21 avril 2017

Formes de domination et voies d’émancipation

Un paradigme indianocéanique ?

Journée d'étude Mondes caraïbes et transatlantiques en mouvement

À la différence du monde caraïbe actuel au centre des réflexions collectives menées par le groupe MCTM depuis 2015, structuré à partir du choc chaotique de la rencontre avec l’Occident, l’océan indien est un espace très ancien d’échanges de circulations des hommes, des idées et des plantes constitué bien avant les incursions européennes.

Cet ensemble régional s’est cependant construit, à partir du XVIIIe siècle surtout, dans l’interaction entre des sociétés de plantation (Mascareignes) et des entités politiques africaines continentales et insulaires, elles-mêmes le plus souvent profondément inégalitaires. L’abolition de l’esclavage, l’intensification de migrations de travail venues d’Inde et la généralisation d’emprises coloniales multiples ont reconfiguré et complexifié l’asymétrie fondatrice des ordres politiques locaux. Madagascar, la Réunion, Maurice et la Tanzanie héritent de modèles de domination pluriels moins juxtaposés qu’entrelacés. Les traces, parfois encore repérables aujourd’hui, de projets nationalistes anciens rappellent l’ambiguïté de visions émancipatrices souvent partielles qui ont accompagné la décolonisation. De fait, les sociétés concernées sont loin de vivre de façon homogène un présent qui actualiserait aussi bien les promesses des abolitions de l’esclavage comme celles des indépendances.

Détails

Journée d'étude

Université Paris Diderot | salle M019

Place Paul Ricœur | 75013 Paris

21 avril | 9h-18h

Accès libre

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C’est néanmoins dans un même mouvement que nous désirons appréhender cette région du monde, au-delà de la simple description d’une mosaïque de cas particuliers, à la recherche de logiques communes de production et de contestation d’inégalités aux racines anciennes. Il nous faudra rendre compte aussi bien des signes persistants de contrôles sociaux répressifs, des marques toujours vives de phénomènes d’exclusion enkystés dans les relations sociales, comme de voix discrètes ou plus audibles en quête de justice. A travers l’analyse d’interprétations contradictoires du fait colonial, de pratiques religieuses oscillant entre conservatismes et dissidences, de violences institutionnelles ordinaires et enfin du jeu discordant des mémoires collectives, nous chercherons à sonder les spécificités d’un possible paradigme politique indianocéanique.

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