Séminaire Exorganologie II - 2018/2019

Remondialisation et internation

Ce séminaire est directement lié au programme de recherche contributive Plaine commune territoire apprenant contributif.

Mais il est aussi à présent lié à l’objectif que s’est assigné un groupe issu d’Ars Industrialis, de pharmakon.fr, d’autres horizons, et de certains issus des travaux de l’IRI (dont Plaine commune territoire apprenant contributif), de commémorer à Genève, en janvier 2020, et au siège de l’ONU le 100e anniversaire de la league of nations, en vue de remettre aux Nations Unies un memorandum of understanding affirmant :

D’une part, la nécessité de reconsidérer l’histoire centenaire de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations Unies au regard de l’analyse, avancée par Marcel Mauss en 1920, des enjeux et de l’avenir des rapports entre nations, droit intenational et de ce qu’il nomme l’internation, affirmant alors la non-solubilité (sinon l’insolubilité) des localités nationales.

D’autre part, la nécessité d’inscrire cette question de l’internation dans l’ère Anthropocène, et en vue d’y projeter la mise en œuvre d’une nouvelle macro-économie à l’échelle de ce qui, de ce qui était apparu en 1926 constituer la biosphère (au sens de Vernadsky), est devenu la technosphère (comme l’annonçait Vernadsky), c’est à dire l’ère Anthropocène.

Cette macro-économie étant caractérisée par le fait qu’elle a pour critères d’évaluation (comme valeurs d’usage et valeurs d’échange) la lutte contre l’entropie, ce qui signifie aussi qu’elle revalorise tout aussi bien les savoirs (qui seuls permettent des bifurcations anti-anthropiques) et des localités (l’anti-anthropie et la néguanthropie ne pouvant tout comme l’anti-entropie et la néguentropie se produire que localement) – la biosphère elle-même, et la technosphère d’échelle planétaire qu’elle est devenue, étant elle-même une localité dans le système solaire, dont le dehors (comme ce qui la nourrit en tant que système ouvert) est le soleil.

Dans ce séminaire qui sera consacré pour l’essentiel à approcher ce que devrait et pourrait être un droit de l’internation à l’époque de la technosphère, et conçu avant tout en vue de sortir de la brève ère Anthropocène devenant à présent invivable au sens propre, et pour entrer dans l’ère Néguanthropocène qui ne peut qu’être une nouvelle façon de vivre se déclinant localement et à l’échelle de l’internation en points de vue locaux et irréductiblement tels (et au sens d’abord où les préoccupations d’un habitant du Sahara ne peuvent pas être et ne doivent pas être identiques à celles d’un habitant d’Olso – ce qui n’est pas seulement une question « écologique » au sens étroit : c’est l’enjeu des Trois écologies de Félix Guattari), on s’attachera à reconsidérer la question du droit dans ses rapports à la fois à la technique et à la localité – celle-ci n’étant pas réductible aux conditions territoriales.

Nous nous attaquerons ainsi à la question du droit appréhendée du point de vue exosomatique, et telle qu’elle s’impose en toute forme d’« exorganisme complexe supérieur » au sens où il en fut question dans le séminaire 2018 – les « exorganismes complexes inférieurs » étant soumis à un droit qu’il ne produisent pas (c’est aussi ce à quoi introduit Qu’appelle-t-on panser ? 1. L’immense régression).

Au XXIe siècle cependant se pose la question de ce que Franck Pasquale a appelé la souveraineté fonctionnelle ("From Territorial to Functional Sovereignty: The Case of Amazon").

Le séminaire se déroulera les jeudis de 17h à 20 heures à la Maison Suger, 16-18 rue Suger, Paris 6e et se tiendra aux dates suivantes :

  • 10 et 31 janvier, de 17h à 20h, 16-18 rue Suger
  • 7 février, de 17h à 20h, 16-18 rue Suger
  • 11 et 25 avril, de 17h à 20h, 16-18 rue Suger
  • 16 et 23 mai, de 17h à 20h, 16-18 rue Suger
  • 13 et 27 juin, de 17h à 20h, 16-18 rue Suger

Inscrivez-vous en envoyant un email et une lettre de motivation à contact@iri.centrepompidou.fr