20 avril 2018

Seconde rencontre du Groupe de réflexion sur les radicalisations

Rencontre - Vendredi 20 avril

Seconde rencontre du Groupe de réflexion sur les radicalisations dans le cadre de l'Observatoire des radicalisations de la Plateforme Violence et sortie de la violence.

Animé par les directeurs de l'Observatoire des radicalisations : Farhad Khosrokhavar, Jérôme Ferret et Adil Jazouli

Interventions de Léa Kalaora, Fatiha Kaoues, Veronica Martins, Nicolas Mitrévich et Petra Pelletier.

 

| Les femmes radicalisées en France : observations cliniques, Léa Kalaora

Dans le cadre de sa thèse réalisée à l’UFR d’études psychanalytiques de Paris-7 et intitulée provisoirement « Radicalisation islamiste et genre : la radicalisation chez les femmes en France », Léa Kalaora mène depuis plusieurs mois des entretiens cliniques de recherche en milieu carcéral avec des détenues accusées d’association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste.

Dans les entretiens, elle s’intéresse autant à la montée dans la radicalisation à laquelle elle n’a accès que rétrospectivement, qu’à ce qui se passe pour ces femmes au moment où elles lui parlent, notamment aux effets traumatiques de la guerre, aux effets de l’incarcération et de la séparation familiale. Léa Kalaora accorde en effet une place importante dans sa recherche au lieu d’où elles lui parlent, c’est-à-dire la prison, et aux effets de cette institution sur les processus de subjectivation. Elle présentera le cadre et le terrain de cette recherche de même que ses premières pistes d’analyse.

| Les ONG confessionnelles au défi de la radicalisation, Fatiha Kaoues

De nos jours, les ONG confessionnelles sont majoritaires parmi les acteurs des champs du social et du développement. Elles sont en première ligne dans les zones de conflits et s'adossent à des valeurs spirituelles dans leur traitement des problèmes sociaux. Fatiha Kaoues présentera deux ONG, World Vision et la Ligue islamique mondiale, agissantes en Europe et dans le monde arabe et qui développent des réponses différenciées vis à vis de la violence se réclamant de la religion.

Elle évoquera enfin une recherche en cours sur le champ associatif français et des pistes de réponse qu'elles élaborent pour penser soutenir un espace de convivence pacifique entre religions et cultures, dans un contexte doublement contraignant (une laïcité offensive d'un côté, une actualité nourrie de drames liés au "djihadisme" de l'autre).

| La lutte contre le terrorisme au Maroc : sa « diplomatie religieuse » comme instrument de contre-radicalisation en France, au Royaume-Uni et au Mali ? Veronica Martins

Cette étude vise à analyser la politique anti-terroriste du Maroc – succès et limites- et en particulier la diplomatie religieuse qui met en avant le volet religieux de cette politique et pourquoi elle suscite l’intérêt de la France, du Royaume-Uni et du Mali dans le cadre des efforts déployés en matière de contre-radicalisation. La question de recherche est la suivante : quelle(s) contribution(s) la diplomatie religieuse du Maroc peut-elle apporter à une politique efficace de contre-radicalisation et prévention du terrorisme islamique en France, au Mali et au Royaume-Uni? Il s’agit de comprendre dans quelle mesure la politique de formation des cadres religieux préconisée par le Maroc peut contribuer à la politique de contre-radicalisation des trois États en question, basé notamment sur la perception nationale de ce modèle. Il s’agit également de comprendre les facteurs qui favorisent ou empêchent l’adoption du modèle marocain. Dans ce contexte, Veronica Martins explore ce qui se fait au Maroc, mais aussi en France, au Royaume-Uni et au Mali en matière de prévention terroriste, notamment en ce qui concerne la formation de cadres religieux, puis la dimension bilatérale de la relation entre le Maroc et chacun de ces pays dans ce domaine. Ce projet de recherche est en cours, mais les premiers résultats du travail de terrain qui a déjà pu être effectué pour la France et le Mali seront présentés. D’autres entretiens devront être réalisés et l’étude de cas du Royaume-Uni développée. En conséquence, les conclusions présentées sont provisoires.

| L’extrême droite en mouvement : le cas de Génération Identitaire. Contribution à une analyse sociologique des processus de radicalisation politique, Nicolas Mitrévitch

L’objectif du travail de Nicolas Mitrévitch est de questionner les sociabilités militantes, plus précisément dans la fédération parisienne de Génération Identitaire, une organisation de jeunesse politique radicale d’extrême droite. Nombre de travaux sur les sociabilités militantes ont fait état d’une nécessaire mise en relation de sociabilité ordinaire au sein des différents milieux sociaux (familial, professionnel, amical, politique, etc.) pour rendre compte de l’intégration des individus dans les organisations politiques. Ce qui caractérise les milieux sociaux d’origine et les réseaux d’intégration des membres de la fédération parisienne de Génération Identitaire, c’est leur extrême hétérogénéité sociale. Tout l’intérêt de sa recherche réside donc dans sa capacité à rendre compte de cette sociabilité militante, capable de faire tenir les membres entre eux, bien qu’il n’existe pas à priori d’expérience ni de contexte homogène favorable.

| L’approche psychosociale du terrorisme : Origines et conséquences des actes radicaux, Petra Pelletier

Le principal objectif de cette intervention sera de présenter la synthèse des travaux de recherche de Petra Pelletier, portant sur les conséquences psychosociales des attaques terroristes auprès de la population et d’apporter une perspective psychosociale des mécanismes qui se situent à l’origine de la radicalisation des individus. Plus spécifiquement, les principaux résultats de ses recherches apportent une meilleure compréhension des réactions émotionnelles, sociales et comportementales des citoyens suite à une attaque terroriste. Par ailleurs, ses recherches menées sur le terrain après l’attentat de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 à Paris et l’attentat du 22 mars 2016 à Bruxelles en Belgique contribuent à élucider la construction sociale des phénomènes macro-sociaux complexes, tels que le climat socio-émotionnel d’un pays, à partir des émotions ressenties au niveau individuel par des personnes après une attaque terroriste. Pour finir, ses intérêts de recherche actuels qui se situent principalement au niveau de l’étude des mécanismes motivationnels et identitaires qui sous-tendent les origines de la radicalisation des personnes seront discutés.

Détails

Rencontre

vendredi 20 avril
14h-18h

A3-35
FMSH | 54, bd Raspail, Paris 6

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