19 juin 2019

Peut-on penser la "mise en histoire de la mondialité" avec les animaux ?

Journée d'étude | Mercredi 19 juin

"En ce début de XXIe siècle, la question de l’animal impose l’urgence d’une recherche historique sur sa spécificité" affirme Pierre Serna, notant encore "qu’un processus est en marche, que l’ensemble des discours sur la nécessité d’adopter une écologie politique pour le monde entier doit densifier et rendre plus visible et compréhensible dans les opinions publiques" (L’animal en République, 1789-1802, genèse du droit des bêtes). Le champ de réflexion devient également politique dans notre époque de réseaux et d’échanges mondialisés et d’économie destructrice de la nature. Réflexion et action ont dès lors vocation à devenir universelles.

Dans cette histoire en construction, il demeure encore un ensemble de coordonnées géo-historiques. L’espace et le temps ne peuvent être tenus comme résiduels. Les relations que les hommes entretiennent avec les animaux ne se pensent et ne se réalisent que selon des modalités différentes, selon les époques et selon les sociétés. 

L’objectif du séminaire Histoire mondiale des animaux à venir est de travailler à la mise en histoire de la mondialité avec les animaux. Quel serait l’angle de vision à adopter ?

Peut-on penser l’émergence d’espaces pertinents pour les problématiques du rapport à l’animal ? Jusqu’où ? Jusqu’à l’échelle mondiale ? Quelles sont les figures géo-historiques les plus pertinentes pour penser cette histoire qui se veut inscrite dans une perspective mondiale : le parallélisme ? La diffusion ? L’interaction ? La convergence ? L’universalisation ? Quelles ruptures historiques pourrait-on construire ?

Cette première journée d’étude n’a pas encore pour vocation de répondre à ces questions mais d’enrichir le questionnement, de fixer une méthodologie et de définir des grands axes de réflexion pour les futures séances du séminaire.


Programme

Introduction
| Pierre Serna, Professeur d’histoire de la Révolution française et de l’Empire - Université Paris I, responsable du séminaire Histoire mondiale des animaux

9h30 - 11h30 Peut-on penser des ruptures ?

Modérateur : Boris Cattan (doctorant IHMC-IHRF Université Paris 1)
Les nouveaux pouvoirs que les gouvernements acquièrent sur les corps à l’époque moderne créent-ils une histoire politique de la question écologique et des relations homme/animal ? Peut-on envisager des ruptures et si oui à quelle échelle ?
 
| Peter Sahlins (Professeur d’histoire de l’Europe moderne - Université de Californie-Berkeley)
Comment construire une rupture ?

| Pierre Serna (Professeur d’histoire de la Révolution française et de l’Empire - Université Paris I)
Peut-on penser une révolution atlantique ?

| Erica Joy Mannucci (Professeur d’histoire moderne - Université de Milan-Bicocca)

Pause

13h30 - 15h30 Des lieux et des liens

Modérateur : Anne-Louise Le Cossec (doctorante, IHMC-IHRF, Université Paris 1)
La vision nouvelle du monde qui se met en place dans la première mondialisation et la construction de l’occidentalisation passent-t-elles par l’appropriation de l’animal ?
Aucune collection, aucune ménagerie n’est isolée. Elles appartiennent à une société qu’elles prolongent et qu’elles ouvrent sur la planète entière. Elles participent de la naissance d’une conscience d’appartenance à une humanité commune qui passe par l’appropriation de l’animal en même temps que de la mise en évidence de différences.

| Benedetta Piazzesi (Ecole normale de Pise)
Autour de la domestication, de l’acclimatement, de l’élevage

| Violette Pouillard (Post-doctorante à l'Université d'Oxford)
Autour des ménageries

| Vincent Duquenne (Doctorant ENS)
Autour de l’étude des comportements animaux

| Alan Ross (Professeur à l’Université de Vienne)
Autour des collections

| Katie Hornstein (Associate Professor of Art History Darmouth College)
Autour de la représentation des animaux sauvages

| Silvia Sebastiani (Maitresse de conférences à l’EHESS )
Autour de l’animal-miroir, du problème humanité/animalité, des problématiques sexuelles

Pause

16h - 18h Le « rangement » de l’animal

Modérateur : Malik Mellah (Docteur en histoire, IHMC-IHRF, Université Paris 1)

Il est nécessaire d’étudier dans le temps long et dans un espace élargi les pratiques du pouvoir et de ses représentations dans ses rapports aux animaux. Les statuts juridiques des animaux renvoient nécessairement aux relations que les humains établissent avec eux, à des régimes de sensibilité mais aussi à l’existence même de l’être animal. Cette session reprend l’idée « que les animaux, par la gravité des questions qu’ils provoquent et l’intensité des controverses théoriques qu’ils engendrent poussent le droit dans ses derniers retranchements pour l’obliger à surmonter ses contradictions et à dévoiler ses véritables objectifs. Ranger l’animal oblige, en effet, à préciser la notion même de catégorie juridique et à poser les frontières entre humanité et animalité » (Ranger l’animal. L’impact environnemental de la norme en milieu contraint II, Paris, victoires éditions, 2014)

| Florence Burgat (Directrice de recherche à l’INRA)
Droit, éthique et philosophie

| Pierre-Jérôme Delage (Maitre de conférence - Université de Caen) sous réseve
L’animal dans le droit français : du Code Civil à nos jours

| Véronique Le Ru (Professeure des Universités, Reims)
Autour de l’animal dans la pensée de l’âge classique et des Lumières

Conclusion
| Peter Sahlins, Professeur d’histoire de l’Europe moderne- Université de Californie-Berkeley

Détails

Journée d'étude

Mercredi 19 juin 2019
9h - 18h

Salle A3-35
FMSH | 54, bd Raspail, Paris 6

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