Anthropologie des élections à partir de l’Afrique

Monde(s) en mutation

Que peut nous enseigner une approche comparative de la crise de la démocratie représentative à partir de l’Afrique ? Partant de la perte de pertinence des cadres nationaux et locaux, ce programme s’attaque au nœud central de l’ordre politique global en questionnant le lien étroit entre démocratie et élection. Il postule que l’Afrique permet de comprendre le socle théorique et pratique de la démocratie à travers les modalités de désignation des gouvernants et les procédés de leur légitimation. En dépit de l’importance que les théorisations actuelles accordent au vote, ce dernier n’est pas le seul mode légitime de dévolution du pouvoir en démocratie. Dénouer la confusion entre vote et élection ouvre non seulement la possibilité d’examiner ceux qui comprennent d’autres formes de mobilisation – y compris la violence/guerre – mais aussi de s’attaquer à la question fondamentale de toute légitimité.
 
Ce programme considère que l’élection est justiciable d’une approche anthropologique de terrain. Il comporte deux volets : l’un empirique, l’autre théorique. Le volet empirique met à l’épreuve les cas où le choix final du gouvernant est consacré par des procédures qui dépassent la seule arithmétique du vote et qui peuvent trouver leur dénouement dans des « violences ou guerres électorales ». Les premiers travaux ont commencé en 2015 par des enquêtes exploratoires en Côte d’Ivoire et au Congo Brazzaville. Le second volet est un ensemble de manifestations (colloques, séminaires, journées d’études) où seront conviés des collègues qui travaillent sur des élections à partir d’autres continents. Ces manifestations scientifiques seront autant d’occasions de construire/déconstruire les concepts, notions, outils.