Plateforme Violence et sortie de la violence

Comprendre et dépasser la violence contemporaine

La demande sociale est devenue pressante dès qu’il s’agit des phénomènes de la violence et des moyens mis en œuvre pour l’éviter, la réduire ou en sortir. La Plateforme Violence et sortie de la violence compte y répondre sur le fond, sans céder à l’actualité.

Il s’agit d’articuler et de mettre en regard deux moments de la violence : ce qui constitue l’entrée dans le phénomène, et qui relève de l’Observatoire des radicalisations, et ce qui en constitue la fin, ou la sortie, à différents niveaux, individuel et collectif, et qui relève de l’Observatoire international de la sortie de la violence.

Les recherches réalisées au sein de la Plateforme envisagent les ressorts de la radicalisation en France et ailleurs, dans ses différentes modalités, sans la limiter au seul islamisme. Elles abordent également les stratégies et les politiques de prévention, de résolution des conflits et de sortie de la violence.

Mise en place en 2015, la Plateforme Violence et sortie de la violence est composée de l’Observatoire des radicalisations et de l’Observatoire international de la sortie de la violence. Elle est dirigée par Michel Wieviorka et Jean-Pierre Dozon, et coordonnée par Sabrina Melenotte.
 

Observatoire des radicalisations

Depuis le 11 Septembre 2001, la « radicalisation » est devenue une catégorie et un objet majeur du débat public, mais aussi scientifique dans le monde anglo-saxon. Il en est de même depuis quelques années en France, et surtout après les attentats de janvier et novembre 2015. Mais dès lors qu’on décentre le regard sur d’autres aires géographiques fortement concernées par l’islamisme radical, le terme de « radicalisation » cesse d’être satisfaisant. Si le radicalisme djihadiste fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches et interrogations, accélérées par les évènements de janvier 2015, les « radicalisations » contemporaines ne sont pour autant ni réductibles au fondamentalisme islamiste, ni à l’actualité immédiate.

L’Observatoire envisage les ressorts de la radicalisation et des violences extrêmes dans différents contextes, en Amérique latine, en Afrique, voire en Asie, dans leurs différentes modalités et dimensions politiques et religieuses. Ainsi, les guérillas d’Amérique latine et les guerres civiles en Afrique sont des expériences déjà anciennes d’armements de groupes civils, de passages à l’acte, compris comme des étapes de radicalisation violente. Dans plusieurs pays d’Europe, des épisodes de violence urbaine ponctuent fréquemment la vie collective. Il est donc important de « penser global » sur ces expressions diverses des phénomènes de « radicalisation ». Cet Observatoire s’intéresse également aux stratégies et aux politiques de prévention et de dé-radicalisation pour s’articuler au travail mené au sein de l’Observatoire international de la sortie de la violence.

L'Observatoire des radicalisations est dirigé par Farhad Khosrokhavar et Pierre Conesa.
 

Observatoire international de la sortie de la violence

Si la violence, sous toutes ses formes, a toujours constitué un important objet des sciences humaines, il n’en va pas de même pour la sortie de la violence, malgré une abondante littérature d’experts. Cette remarque est encore plus pertinente si l’on donne à cette expression un sens relativement large, autorisant d’y voir un domaine allant bien au-delà de l’arrêt, définitif ou provisoire, d’un processus de violence, et pouvant inclure des dimensions aussi bien collectives (touchant par exemple à l’État) qu’individuelles (la résolution de traumatismes psychologiques par exemple). De même que le radicalisme violent n’est pas réductible au djihadisme, de même la sortie de la violence ne peut pas se réduire à la seule « déradicalisation ».

L’Observatoire international de la sortie de la violence pose les jalons de structuration d’un nouveau domaine de recherche. Il entend établir un corpus et une base de données permettant de regrouper les études et rapports existant à ce jour de manière éparpillée, accueillir des chercheurs de qualité internationale, assurer un fonctionnement coopératif et un réseau et renforcer des alliances scientifiques.

L’Observatoire international de la sortie de la violence est dirigée par Michel Wieviorka et Yvon Le Bot.

Les projets

Panel international de sortie de la violence

Réunissant une communauté interdisciplinaire de chercheurs et spécialistes reconus internationalement pour leurs travaux sur les formes contemporaines de la violence, le Panel international sur la sortie de la violence (IPEV) a pour mission de produire un rapport d'analyses et de recommandations destiné au monde politique social. Officiellement lancé le 17 janvier 2017, le projet est soutenu par la Carnegie Corporation of New York

L’ANR Sov – Sortir de la violence , dirigée par Yvon Le Bot, part de travaux sur la radicalisation pour aboutir à l’analyse de la sortie et de la prévention de la violence. Ce projet vise à comparer de manière transversale et multidimensionnelle des expériences de violence extrême et de sortie de violence situées dans des aires géographiques différentes, afin de livrer des clés de compréhension aux phénomènes contemporains, en combinant des apports pluridisciplinaires (sociologie, science politique, anthropologie, droit) et en dépassant le « nationalisme méthodologique » et les cloisonnements théoriques et géographiques trop souvent reproduits.  

Séminaire Violence et sortie de la violence

Le séminaire Violence et sortie de la violence rend compte de recherches développées au sein de la Plateforme et de ses deux observatoires, l'Observatoire des radicalisations et l'Observatoire international de la sortie de la violence. Animé par Michel Wieviorka, Jean-Pierre Dozon, Farhad Khosrokhavar et Yvon Le Bot, il réunit une quinzaine de chercheurs travaillant sur des thématiques relatives à l’entrée et à la sortie de la violence.

 

Partenaires

CGET | CIPD | CSFRS | Carnegie corporation | CNRS | CADIS | LAIOS | CNMH | Ambassade de France en Colombie

La Plateforme a bénéficié d’un premier soutien financier du CIPD destiné à l’Observatoire des radicalisations. Depuis, plusieurs financements assurent son développement : « SoV » (Sortir de la violence) est une ANR ; le Panel international de la sortie de la violence, est cofinancé par la Carnegie corporation, le CSFRS, le CGET et la Plateforme Dabran. Deux projets ont bénéficié de l’appel Attentats-Recherche CNRS (« Violences extrêmes : comment en sortir ? Ce que nous enseigne l’Amérique latine »; « Radicalisations : allers et retours entre ici et là-bas »). 

Focus

http://www.fmsh.fr/fr/recherche/27916

Séminaire de la plateforme Violence

Le programme 2016/2017

Le séminaire « Violence et sortie de la violence » rend compte de recherches développées au sein de la Plateforme et de ses deux observatoires, l'Observatoire des radicalisations et l'Observatoire international de la sortie de la violence. Le nouveau programme est en ligne....

https://www.canal-u.tv/producteurs/fmsh/colloque_international_le_djihadisme_transnational_entre_l_orient_et_l_occident

Djihadisme transnational : entre l'orient et l'occident

Les interviews du colloque international 31 mai - 2 juin 2016

Les intervenants du colloque s'expriment les variations nationales dans le djihad transnational et les ressources idéologiques, intellectuelles et économiques du djihadisme.