Le passage à l’acte

Appel à contributions pour la revue Violence: An International Journal

La revue Violence. An International Journal lance un appel à contributions sur le thème du “Passage à l’acte”. Ce dossier sera coordonné par Sabrina MELENOTTE (Plateforme Violence et sortie de la violence, Fondation Maison des sciences de l'homme).

Violence: An International Journal recherche également des articles varia, mais entretenant toujours un lien étroit avec les problématiques relatives à la violence et à la sortie de la violence. Chaque numéro de la revue sera coordonné par ses deux rédacteurs en chef : Scott STRAUS (UW-Madison) et Michel WIEVIORKA (Fondation Maison des sciences de l’homme).

 

Argument

Ce dossier se concentrera sur le passage à l’acte violent associé à des processus collectifs, quand bien même l’acte est individuel. Il laissera de côté, pour l’essentiel, ce qui relève du droit commun.

Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à « passer à l’acte » ? Pourquoi d’autres, au contraire, que tout en rapproche, ne le font-ils pas ? Quel est cet espace liminal qui se crée entre la radicalisation mentale, ce moment de la fiction de la violence, son imagination, et le passage à l’acte ? Ce moment existe-t-il dans toutes les expériences ? Bien sûr, l’analyse doit tenir compte du contexte, selon, par exemple, qu’il s’agisse d’un temps de paix ou d’un temps de guerre. Pour autant, n’existe-t-il pas également un basculement, rapide ou non, conscient ou non, vers la réalisation d’actes meurtriers ?

Souvent indicible ou silencieux, le passage à l’acte peut être riche en significations, et suscite bien des interrogations que ce dossier se propose d’explorer. Dans les violences extrêmes et de masse, l’enjeu pour les bourreaux ne se limite pas toujours à la mise à mort de l’ennemi et le corps peut devenir le véhicule de messages de guerre. La cruauté peut aller de l’humiliation à l‘animalisation, elle peut être gratuite ou instrumentale, faisant alors de la terreur et de la peur des méthodes de contrôle et de pression en tuant et « retuant » le corps par des mutilations post-mortem. La Shoah a montré le degré de cruauté et de sophistication que peut atteindre la volonté d’anéantir totalement un groupe humain, et donc les individus qui en font partie. Des violences collectives comme les lynchages et les lapidations peuvent relever d’un emballement où les auteurs emploient des méthodes rudimentaires supposant un corps à corps frontal. La torture, systématisée dans certaines guerres (guerre d’Algérie par exemple), et utilisée par des dictatures comme celles d’Amérique latine dans les années 70, transgresse les codes de la guerre au détriment notamment de populations civiles. Les techniques modernes de communication peuvent permettre aux acteurs de mettre en scène leur cruauté – on l’a vu par exemple avec certains narcotrafiquants mexicains, avec Daech ou en France avec Mohammed Merah, responsable des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012 – ce qui soulève de nombreuses questions sur les raisons de cette mise en scène, et le recours aux réseaux sociaux.

En évitant le double écueil du sociologisme qui explique tout par des processus collectifs, et du psychologisme, qui les ignore, il s’agira donc d’analyser de manière dynamique et éventuellement transversale ce qui relie - ou non - les bourreaux du nazisme, les djihadistes globalisés, les narcotrafiquants mexicains, les engagés volontaires - ou non - dans des guérillas et des guerres contemporaines, chaque fois qu’ils passent à l’acte. Le dossier entend convoquer l‘ensemble des disciplines composant les sciences humaines et sociales, sans exclusion, et même s’ouvrir à la parole et à la réflexion d’acteurs bien placés pour avoir observé de près ces questions, au sein d’ONG par exemple.

Que sait-on du passage à l’acte, des individus qui l’effectuent, des processus de subjectivation et de dé-subjectivation qui l’animent, des méthodes qu’il mobilise, des contextes qui le rendent plus ou moins facile ? La connaissance produite autour du passage à l'acte peut-elle permettre de construire des modèles, des stratégies, des modes d’action pour prévenir des violences extrêmes ou de masse, et selon quels critères ? Ce dossier contribuera à mieux connaître non seulement la violence, politique, sociale, religieuse, etc., individuelle ou collective, mais aussi de mieux appréhender l’après-violence, et l’avant-violence.

 

Violence. A Journal, une nouvelle revue

La violence sous toutes ses formes constitue aujourd’hui un vaste domaine de recherche dans le champ des sciences humaines et sociales.  

Il n’en va pas de même pour la prévention et la sortie de la violence qui relèvent d’un espace peu structuré, où les connaissances sont plus empiriques que théorisées, et produites par des acteurs de terrain (ONG, associations), des experts ou des professionnels bien plus que par des chercheurs en sciences humaines et sociales.

Violence: An International Journal veut rassembler et faire vivre une large communauté internationale de chercheurs, de professionnels et de praticiens, autour de deux enjeux scientifiques et intellectuels complémentaires, mais distincts : l’analyse de la violence, dans ses diverses expressions et métamorphoses, et celle de la prévention et de la sortie de la violence.

Violence: An International Journal aura donc pour projet, tout en développant la compréhension de la violence, de faire de la sortie et de la prévention de la violence un véritable domaine de recherche, avec ses apports et ses débats.

Chaque numéro s’ouvrira sur une série d’articles varia, suivi d’un dossier thématique, composé d’articles, de débats et d’entretiens. Violence: An International Journal veillera également à articuler la recherche en sciences humaines et sociales à d’autres champs de la connaissance et de la réflexion. Elle tissera des liens particuliers avec les milieux artistiques et littéraires.

Violence: An International Journal vise un lectorat académique, mais aussi plus large, notamment les “acteurs” de la prévention et de la sortie de la violence (ONG, associations, politiques, juristes, société civile, etc.). Violence: An International Journal suivra néanmoins le fonctionnement habituel des revues académiques. Une fois accepté par le comité de rédaction, chaque article sera soumis à des évaluateurs extérieurs et anonymes. Des modifications pourront alors être demandées à l’auteur.

Violence: An International Journal est créée dans le prolongement des activités de la Plateforme Violence et sortie de la violence, qui a vu le jour en 2015 au sein de la Fondation Maison des sciences de l’homme à Paris, et qui met en réseau quelques trois cents chercheurs du monde entier, dans une perspective internationale et pluridisciplinaire. Violence: An International Journal sera une revue biannuelle publiée par les éditions de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), à la fois en version papier entièrement en anglais et en ligne en français et en anglais.

 

Recommandations

Votre article doit être accompagné d’un résumé, d’une bibliographie détaillée, ainsi que d’une courte biographie. Il devra compter entre 6,000 et 8,000 mots (notes de bas de page, bibliographie et biographie incluses). Chaque article devra également être envoyé, de préférence, au format Word, et employer, systématiquement, le mode de référencement du système Harvard, comme suit :

Livre
Clark JM and Hockey L (1979) Research for Nursing. Leeds: Dobson Publishers.

Chapitre de livre
Gumley V (1988) Skin cancers. In: Tschudin V and Brown EB (eds) Nursing the Patient with Cancer. London: Hall House, pp.26–52.

Article de revue
Huth EJ, King K and Lock S (1988) Uniform requirements for manuscripts submitted to biomedical journals. British Medical Journal 296(4): 401–405.

Site Internet
Website National Center for Professional Certification (2002) Factors affecting organizational climate and retention. Available at: www.cwla.org./programmes/triechmann/2002fbwfiles (accessed 10 July 2010).

Article de presse
Clark JM (2006) Referencing style for journals. The Independent, 21 May, 10.

Il vous est demandé de porter une attention particulière à la qualité de l’écriture, de sorte que votre article puisse être accessible à un lectorat plus large que celui du monde académique.

Violence: An International Journal sera publiée à la fois en version papier entièrement en anglais et en ligne en français et en anglais. Vous pouvez écrire votre article dans l’une de ces deux langues : la revue prendra en charge sa traduction.

Pour contribuer à la revue Violence: An International Journal, vous avez deux possibilités :

1.    Vous pouvez nous envoyer un article, entièrement rédigé, soit varia, soit pour un dossier thématique.

2.    Vous pouvez également envoyer une proposition d’article, soit varia, soit pour un dossier thématique.

Votre proposition doit être suffisamment claire et détaillée de façon à ce que le comité éditorial puisse comprendre les hypothèses, concepts et arguments principaux, ainsi que le positionnement théorique et les résultats de recherche et, éventuellement, les principales références et sources sur lesquelles votre article s’appuiera.

Votre proposition sera rapidement soumise à l’évaluation du comité éditorial. En cas de validation, vous devrez alors envoyer l’intégralité de l’article dans les délais mentionnés ci-dessous.

 

Calendrier

Les propositions d’article pour participer au premier numéro, qu’il s’agisse du dossier « Passage à l’acte » ou des autres rubriques, devront être envoyées avant le 4 mars 2019.

Les articles entièrement rédigés devront être envoyés avant le 22 avril 2019.

Vous pouvez cependant envoyer des articles ou des propositions d’articles pour la section varia tout au long de l’année.

Premier numéro : automne 2019.

Soumission des articles

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