Organisation

Collège d'études mondiales

Après une période de déclin entamée au début des années 80, les sciences humaines et sociales françaises, les SHS, sont entrées dans une phase de reconstruction.

Trop souvent, les enjeux institutionnels et les dimensions scientifiques de cette reconstruction sont dissociés : aux uns, responsables administratifs ou dirigeants d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche, le soin de repenser l’organisation des SHS, leur financement, leur localisation, les regroupements institutionnels et territoriaux nécessaires ; aux autres, chercheurs, universitaires, la responsabilité d’inventer de nouveaux paradigmes, de s’intéresser à des objets jusqu’ici insuffisamment étudiés, de mettre en œuvre des méthodes renouvelées, de proposer des démarches pluridisciplinaires, de s’ouvrir toujours plus à l’international.

Le Collège d’études mondiales – le Collège – entend conjuguer ces deux registres, en développant un ambitieux projet scientifique dans un cadre institutionnel inédit.

Penser global

Il s’agit d’analyser les grandes transformations du monde contemporain, mais aussi du passé, à la lumière d’outils intellectuels rénovés, de sortir du « nationalisme méthodologique » pour « penser global », de tenir compte de la subjectivité des acteurs et de leurs orientations culturelles. Il s’agit aussi de reformuler les enjeux des principaux chantiers que doivent aborder les SHS en s’intéressant au changement culturel et à ses dynamiques d’une part, à la justice sociale d’autre part, et à la façon dont s’articulent, s’opposent ou se lient ces deux types de questions. Il s’agit, autrement dit, d’établir et de mettre en place de nouveaux modes de pensée et de travail, adaptés aux changements du monde actuel.

Trois axes structurants

Le Collège se structure autour de trois axes principaux : celui du « vivre ensemble » et de la démocratie ; celui des droits de l’homme, du gouvernement de la vie et des risques « globaux » ; celui, enfin, de la production de normes et de frontières dans un monde qui se réorganise. Résolument international, soutenu par quatre prix Nobel (Herta Müller, Yuan-tseh Lee, Joseph Eugene Stiglitz et Wole Soyinka), le Collège  entend créer à Paris un milieu scientifique, dense et vivant, et enraciner en France des paradigmes, des modes d’approche, des méthodes de travail et des lignes de recherche portant sur des enjeux insuffisamment explorés dans ce pays.

  • Une vingtaine de chaires

    Le Collège comportera à terme une vingtaine de chaires, confiées chacune à un(e) titulaire français(e) ou étranger(ère) pour une durée de trois à cinq ans, avec pour charge de développer autour de lui (ou elle) une série d’activités de recherche, de formation et de diffusion du savoir (recherche proprement dite, invitations de postdocs et de chercheurs, organisation de séminaires internationaux, groupes de travail, colloques, ateliers, etc.).

    Les quinze premiers titulaires de chaires sont des personnalités scientifiques de notoriété internationale : Ulrich Beck, Craig Calhoun, Manuel Castells, Marc Fleurbaey, Michel Foucher, Nancy Fraser, René Frydman, François Jullien, Hervé Le Bras, Dominique Méda, Vin-Kim Nguyen, Ernesto Ottone, Jean-Daniel Rainhorn, Ibrahima Thioub, Imma Tubella et Christian Walter.

    Accès aux chaires, initiatives et séminaires du Collège d'études mondiales.

    Transdisciplinarité et ouverture

    Le Collège étend sa conception de l’inter- et de la pluridisciplinarité aux sciences de la nature, en particulier s’il s’agit des questions de santé globale et de risques, et fait travailler ensemble chercheurs et praticiens. C’est une communauté intellectuelle réelle, dont les membres se connaissent, se lisent et échangent, avec des moments forts de rencontre (colloque annuel, séminaire général mensuel), et dans un esprit de grande ouverture, tant vers l’international qu’en direction des chercheurs et des étudiants français.

  • Fonctionnement

    Le Collège fonctionne en partenariat avec les institutions qui relèvent de trois cercles : le premier composé de l’EHESS, l’EPHE,  de l’ESCPE-Europe, l’Université Paris I-Panthéon Sorbonne, le deuxième d’une dizaine d’autres partenaires français d’enseignement supérieur et de la recherche, le troisième d’institutions étrangères.

    Les séminaires proposés par le Collège, dont certains en partenariat avec une Grande École ou une Université, accueilleront dès la rentrée 2012-2013 des étudiants inscrits en doctorat et en master 2 dans les établissements associés, qui pourront valider les enseignements suivis. Les titulaires et membres des chaires participeront par ailleurs à la vie scientifique et aux activités de formation des établissements associés. De façon plus générale, les activités du Collège seront ouvertes aux étudiants, de façon à les socialiser à la recherche de niveau international, et à contribuer à leur formation par la recherche.

  • Gouvernance

    La gouvernance du Collège est assurée principalement par trois instances. Un Haut Conseil, présidé par Alain Touraine et composé de personnalités prestigieuses (Fernando Henrique Cardoso, ancien président du Brésil, ancien président de l’International Sociological Association, Amy Colin, présidente de la Fondation pour les cultures de la paix, Maryse Condé, écrivain, ancien professeur à Columbia University, Leonel Fernandez, président en exercice de la République Dominicaine, Yuan Tseh Lee, prix Nobel de chimie, président de l’International Council of Science, ancien président de l’Academia Sinica de Taïwan, Wolf Lepenies, historien, ancien recteur du Wissenschaft-kolleg zu Berlin, Javier Solana, plusieurs fois ministre en Espagne, ancien Secrétaire Général de l’OTAN, et du Conseil de l’Union Européenne), donne son avis sur sa politique générale, et lors de la nomination du directeur.

    Un Conseil scientifique veille à la définition du contenu des chaires et des principaux axes de travail, ainsi qu’au recrutement des titulaires de chaires.

    Enfin, un Conseil de direction comportant des représentants des différents associés du Collège s’assure du respect de ses principes directeurs et réfléchit à sa stratégie institutionnelle et financière.

    La direction est assurée par Michel Wieviorka, actuel administrateur de la FMSH, et Olivier Bouin.