10 décembre 2015

Les boursiers de l'Union des Populations du Cameroun (UPC) formés à l'Est

Séminaire dans le cadre du programme ELITAF « élites africaines formées en URSS et dans les pays de l'ancien bloc soviétique. Histoires, biographies, expériences »

Intervenant : Luc NGWE, RIAM/FMSH

Discutant : Patrice YENGO, IMAF/EHESS, RIAM/FMSH

Au sortir de la 2è guerre mondiale, les luttes politiques s’organisent au Cameroun entre différents acteurs sur la question de l’indépendance. Ces luttes qui sont quelque peu parasitées par l’affrontement des « blocs » alors en construction tournent rapidement en une confrontation armée qui jalonne la vie politique du pays jusqu’aux années 1971  En effet, l’interdiction de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) en 1955 ouvre une longue période de confrontation armée d’abord entre l’administration coloniale et ce parti condamné à la clandestinité (1955-1960), ensuite entre le nouvel Etat camerounais et les dirigeants de ce parti au maquis et en exil (1960-1971). Les leaders de l’UPC qui trouvent refuge dans différents pays poursuivent leurs activités politiques et offrent par l’intermédiaire des pays d’accueil et de soutien, des bourses de formation dans les pays du bloc de l’Est. Sommée au niveau international de prouver sa capacité à gérer l’indépendance revendiquée et/ou l’Etat ainsi constitué, l’UPC envoie, entre 1958 et 1962, plusieurs personnes se former dans divers domaines et dans différents pays, principalement en URSS, en RDA, et en Chine. Ces bourses sont alors attribuées aussi bien aux militants qu’aux non militants. Quelles conditions président à ces attributions ? Quels types de bourses sont attribuées et pour quels cursus ? Quels sont les pays qui attribuent ces bourses ?
Par ailleurs, cette politique de bourses se fait sans aucune assise territoriale ou étatique du Parti permettant le retour ainsi que l’insertion de ceux qui ont été ainsi formés. Prise d’une part dans les luttes internes et d’autre part par la lutte armée en vue de la conquête du pouvoir, l’UPC n’offre en effet pas de perspective professionnelle à plusieurs de ses boursiers. C’est ainsi qu’à l’issue de leur formation, les boursiers de l’UPC se retrouvent tantôt en France, ancien pays colonisateur pourtant contesté, tantôt au sein de l’appareil d’Etat au Cameroun, tantôt encore dans différents pays africains et mouvements de libération nationale où ils exercent différentes activités.
A partir de diverses sources de documentation dont les archives et les entretiens auprès de boursiers aux profils différents, la présentation entend restituer la variété des trajectoires des personnes ainsi formées et s’appesantir sur les ruptures qui jalonnent parfois ces parcours.


Détails

Lieu : Le France
Localisation : Salle du Conseil B
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