09 novembre 2015

Puissance de l’image dans le théâtre de l’Inde ancienne

Charles Malamoud examinera trois aspects ou effets de la puissance du théâtre de l’Inde ancienne.

D’abord il prendra en considération le geste des protagonistes, féminins et masculins, dessinant le portrait de l’être aimé absent et il montrera comment cette manière de révéler leurs sentiments peut jouer un rôle décisif dans le développement de l’intrigue.

Deuxièmement il nous dira comment, porté sur scène, le culte peut consister en un portrait verbal de la divinité : description - évocation - invocation qui a la même structure et la même puissance que l’image matérielle.

Enfin, nous verrons comment, mis en présence de statues représentant ses ancêtres, le héros découvre des événements du passé qui vont déterminer désormais sa conduite et donc le déroulement de la pièce.

Les intervenants

Charles Malamoud
Linguiste, orientaliste et spécialiste mondialement reconnu du monde indien, Charles Malamoud est aujourd’hui Directeur d’Etudes honoraire des religions de l’Inde à l’École Pratique des Hautes Etudes (EPHE). Mais l’œuvre et l’enseignement de ce linguiste de formation – il fut notamment un disciple d’Emile Benveniste et de Louis Renou – dépassent largement le cercle des indianistes, et ont inspiré le travail d’historiens, de psychologues, d’anthropologues, de sociologues, de psychanalystes. Parmi ses nombreuses publications figurent notamment : Cuire le monde, Rite et pensée dans l’Inde ancienne (1989), Le jumeau solaire (2002), La danse des pierres, Études sur la scène sacrificielle dans l’Inde ancienne (2005), Féminité de la parole. Études sur l’Inde ancienne (2005). Il a, plus récemment, dédié une série de recherches à la pensée des diagrammes comme support matériel et visuel du culte dans le monde indien.

Chiara Cappelletto est maitre de conférences au Département de Philosophie à l’Université de Milan et membre associé au CRAL, à l’EHESS de Paris. Sa recherche s’inscrit dans l’esthétique phénoménologique et les sciences cognitives, tout en privilégiant l’art théâtral comme dispositif permettant d’adresser la dynamique corps/esprit incarnée dans la relation acteur/personnage ainsi que dans la relation spectateur/acteur. Son investigation et son enseignement l’amènent à la critique de toute notion d’identification ayant lieu sur scène, à l’avantage des notions de performance et de fiction. Parmi ses ouvrages : Neuroestetica. L’arte del cervello, Roma - Bari, Laterza, 2009 (IIème édition 2012) ; Figure della rappresentazione : gesto e citazione in Bertolt Brecht e Walter Benjamin, Milano, Mimesis, 2002. Elle est également engagée dans l’édition critique des textes philosophiques sur le théâtre. La dernière parution est l’édition italienne du texte dactylographié d’Etienne Souriau, Les grands problèmes de l’esthétique théâtrale (1956), Milano, Mimesis 2014.

 


Détails

Lieu : Le France
Localisation : Salle du Conseil B
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Conférence