14 janvier 2014

Du néo-libéralisme au néo-cannibalisme

Séminaire de recherche post-doctoral du Collège d'études mondiales avec Jean-Daniel Rainhorn.

On assiste depuis une vingtaine d'années dans le domaine de la santé à une marchandisation progressive du corps humain  et de ses produits. La libéralisation du commerce international, le développement de nouvelles technologies et les contraintes économiques qui pèsent sur les systèmes de santé des pays riches, qui doivent faire face à une demande croissante de soins en particulier à cause de l'augmentation de la longévité, conduisent les patients à rechercher dans d'autres pays des soins de qualité à un prix inférieur à celui qu'ils payeraient dans leur propre pays. Ce tourisme médical est une industrie globalisée en pleine croissance - il est aujourd'hui évalué à plusieurs milliards de US$. Dans certains domaines de la médecine comme la procréation médicalement assistée ou la transplantation d'organes ou de tissus, il est nécessaire d'utiliser du matériel humain. Ce matériel est disponible de façon illimitée dans les populations pauvres des pays émergents dans lesquels on vend et on achète des produits ou des parties du corps à des prix très bas. L'amélioration de la santé des uns – les privilégiés – va donc dépendre du corps des autres – les plus démunis qui sont prêts à louer ou à vendre une partie de leur corps pour sortir de la pauvreté. Les besoins sont au Nord et les ressources sont au Sud. Ce pillage des ressources du corps des populations défavorisées s'apparente donc à un commerce de type néocolonial et se rapproche métaphoriquement d'un cannibalisme médical. A partir de quelques études de cas, le séminaire explorera les différentes dimensions de cette nouvelle industrie de santé qui préfigure d'importants changements dans les systèmes de santé.

Détails

Lieu : Le France
Localisation : Salle 2

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Séminaire