17 mai 2017

Etats contre villes/routes nomades : camps, violence institutionnelle et autonomie de la migration

Première séance dans le cadre du projet de recherche Global Streets

Première séance du projet de recherche Global Streets (chaire Global Cities), avec :

Saskia Sassen, titulaire de la chaire Global Cities

Luca Palmas, University of Genoa

Michel Agier, EHESS

En Octobre 2016, J’ai été témoin du démantèlement du camp informel de Calais, un hub complexe où différents acteurs ont développé des tactiques et des stratégies soit pour réaliser ou aider au dernier saut et rejoindre la Grande-Bretagne, soit pour arrêter et rediriger le flux, en repoussant les gens. Dans ce type d’arêne sociale, officiers de police et avocats, militants anti-frontières et médecins, bénévoles dans l’humanitaire et chauffeurs de camions, reporters et juges, autorités locales ou nationales et travailleurs sociaux, trafiquants et prêtres de toutes confessions et bien sûr, réfugiés et migrants, à fois clients/cibles de ces différents types de discours et d’interventions, coopèrent et s’affrontent. Quand le camp a finalement été évacué, nous nous sommes engagés dans une ethnographie en suivant la  trajectoire de certaines bio-histoires dans leur voyage turbulent à travers la France et l’Europe. Certains de nos informateurs ont accepté d’entrer dans une zone temporaire de refuge gérée par l’Etat et furent ainsi dispersés à travers la France ; la plupart décidèrent de rester en fuite  et retournèrent à Paris où de nouveaux camps informels dans le centre de la ville (à Stalingrad) leur ont offert pendant une brève période des opportunités précaires. Quelques mois après l’évacuation, de nouveaux camps informels ont peu à peu émergé le long de la Manche et un nouveau site institutionnel ouvert à Paris n’a pas mis un terme à l’apparition de camps informels dans la ville suite à la crise des réfugiés.

Dans les camps, tout comme dans les autres refuges formels ou informels, la violence institutionnelle et l’autonomie de la/des migrations mesurent leur force relative. Nous engagerons la discussion sur cette relation, son impact sur la construction de nouveaux espaces et de nouvelles routes, de même que sur l’affirmation du droit à la ville par l’acte de présence des migrants/réfugiés et celle d’autres acteurs ordinaires.

Luca Palmas

Détails

Salle Conseil B | 54 boulevard Raspail | 75006 Paris

17h-19h

Les échanges se feront en français

 

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Séminaire