L’inaccessible pluralisme normatif et les droits de l’homme en Afghanistan

Working paper en anglais.

Ce texte a été écrit dans le cadre d’une bourse Fernand Braudel IFER, dont a bénéficié l’auteur entre le 1er  février et le 31 octobre 2012. L’auteur a été hébergé à la Maison Suger. Il a en outre été affilié au Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative (LESC) et à l’Institute des Sciences Sociales du Politique (ISP), Nanterre.

Dans la littérature anthropologique et juridique le phénomène appelé « pluralisme juridique » est interprété comme une co-présence des ordres juridique qui agissent dans le même contexte social. Le système  juridique afghan est généralement décrit comme un pluralisme juridique dans lequel différents systèmes de réglementation cohabitent : les pratiques coutumières, la charia (loi islamique), les lois de l’état et les principes dérivés à partir de normes internationales du droit (par exemple les droits de l’homme). Dans cet article, je renonce à la catégorie neutre de « pluralisme juridique » en faveur de l’hypothèse d’un pluralisme normatif inaccessible comme concept clé pour la compréhension des injustices structurelles dont les Afghans sont victimes. De mon travail de recherche sur le terrain en Afghanistan (2005-2012) – au cours duquel j’ai étudié les pratiques judicaires dans les tribunaux de Kaboul, en développant une réflexion qui relie les thèmes des droits de l’homme avec ceux des injustices et de l’inaccessibilité – je soutiens, dans cet article, l’urgence et la nécessité de mettre l’accent sur la dimension contingente de l’(in)justice.

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