17 mars 2016

Les effacés des mémoires post-coloniales : l'exemple des Hmong

Attention : inscription obligatoire pour assister au débat, à ce lien

Projection et table ronde organisées par le Musée de l'histoire de l’immigration et la Chaire Global South(s), Collège d’études mondiales.

À la suite de la projection du film Mémoire hmong à la croisée des chemins réalisé par Safoi  Babana-Hampton, une table ronde sur le thème « Mémoires et histoire, entre la grande politique et l’intime. Le cas des Hmong » réunira la réalisatrice, Benjamin Stora, Philippe Peycam et Françoise Vergès.


Programme

18 :45-20 :00- Projection

Le documentaire tisse les histoires de trois générations de réfugiés Hmong dans le Midwest américain et en France. Américain habitant à Rochester Hills dans l’état du Michigan, Liachoua Lee, retrace son passé d’ancien réfugié et de fils d’anciens combattants de la Guerre d’Indochine (1946-1954) et de la Guerre secrète au Laos (1961-1975), en revenant sur les lieux qui portent les traces de son histoire personnelle et les blessures intérieures infligées par la guerre. Sorti en 2015, le film revient sur la mémoire coloniale française en intégrant la perspective des supplétifs hmong de l’armée coloniale française pendant la Guerre d’Indochine, leur exil, et leur expérience de réfugiés en France et aux Etats-Unis.

L’histoire de Lee commence à Détroit, dans le Michigan (aux Etats-Unis), et l’emporte vers la France, première terre d’asile pour lui et sa famille avant leur immigration aux Etats-Unis, et finit par un retour chargé d’émotion au pays natal, le Laos, pour la première fois depuis 40 ans.

Le film accompagne Lee dans ce périple de relecture de chapitres clés de son passé de réfugié, recréant les souvenirs de guerre tels qu’ils ont été vécus par l’enfant qu’il était alors. Le voyage du souvenir de Lee met son histoire personnelle en relation avec celles des autres au sein de la communauté hmong, des vétérans américains de la Guerre du Vietnam, des vétérans de la Guerre d’Indochine, des historiens et des représentants du gouvernement, dans le Midwest américain et en France.

Le documentaire est une production de la Michigan State University en partenariat avec le Consortium Humanities Without Walls, basé à la Illinois Program for Research in the Humanities de la University of Illinois à Urbana-Champaign, avec le soutien de la Andrew W. Mellon Foundation.

20h - Table-ronde sur le thème « Mémoires et histoire, entre la grande politique et l’intime. Le cas des Hmong »

avec la réalisatrice, Françoise Vergès (chaire « Global South(s) » au Collège d'études mondiales), Philippe Peycam (directeur de l’Institut International des Études Asiatiques à l’Université de Leyde, Pays-Bas) et Benjamin Stora (président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée). Le débat sera animé par Alexis Lacroix, directeur adjoint de l’hebdomadaire Marianne.

Safoi Babana-Hampton, réalisatrice, scénariste, productrice, productrice déléguée. Associate Professor, universitaire-chercheure, chargée d’enseignement d’études françaises, francophones, culturelles et postcoloniales au sein du Département d’Études Romanes et Classiques à la Michigan State University, Safoi Babana-Hampton détient un Doctorat en Études Françaises Modernes de la University of Maryland (2005) et un Master en Littérature Comparée de la Indiana University (1998).  Ses travaux de recherche s’inscrivent dans l’étude comparée et transculturelle des littératures et films français et francophones des XXe et XXIe siècles avec un intérêt particulier pour la représentation de la condition postcoloniale et de la conjoncture globale dans le monde francophone, la narratologie/les théories de la narration, la représentation, et le métissage artistique, dans leurs rapports compliqués aux questions du genre, de la mémoire et de la notion de l’autonomie (« agency »). Elle est l’auteure de Réflexions littéraires sur l’espace public marocain dans l’œuvre d’Abdellatif Laâbi paru chez Summa Publications, 2008.  Elle est l’auteure, productrice et co-réalisatrice du documentaire Mémoire Hmong à la croisée des chemins (Hmong Memory at the Crossroads http://mhcc.cal.msu.edu/ ).  Elle mène actuellement un nouveau projet de documentaire portant sur l’expérience diasporique des Hmong de France et des Etats-Unis de la deuxième et troisième générations. 

Dr. Philippe Peycam est directeur de l’Institut International des Études Asiatiques (IIAS) à l’Université de Leyde, Pays-Bas. Il est également chercheur affilié (Visiting Research Fellow) à l’Institut des Études sur l’Asie du Sud-Est de Singapour. Pendant 10 ans, de 1999 à 2009, il a travaillé comme directeur fondateur du Centre d’Études Khmères au Cambodge. Historien de formation spécialisé sur l’histoire du Vietnam pendant la période coloniale de l’Indochine Française, il a notamment publié un livre The Birth of Vietnamese Political Journalism: Saigon 1916-30 (Columbia University Press, 2012), ainsi qu’un certain nombre d’articles et de contributions sur le Vietnam et le Cambodge (ouvrages collectifs, journaux académiques, etc). En dehors de ses responsabilités professionnelles, il travaille à la préparation d’un livre sur son expérience dans le Cambodge d’après guerre avec notamment la création d’un modèle institutionnel  et programmatique pouvant concilier renforcement des mécanismes culturels et éducatifs au sein de la société civile locale et activités académiques à proprement parlé.

Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation de l’Établissement public du Palais de la Porte Dorée. Professeur des universités, Benjamin Stora enseigne l’histoire du Maghreb contemporain (XIXe et XXe siècles), les guerres de décolonisations, et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe, à l’Université Paris 13 et à l’INALCO (Langues Orientales, Paris). Docteur en sociologie (1978), et Docteur d’Etat en Histoire (1991), il a été le fondateur et le responsable scientifique de l’Institut Maghreb-Europe. Il est l’auteur du documentaire Les années algériennes (quatre fois une heure) diffusé en 1991 sur France 2. Puis, avec Jean-Michel Meurice, il a réalisé le documentaire Eté 62 en Algérie, l’indépendance aux deux visages diffusé le 7 juillet 2002 sur France 5. Il est le conseiller historique, en 2010, du film Le Premier homme, adaptation au cinéma du roman d’Albert Camus, par le cinéaste italien Gianni Amelio.  Il est également le conseillé historique du film Les hommes libres du réalisateur Ismaël Ferroukhi (2010). Il a publié une trentaine d’ouvrages don tplusieurs ont été récompensés, dernière parution Les mémoires dangereuses. De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui, avec Alexis Jenni (Albin Michel, 2016)

Françoise Vergès, Chaire « Global South(s) » au Collège d’études mondiales, FMSH, Paris, est une politologue qui a obtenu son doctorat en Sciences politiques à l’Université de Berkeley.  Elle a publié de nombreux ouvrages et articles en français et en anglais sur les mémoires de l’esclavage colonial, le postcolonial, Frantz Fanon, Aimé Césaire, l’empire colonial, le musée postcolonial, et les processus de créolisation. Parmi ses dernières publications : « A Sound Like A Rumour » in Kader Attia. Transformations, Berlin, 2014. Françoise Vergès est également l’auteur de films (« Aimé Césaire face aux révoltes du monde », 2013 et « Maryse Condé. Une voix singulière », 2011), elle a été consultante pour plusieurs documentaires. Commissaire indépendante, elle a notamment organisé en 2013 et 2013 « L’esclave au Louvre : une humanité invisible » au musée du Louvre et les expositions « Dix femmes puissantes » (2013) et « Haïti, effroi des oppresseurs, espoir des opprimés » (2014) pour le Mémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes.

Inscription obligatoire à ce lien

 

 

 

 

 

Détails

Localisation : Auditorium, Musée de l'histoire de l'immigration, 293, avenue Daumesnil 75012 Paris

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Table ronde