du 03 au 04 novembre 2015

Figurer/Exposer/Représenter le corps du refoulé postcolonial. Le cas « français »

Workshop proposé par Françoise Vergès, Titulaire de la Chaire « Global South(s) »

Nous partirons de deux remarques. La première est que la scène artistique institutionnelle est perturbée par l’introduction d’un dissensus autour de la représentation du corps du refoulé postcolonial. La deuxième est qu’il y a un cas « français » du « postcolonial », ce processus critique d’analyse du présent, cette pensée de l’interstice qui, articulant la mémoire d’un passé et le présent de l’histoire, l’origine et le déplacement, établissent l’importance des représentations de l’éthnicité, de la race, de la classe et du genre. Nous devons ajouter à ces remarques, celle de la protestation de « refoulés » contre la manière dont ils sont représentés.

Malgré l’existence d’une scène artistique vivante, énergique qui, bien que marginalisée, expose, figure, représente le corps du refoulé postcolonial, la perception demeure en France que « quelque chose ne passe pas ». La création qui prend comme source le corps du refoulé postcolonial est souvent « ethnicisée », le plasticien, le chorégraphe, ou le performeur sont classées dans la catégorie « diversité ». S’il y a controverse, le débat oppose deux principes, celui de la liberté d’expression de l’artiste qui devrait être absolu (défendu par un grand nombre d’institutions) et le droit à la dignité et le respect qui serait insulté par des représentations artistiques.

Il nous a semblé urgent de poser les axes d’une réflexion plus poussée sur ce que signifie figurer/représenter/exhiber le corps du refoulé postcolonial. Le refoulement d’un souvenir déplaisant fait retour dans le présent, mais comment le rendre actuel dans sa complexité, son hétérogénéité et sa matérialité ? Montrer quoi ? Pourquoi ? Comment ? L’iconographie coloniale doit-elle être un simple index où puiser librement et sans fin des images à reproduire au nom de la liberté d’expression ?

Le monde colonial a produit une telle profusion d’images et de représentations d’un corps ethnicisé, sexualisé et racialisé qu’il était inévitable que le corps soit un élément central du dispositif de la figuration, représentation, et exposition du refoulé postcolonial. La performance et la danse seront donc invitées à ce workshop.

Au cours de ces deux jours, il ne s’agira pas de revenir exclusivement sur des perturbations du champ artistique mais plutôt de proposer des références théoriques au-delà de l’opposition binaire liberté d’expression/droit au respect et à la dignité.

Chacune des sessions (une par demi-journée) sera introduite par une présentation théorique (30mn) de notions employées afin de clarifier, de préciser les termes du vocabulaire.

Les sessions seront enregistrées.

Les deux journées seront animées par Françoise VERGÈS.

 

Avec :

Les artistes :

Matthieu ABONNENC, Kader ATTIA, Jean-François BOCLÉ, Gerty DAMBURY, Myriam DAO, Éva DOUMBIA, Lâm LÊ, Myriam MIHINDOU,

Les chercheurs, commissaires d’exposition, historiens d’art, conservateurs du patrimoine, et critiques d’art :

Lotte ARNDT, Kemi BASSÈNE, Seloua LUSTE BOULBINA, Mélanie BOUTELOUP, Odile BURLURAUX, Jephthé CARMIL, Marc CHEB SUN, Emmanuelle CHÉREL, Catherine COQUERY-VIDROVITCH, Christine EYENE, Sara GUINDANI, Antoine IDIER, Sylvain LIZON, Miguel MAGALHAES, Olivier MARBOEUF, Carpanin MARIMOUTOU, Vinh-Kim NGUYEN, Pascale OBOLO, Laurella RINCON, Angeline SCHERF, Jocelyn VALTON, Alain VANIER.

Auditeurs :

Olivia ANANI

Jephthé CARMIL

Leïla CUKIERMAN,

Pierre Désiré CRAS

Laura JENSEN

Daphne PAPPERS

Myriam PARIS

Stéphanie PONSAVADY

Sonia RECASENS

Mariana RIOS

Usha RUNGOO

Nathalie SCHNUR

Vinay SWAMY

Marie Ann TRA

Détails

Lieu : Le France
Localisation : Salle 638

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