13 janvier 2016

Les nouvelles philanthropies mises en rapport avec l’évolution du capitalisme financier

Séance #3 du séminaire Le Capitalisme philanthropique Quelle redistribution pour quel humanitaire ?

Les différents dispositifs liés au capitalisme philanthropique peuvent être compris comme des réponses aux critiques sociales et écologiques du capitalisme.

Dans la phase actuelle d’intense expérimentation, qui n’est pas sans rappeler d’autres moments de crises du capitalisme, la finance tend à prendre une place conséquente dans les dispositifs inventés, au point qu’on peut penser qu’elle est l’instrument majeur de « récupération » de la critique par un capitalisme fortement financiarisé. La récupération, qui est un moteur de transformation des pratiques, tend à créer un écosystème de « réformateurs » positionnés à différents endroits et proposant des alternatives plus ou moins radicales, qui, malgré leurs disputes, ont néanmoins besoin les uns des autres pour fabriquer du changement social.

Trois exemples d’intégration de la critique prenant appui sur des savoir-faire et des outils financiers ont été développés : l’investissement socialement responsable qui cherche à attirer l’argent des investisseurs vers des entreprises qui « se comportent mieux », les fonds d’investissement à impact qui promettent un double retour financier et social ou environnemental, et enfin la philanthropie soutenue par des incitations fiscales avec des fondations qui pensent de plus en plus leur action par analogie avec l’investissement (venture philanthropy).

Ces trois formes produisent assurément des changements et répondent à certains problèmes mais outre qu’elles restent marginales en termes de volume financier, elles ne questionnent pas le « pouvoir de la finance », mais tendent au contraire à le consolider en considérant qu’il fait partie des solutions. Le « capitalisme philanthropique » et ses pratiques apparaît dans alors comme l’ « alternative » la plus probable, au sens où elle est la plus fonctionnelle vis à vis du capitalisme et la préférée de ses dirigeants, ce qui explique qu’elle tende à se développer tandis que d’autres formules comme le fordisme vert ou le convivialisme qui sont pourtant portés par des acteurs sociaux semblent moins écoutées.

Détails

Séminaire

Maison Suger

13 janvier | 17h00

Entrée sur inscription

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Intervenants :

Eve Chiapello (EHESS) ;
Fabienne Pouyadou (CARE) (sous réserves)

 

Le séminaire Capitalisme philanthropique : Quelle redistribution pour quel humanitaire ? est organisé sous la direction de Laëtitia Atlani-Duault & Marc Lévy.

Partenaires : IRD | Cirad | Grets

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