16 décembre 2016

Tracer et transgresser, construire et déconstruire les limites en contexte (post)colonial

Cette journée d'étude s’inscrit dans le cadre des travaux de la focale « Médiations » de l’UMR « Passages », CNRS, Université Bordeaux-Montaigne

En collaboration avec : 

  • « Mondes Caraïbes et Transatlantiques en Mouvement » (MCTM)
  • Fondation Maison des Sciences de l’Homme Paris (FMSH)
  • UMR « Passages », CNRS, Université Bordeaux-Montaigne,
  • CESSMA/Paris Diderot) ; le LLCP/Paris 8 ; l’Institut du Tout-Monde et l’ENSAP-Bx
 
L’expérience de la subalternité coloniale se fonde sur une dépossession de l’espace. Quadrillé et normé par l’autorité impérialiste qui le conquiert, cet espace renvoie à des pratiques multiples, souvent inédites ou spécifiques où se négocie incessamment la possibilité d’une affirmation de soi, au sein d’un dispositif plus ou moins totalisant, déclinant les formes de la violence coloniale. La notion de tabula rasa souvent reprise pour décrire l’entreprise esclavagiste européenne dans le Nouveau Monde ou dans l’Océan Indien, incarnerait l’ultime degré de cette dépossession où l’espace conquis comme le corps esclavagisé sont destinés à être vidés de leur existence propre. Cette journée d’études propose d’explorer les voies que peuvent emprunter ces pratiques d’une négociation rendue forcément fragile. Elle s’intéresse d’abord à la construction, au sens premier du terme, en envisageant les « architectures » comme une médiation en tension permanente entre les techniques nécessaires à l’assise d’un pouvoir arbitraire et les manières d’en déjouer le sens et de créer ou de transmettre, à la façon de contre-narrations, des « contre-architectures » coloniales : autant de lieux plus ou moins visibles où s’affirment des obstinations à occuper un « ailleurs », ou à conserver sourdement des habitudes de se localiser tenues à distance du colon et protéger un « être-là » ou encore à composer dans les interstices du bâti colonial jusqu’à intégrer ce dernier pour mieux le détourner. Par-delà cet intérêt pour l’architecture, c’est le tracé de la limite en contexte (post)colonial qui retient l’intérêt pour montrer comment sa puissance s’exerce et s’impose tout en donnant lieu à des torsions et des déformations. Sur ce plan, on s’attachera autant à la cartographie mentale de l’utopie/dystopie coloniale et à sa concrétude incarnée dans les espaces conquis, qu’aux différentes pratiques qu’elle génère, notamment celles qui mobilisent le corps censé performer le sens assigné aux lieux mais se mouvant aussi en altérant et en transgressant les spatialités normatives. En ce sens, l’urbanité n’a pas le monopole de la tension entre la force du code injonctif matérialisé et ses possibles contestations et cette rencontre se veut aussi une occasion d’envisager les lieux du colonial et du contre-colonial au travers d’un ensemble d’entités localisées capables d’exprimer cette tension dans tous les espaces qu’elle occupe et qu’elle prend pour moyen de se manifester.
 
Avec :
  • Didier Nativel, Historien, Université Paris 7-Diderot, CESSMA et MCTM : Trano biriky et Madeira e zinco. Architecture, « chair de la ville » et citadinité en contexte colonial dans l’Ouest de l’océan Indien (fin XIXe-années 1960)
  • Gilles-Antoine Langlois, historien, Passages-ENSAP Bordeaux : Pourquoi s’intéresser à l’architecture créole de la Nouvelle Orléans ?
  • Béatrice Collignon, géographe, Passages-Université Bordeaux Montaigne : Se conformer et résister aux limites des autres. Pratiques inuit des espaces redessinés par les Qallunaat en Arctique central canadien
  • Irène Hirt, géographe, CNRS, Passages : L’aménagement du territoire et la question de la différence culturelle. De l’invisibilité à la visibilisation des peuples autochtones
  • Christine Chivallon, géographe-anthropologue, CNRS, Passages et MCTM : Le corps en marche pour performer son histoire. Déambulations transgressives dans les paysages antillais
  • Pierre-Yves Trouillet, géographe, CNRS, Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud, EHESS Paris : Des temples hindous à Maurice : construire et multiplier les lieux communautaires en contexte colonial et postcolonial
  • Serge Briffaud, historien, Passages-ENSAP Bordeaux et Morgane Robert, doctorante Passages-ENSAP Bordeaux : Dans les marges de l’espace (post)colonial. Paysages marrons de la Réunion
  • Linda Boukhris, géographe, Université Paris I Panthéon Sorbonne, EIREST, Penser la transgression des spatialités normatives à partir de la performance artistique : « Affranchissons » de Jean-François Boclé
  • Matthieu Renault, philosophe, Université Paris 8, LLCP et MCTM : Politiques de la géophilosophie : colonialisme et capitalisme
Discussions conduites par Guy Di Méo, géographe (Passages-Université Bordeaux Montaigne) et William Berthomière, géographe (CNRS, MIGRINTER)
 
Contacts : ; ;

 

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Détails

Localisation : Campus de Pessac, Maison des Suds, 12 Esplanade des Antilles, Amphithéâtre
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Journée d'étude