08 novembre 2018

Une sociologie comparative non-hégémonique des rapports de genre est-elle possible ?

Séminaire Pour une sociologie mondialisée non hégémonique - Jeudi 8 novembre

Comparer les arrangements de genre dans le monde

Les critiques postcoloniales de l'occidentalocentrisme des sciences sociales sont particulièrement actives en ce qui concerne les questions de genre. De nombreux travaux pointent les facteurs qui rendent la sociologie du genre en ce sens hégémonique : l'aveuglement face aux effets historiques de la « colonialité du genre », la colonialité du savoir encadrant les études comparatives Nord / Sud, mais aussi les « nationalismes sexuels » réciproques entre Nord et Sud qui conduisent à une « épistémologie mosaïque » sans plus de comparatisme possible. Dans cette communication, Eric Macé soutient que le genre peut devenir un opérateur sociologique général dès lors qu’il décrit moins les « différences » entre hommes et femmes qu’un type spécifique de rapport de pouvoir social qui façonne, institue et transforme les identifications de genre, les rôles et statuts de genre, y compris la sexualité. Dans cette perspective, le concept d'« arrangement de genre » peut permettre des comparaisons transnationales non hégémoniques, en décrivant les combinatoires entre les types de légitimité et les types de nécessité qui instituent de façon plus ou moins hiérarchisée ou égalitaire les rapports de genre dans chaque contexte, au Nord comme au Sud ou à l’Est. Cela le conduira à l’hypothèse d’une crise généralisée des arrangements de genre contemporain, quel que soit l’historicité de leur héritage patriarcal.

Intervenant

Eric Macé, Professeur de sociologie, Chercheur au Centre Emile Durkheim (UMR 5116 - CNRS), Université de Bordeaux

 

Détails

Séminaire

Jeudi 8 novembre
17h30-19h30

Salle BS1-28
FMSH | 54, bd Raspail, Paris 6

Entrée libre

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