16 mai 2017

Migrants, réfugiés, la politique interroge la clinique

Séminaire de l'Association Française des Anthropologues

Présentation et débat autour du n° 43 de la revue Psychologie Clinique (éd. EDP/EDK) « migrants, réfugiés, la politique interroge la clinique» (sous la direction de B. Piret et O. Douville). En présence d'Olivier Douville et de Monique Sélim

Olivier Douville, psychanalyste, psychologue clinicien, Directeur de publication de la revue Psychologie clinique, maître de conférences et membre du Laboratoire CRPMS (Centre de Recherches Psychanalyse, Médecine et Société) de Paris 7 Denis- Diderot a publié récemment les Figures de l’Autre. Pour une anthropologie clinique, Paris, Dunod, 2014. Il présentera le dernier numéro de la revue Psychologie clinique, Migrants, réfugiés, la politique interroge la clinique.

Ce numéro est issu d’une demande que la rédaction de Psychologie Clinique a faite à l'équipe de Parole sans frontière de coordonner un dossier consacré aux nouveaux aspects de la clinique de l'exil, souvent marqués par des ruptures violentes d’avec le sol natal.  C'est l'occasion de faire le point sur cette clinique à partir de l'expérience de Parole sans frontière, ,dispositif particulier qui a évolué mais dont la première mise en place remonte à 24 ans à Strasbourg,  et d’autres centres dont l’équipe du Centre de Santé Mentale « Ulysse », à Bruxelles qui a pour objet l'accueil et la prise en charge globale des personnes exilées, en précarité de séjour et en souffrance psychologique, quels que soient leur pays d'origine, leurs appartenances et les raisons de leur exil. La mondialisation du marché et les violences des conflits et des guerres civiles sont deux facteurs propices à la circulation des personnes hors de leur pays d’origine, à la recherche pour beaucoup d’entre eux d’un leu d’asile où la survie est possible.  
On mesure alors que les enjeux de la clinique sont interrogés par la politique. Les dispositifs cliniques sont aussi tributaires de la façon dont les thérapeutes et les autres professionnelles qui y travaillent prennent position par rapport aux discours dominants à propos de l'immigration, des réfugiés, des « sans-papiers », de la précarité, etc.) et sanitaires (à propos de la manière dont est désormais définie la santé mentale et les critères de normativité qui redéfinissent la souffrance sociale et la souffrance psychique). 
Les cliniques de l’exil étant de plus en plus des cliniques qui rencontrent la réalité des exclusions et des déracinements violents, ne saurait être une clinique strictement inter ou intra culturelle. Le fait d’infléchir la notion d’écart culturelle ou d’étrangeté culturelle à toute rencontre entre un dispositif de santé et les personnes dites « étrangères » qui lui sont adressées rêvent à méconnaître avec un certain acharnement la façon dont les modes de vie, d’espérer, voire de souffrir de bien des exilés actuellement ne se réduisent pas à des compromis entre modernité et tradition, mais renvoient à la dimension de la légitimité d’exister et de trouver des points d’accueil dans nos institutions.   
Ce numéro a l’ambition de maintenir vivante la prise en compte de l’inconscient dans cette clinique. Il fallait alors ouvrir des débats avec la façon dont sont pensés et mis en œuvre des dispositifs. Comment l’inconscient se faufile-t-il dans des situations d’interlangues ? Comment travailler avec des interprètes ?

Détails

Maison Suger  | 15-18 rue Suger | 75006 Paris

16 mai 2017 | 11h-13h

Accès libre

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Séminaire