Appel à contributions

Violence. A Journal : “Le passage à l’acte”

La revue Violence. A Journal lance un appel à contributions sur le thème du “Passage à l’acte”. Ce dossier sera coordonné par Sabrina MELENOTTE (plateforme Violence et sortie de la violence)
Les articles devront être envoyés à Violence avant le 18 mars 2019.

Violence. A Journal recherche également des articles portant sur des sujets plus variés, mais entretenant toujours un lien étroit avec les problématiques relatives à la violence et à la sortie de la violence. Chaque numéro de la revue sera coordonné par ses deux rédacteurs en chef : Scott STRAUS (UW-Madison) et Michel WIEVIORKA (FMSH). Les articles n’étant pas destinés à faire partie du dossier “Le passage à l’acte” peuvent être envoyés à Violence tout au long de l’année.

 

Argument

Le dossier « Passage à l’acte » se concentrera sur le passage à l’acte violent associé à des processus collectifs, quand bien même l’acte est individuel. Il laissera de côté, pour l’essentiel, ce qui relève du droit commun. 
Qu’est-ce qui pousse certaines personnes à « passer à l’acte » ? Pourquoi d’autres, au contraire, que tout en rapproche, ne le font-ils pas ? Quel est cet espace liminal qui se crée entre la radicalisation mentale, ce moment de la fiction de la violence, son imagination, et le passage à l’acte ? Ce moment existe-t-il dans toutes les expériences ? Bien sûr, l’analyse doit tenir compte du contexte, selon, par exemple qu’il s’agisse d’un temps de paix ou d’un temps de guerre. Pour autant, n’existe-t-il pas un basculement, rapide ou non, conscient ou non, vers la réalisation d’actes meurtriers ? 

Souvent indicible ou silencieux, mais pas nécessairement, le passage à l’acte peut être riche en significations, et suscite bien des interrogations que ce dossier se propose d’explorer. Dans les violences extrêmes et de masse, l’enjeu pour les bourreaux ne se limite pas toujours à la mise à mort de l’ennemi et le corps peut devenir le véhicule de messages de guerre. La cruauté peut aller de l’humiliation à l‘animalisation, elle peut être gratuite, ou instrumentale, faisant alors de la terreur et de la peur des méthodes de contrôle et de pression en tuant et « retuant » le corps par des mutilations post-mortem. La Shoah a montré le degré de cruauté et de sophistication que peut atteindre la volonté d’anéantir totalement un groupe humain, et donc les individus qui en font partie. Des violences collectives comme les lynchages et les lapidations peuvent relever d’un emballement où les auteurs emploient des méthodes rudimentaires supposant un corps à corps frontal. La torture, systématisée dans certaines guerres (guerre d’Algérie par exemple), et utilisée par des dictatures comme celles d’Amérique latine dans les années 70, transgresse les codes de la guerre au détriment notamment de populations civiles. Les techniques modernes de communication peuvent permettre aux acteurs de mettre en scène leur cruauté ; on l’a vu par exemple avec certains narcotrafiquants mexicains, avec Daech ou en France avec Mohammed Merah, responsable des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, ce qui soulève de nombreuses questions sur les raisons de cette mise en scène, et le recours aux réseaux sociaux.

En évitant le double écueil du sociologisme qui explique tout par des processus collectifs, et du psychologisme, qui les ignore, il s’agira donc d’analyser de manière dynamique et éventuellement transversale ce qui relie - ou pas - les bourreaux du nazisme, les djihadistes globalisés, les narcotrafiquants mexicains, les engagés volontaires - ou non - dans des guérillas et des guerres contemporaines, chaque fois qu’ils passent à l’acte. Le dossier entend convoquer l‘ensemble des disciplines composant les sciences humaines et sociales, sans exclusion, et même s’ouvrir à la parole et à la réflexion d’acteurs bien placés pour avoir observé de près ces questions, au sein d’ONG par exemple. 
Que sait-on du passage à l’acte, des individus qui l’effectuent, des processus de subjectivation et de dé-subjectivation qui l’animent, des méthodes qu’il mobilise, des contextes qui le rendent plus ou moins facile ? La connaissance produite autour du passage à l'acte doit-elle permettre de construire des modèles, des stratégies, des modes d’action pour prévenir des violences extrêmes ou de masse, et selon quels critères ? Ce dossier contribuera à mieux connaître non seulement la violence, politique, sociale, religieuse, etc., individuelle ou collective, mais aussi de mieux appréhender l’après-violence, et l’avant-violence. Est-il possible de construire des modèles, des stratégies, des modes d’action pour prévenir des violences extrêmes ou de masse, et selon quels critères ?

 

Calendrier

Les articles doivent être envoyés au comité de rédaction de Violence avant le 18 mars 2019 s’ils sont destinés à rejoindre le dossier thématique “Passage à l’acte”, ou, plus largement, le premier numéro de la revue. Dans le cas contraire, votre article peut être soumis au comité tout au long de l’année. Vous pouvez l’envoyer à la secrétaire de rédaction de Violence, Charlotte Groult, à l’adresse suivante : charlotte.groult@msh-paris.fr.

Les articles doivent inclure un résumé et une bibliographie détaillée. Le comité accepte également de recevoir des propositions d’articles dans la rubrique Varia. Dans ce cas, votre proposition devra être envoyée plusieurs semaines avant la date du 18 mars 2019 si votre article est destiné à faire partie du premier numéro, et notamment du dossier thématique “Passage à l’acte”. Il devra être suffisamment détaillé de façon à ce que le comité éditorial puisse comprendre clairement les documents de recherche et les sources sur lesquels votre article s’appuiera, ainsi que ses hypothèses, concepts et arguments principaux, votre approche intellectuelle, vos résultats de recherche, et références. 
Si votre article est accepté par le comité de rédaction, il sera ensuite envoyé par le journal à des évaluateurs. Chaque article devra faire entre 6,000 et 8,000 mots, incluant les notes de bas de page et la bibliographie.

L’auteur devra porter une attention particulière au style avec lequel il rédigera son article, de façon à ce que ce dernier puisse être compris par des non-spécialistes, et pas seulement par un public académique. Violence. A Journal a en effet l’ambition de s’adresser à un lectorat plus large que celui se tournant classiquement vers les revues académiques, et notamment aux “acteurs” de la prévention et de la sortie de la violence : ONG, associations, politiques, juristes et société civile.

Violence sera publiée à la fois en version papier et en ligne, entièrement en anglais. Néanmoins, vous pouvez également écrire votre article en français : la revue prendra en charge sa traduction.

 

 

 

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