06 juillet 2016

Etudiants et diplômés africains formés dans les pays socialistes : réflexions autour de la notion d' "élites" et de son utilisation sur le terrain

Utilisée dans les sciences sociales, souvent « faute de mieux », la notion d'élites suscite doutes et soupçons (Busino, 1992). Elle n'en fait pas moins partie des notions centrales et demande à être explicitée, tant sa définition et son utilisation sont sujettes à variations et à désaccords (Heinich, 2004). Elle a permis aux chercheurs du programme ELITAF de désigner les milliers d'anciens étudiants et diplômés africains formés en URSS/Russie (Yengo, 2011) et dans les autres pays de l'ancien « bloc socialiste », qui ont exercé ou exercent aujourd'hui, à l'échelle nationale ou internationale, des fonctions très différentes : ingénieurs, cadres moyens ou supérieurs de la fonction publique ou du secteur privé, médecins, pharmaciens, enseignants, cinéastes, artistes, hommes politiques, militaires. Quel a été lors des recherches le sens de cette notion et quelle utilisation en est-elle faite ? Peut-elle d'ailleurs être utilisée de la même façon à propos de ces différents groupes professionnels et de pays très différents ?

Loin d'une utilisation essentialiste de la notion, et loin de chercher à dresser un profil type d'élites africaines formées à l'Est, l'atelier s'intéressera à la grande diversité (Leclerc-Olive, 2015) de ces élites qui ont souvent beaucoup circulé entre Afrique, URSS, Europe, Amérique du Nord et du Sud, et qui, parfois, ont aussi suivi une formation en Europe ou en Amérique. Différentes figures de ces élites : élites politiques, révolutionnaires, élites religieuses, intellectuelles, élites de l'ombre, contre-élites ou élites dissidentes (Buijtenhuijs, 1978), permettront d'appréhender cette diversité. L'atelier s'interrogera aussi sur la place des femmes, souvent minoritaires dans le monde des élites, et sur les perspectives qui s'offraient à elles.

Ce sont enfin les effets ou incidences de l'expérience des pays socialistes dans le déroulement des carrières qui retiendront l'attention, en s'intéressant en particulier à son impact en termes de culture politique ou de conceptions économiques, techniques et scientifiques. 

Si les recherches menées dans le cadre du programme Elitaf servent de point de départ pour la réflexion sur la notion d'« élite », l'atelier proposé ne se limite pas à ces travaux et peut donner lieu à des échanges sur différents terrains. Les différentes communications s'appuient sur une recherche de terrain et précisent comment, dans cette recherche, la notion d'élites est comprise et utilisée, notamment dans le contexte de la conflictualité Est/Ouest, et si elle s'est enrichie et modifiée au cours des analyses.

Intervenants

Josie DOMINIQUE, doctorante EHESS, Une sociologie de l'élite militaire : le cas des militaires malgaches formés en ex-URSS dans les années 1980

Lamine SAVANE, Université de Montpellier I, CEPEL, De la profession d'origine à la profession politique ? Une sociographie des élites parlementaires maliennes

Jean MATEYI, doctorant, LAM, Bordeaux : Formation et échanges sportifs entre le Gabon et l'URSS

Tatiana SMIRNOVA, CESSMA, Paris, : Les Africains en Russie : la notion « d'élite » hors du contexte national

Coordination :

Lucette LABACHE (RIAM/FMSH),
Luc NGWE (RIAM/FMSH)

http://reaf2016.sciencesconf.org/


Détails

Localisation : INALCO, Salle 308, 65 rue des Grands Moulins, 75013 Paris
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