémologie, méthodes, observables paraissent susciter un embarras dont ni les théories générales de la communication ni les philosophies de la vie n’ont guère permis de sortir. Quand la sémiotique aura rompu avec la tuttologia (selon Eco), elle pourra déterminer sa place au sein du réseau interdisciplinaire des sciences de la culture — mais aussi avec d’autres champs, comme celui des sciences logico-formelles et celui des sciences de la nature. Nous donnerons des exemples « vécus » de collaborations entre disciplines.
Pour détailler enfin la question initiale, nous chercherons à préciser le rapport entre la sciences de la culture et la sémiotique des cultures, sans préjuger d’autres domaines majeurs, comme la zoosémiotique.

 

VERONICA ESTAY STANGE
Enjeux sémiotiques d'un collectif improbable: enfants de bourreaux pour les droits de l'homme

« Histoires Désobéissantes : enfants et familles de tortionnaires pour la mémoire, la vérité et la justice » est le premier – et pour l’instant le seul – groupe dans l’histoire des meurtres de masse à se constituer (Buenos Aires, 2017) en tant que collectif à proprement parler autour des descendants de bourreaux qui, reconnaissant les crimes commis par leurs parents - tortures et meurtres pendant les dictatures latinoaméricaines -, les condamnent ouvertement pour prendre à leur compte la défense des droits de l’homme.
Le groupe a récemment décidé de publier un livre, Écrits Désobéissants, qui contient des textes de ses membres. Centrée sur l’analyse de ces différents écrits, cette intervention se propose de revenir sur le concept d’« actant collectif » en sémiotique afin de mettre en évidence les conséquences discursives et éthiques d’une « collection d’acteurs » fondée moins sur le partage d’une « compétence modale » positive (comme l’envisage la définition classique du terme), mais sur un « déchirement modal » commun, dont la conséquence attendue serait, paradoxalement, l’exclusion et l’isolement. C’est ce paradoxe de constitution du collectif que nous entendons interroger.

Détails

Séminaire

Maison Suger

16-18, rue Suger

13h45-17h

75006 Paris
(métro Saint-André-des-Arts ou Saint-Michel)

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